« Beaucoup plus de travail pour le même résultat ! »

Distribution

Agences en ligne et agences physiques résistent tant bien que mal à la commission zéro imposée par la commission nationale. Les premières ont bénéficié d’un effet de volume, les autres font de meilleures marges. Mais voilà, si elles profitent toutes de pouvoir offrir aux clients une offre exhaustive, elles ont aussi toutes perdu des ventes.
Carlos Da Silva, président de Go Voyages
« Si nous étions encore un an auparavant et si j’avais le choix, je prendrais le système de la commission. Pour arriver au même résultat, nous devons vendre au moins 30 % de plus. En somme, la commission zéro, c’est beaucoup plus de travail pour le même résultat. »
Frédéric Van Houtte, président de Level.com
« La commission zéro a affecté les marges des agences de voyages en ligne. Elles ont dû plus ou moins s’aligner sur la grille d’Air France. Néanmoins, nous avons pu nous rattraper avec le volume. Nous sommes en effet moins chers que les agences physiques. Les investissements technologiques ont été faits, ils sont presque amortis. Nous nous en sortons plutôt bien. A nous aussi d’utiliser la vente de vols secs pour développer des revenus indirects et le package dynamique. Enfin, qui aurait l’idée de voler avec Air India pour aller à New York s’il ne bénéficiait pas du choix que proposent les agences de voyages en ligne ? »
Richard Vainopoulos, président de Tourcom
« Nous faisons peut-être moins de dossiers, mais nos marges sont meilleures. Avec la commission zéro, les agents de voyages sont devenus des commerçants. Et les agences physiques, même pour de la billetterie loisirs, peuvent avoir une valeur ajoutée. Ainsi, si le client a des difficultés avec un e-ticket au moment de l’embarquement, il peut donner un coup de fil à son agent de voyages. Ainsi, l’un de nos adhérents qui s’était aligné sur la grille d’Air France a aujourd’hui doublé ses frais pour atteindre 10 % de commission. Enfin, les vendeurs savent de mieux en mieux utiliser les tarifs négociés et n’hésitent plus à vendre du low cost. »
Pierre Santos, patron de Saint-Emilion Voyages à Libourne et Sainte-Foy-la-Grande
« Chez nous, le nouveau modèle économique a induit une chute de 30 % des réservations sur la billetterie loisirs. Par exemple, les parents vont chez leurs enfants qui disposent d’Internet et achètent via ce canal. Ce qui a été fait est très grave. Et risque de s’étendre à de nombreuses activités commerciales. Les agents de comptoirs ne doivent pas se contenter d’être de simples preneurs d’ordres, ils doivent être forces de propositions. En suggérant des produits cadeaux, par exemple, ce qui crée de la convivialité, ou en proposant des devises… »
Jean-Pierre Luce, patron de Luce Voyages
« Je n’ai pas eu de problème majeur. Ma moyenne de commission a même augmenté d’environ deux points. C’est sans doute lié au fait que nous sommes situés dans de petites villes de province avec une clientèle relativement fidèle. Le fait d’appartenir à un réseau (Tourcom) qui a bien balisé le terrain depuis un an nous a aussi beaucoup aidés à franchir le cap.”

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