Faillites des compagnies : les adhérents de l’APST vont pouvoir protéger leurs clients, Air France reste sceptique

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Lors du congrès du Snav, Emmanuel Toromanof, secrétaire général de l'APST, a fait le point sur la caisse de garantie que l'association est en train de mettre en place pour que ses adhérents puissent rembourser leurs clients en cas de faillite des compagnies aériennes."Un véritable avantage concurrentiel", assure Emmanuel Toromanof, "sur lequel nous allons pouvoir communiquer". Le principe : la caisse sera abondée par les clients des agences de l'APST. Si on ne connaît pas encore le montant de cette nouvelle cotisation, elle ne devrait pas excéder 1 euro. Présent lors de la table ronde, Pierre Descazeaux, directeur général marché France d'Air France, a affiché son scepticisme. Il estime que cela va renchérir le prix du billet au détriment de sa compagnie : "Nos clients vont financer une caisse qui servira à d'autres compagnies, car, je l'espère bien, nous sommes à l'abri d'une faillite". L'argument d'Air France rejoint celui de Iata qui a toujours été hostile à une caisse de garantie, dans la mesure où les bons élèves paieraient pour les mauvais et cela même si, selon Jean-Pierre Mas, président de la commission Air du Snav, qui trouve l'idée excellente, "175 compagnies aériennes ont déposé le bilan depuis l'an 2000". Par ailleurs, Pierre Descazeaux a balayé d'un revers de la main l'idée d'un retour au commissionnement malgré les appels du pied de Jean-Pierre Mas et de Jean-Louis Barroux (APG), qui estiment qu'au moins sur certains axes, cela obligerait "les agences à vendre le plus cher possible" et donc à faire "remonter le prix du billet". Pour Pierre Descazeaux, la suppression de la commission a permis de "clarifier les relations entre fournisseurs, agences et clients". Il estime que le client "doit rémunérer un service" et rappelle que malgré la montée en puissance d'Internet, les agences de voyages représentent 70% de leurs ventes contre 75% il y a dix ans.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions

  1. Je suis d’accord avec Pierre Descazeaux pour ne pas revenir à la commission. Il ne faut pas oublier que les agences intégrées grands comptes pratiquaient des ristournes sur…ces commissions et cassaient le marché. D’autre part, on l’a vu, les crises de ces dernières années ont démontré que, si nous étions restées à la commission, nos marges auraient chuté au même niveau que le volume d’affaire BSP, soit 50% en 2009, ce qui n’a pas été le cas grâce à la politique de la marge! Grâce à la commission zéro, les agences sont redevenues des commerçants. En ce qui concerne la cotisation supplémentaire pour couvrir les agences d’une faillite de compagnie et des cautions bancaires unilatérales, c’est une excellente initiative de l’APST pour protéger la profession. Et les clients, quasiment tous, ne diront rien: 1€ de plus noyé dans la masse de surcharges aériennes, même si la France est prix Nobel de mathématiques, il faut être sacrément bon pour le retrouver!

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