Frais GDS Air France : Un dialogue de sourds

Georges Rudas (Amadeus) Valerie Sasset (BCD, EDV), Aurelien Rath (Cap 5), Michel de Blust (Ectaa) et Zoran Jelkic (Air France KLM).

« Il n’y a pas mieux que la recette des œufs brouillés pour comprendre la différence entre quelqu’un d’impliqué et quelqu’un de concerné ». C’est par une recette de cuisine que Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, a clôturé son congrès, vendredi 24 novembre à Lille.

Les agences prises en otages

Il s’agit d’une recette qui permet de comprendre le rôle que chacun tient aujourd’hui dans la chaîne qui relie Air France, les GDS et les agences. « Pour faire des œufs brouillés au bacon, il vous faut des œufs, de la crème et du bacon. Si la vache et la poule qui produisent les deux premiers sont concernées, le cochon qui produit le bacon est lui, impliqué. Dans cette histoire de frais GDS, le cochon, c’est nous ».

 

Et d’ajouter, « il nous faut sortir par le haut d’une situation dans laquelle nous sommes pris en otages, nous assoir tous ensemble autour d’une table afin d’arriver à une solution qui verra Air France ne pas payer plus cher son accès au GDS à compter du 1er avril ».

 

Et ça, vu le dialogue de sourds qui a eu lieu vendredi, en début de matinée lors de la table ronde consacrée au sujet, ce n’est pas gagné.

 

Sur la scène, les distributeurs – Valerie Sasset (BCD Travel et commission Transport des EDV), Aurelien Rath (Cap 5) et Michel de Blust (Ectaa) – semblaient bien coincés entre une enclume, Amadeus, et un marteau, Air France, plutôt occupés à se renvoyer la balle et la responsabilité. L’un accusant l’autre de lier « NDC » et « surcharges » et d’imposer un calendrier irréaliste. L’autre accusant l’un d’entretenir une situation de blocage pour perdurer en haut de la chaîne de valeur.

 

Reste que les représentants de la distribution ont pu exprimer un point de vue plutôt concret, loin des considérations de stratégie commerciale qui anime les deux grandes entreprises.

 

Pour Aurelien Rath, dont l’entreprise a généré 32 millions d’euros de volume d’affaires à fin octobre avec Air France, soit 61 000 billets, le passage aux 11 euros par segment se chiffre à 1,3 millions d’euros. Simple et basique.

 

Pour Valerie Sasset, dont l’entreprise a pourtant signé un accord de gré à gré avec le groupe IAG pour échapper à la surcharge, était là en tant que porte-voix des EdV. « Visiblement, nous nous orientons vers des accords bilatéraux, et ça les EdV ne le veulent pas. Nous ne voulons pas que certains restent sur le bord de la route ».

 

Enfin, Michel de Blust a donné un éclairage européen peu réjouissant : « En Allemagne, Lufthansa a mis à la disposition de la distribution une plate-forme qui ne marche pas, et 70% des clients qui ont des contrats avec Lufthansa ne paient pas la surcharge. Tous les grands réseaux allemands ont trouvé des accords ».

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste – Rubrique Transport – Le Quotidien du Tourisme

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