Go Voyages : le plan social se termine dans la douleur

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Des postes ont été externalisés et des départs ne sont pas remplacés dans plusieurs services. Des salariés de Go voyages se plaignent de « ne pas avoir de travail ». Inspection du Travail, Prudhommes… le PSE lancé fin 2014 dans la filiale française d’Edreams-Odigeo n’est toujours pas achevé.

Les salariés de Go Voyages sont de moins en moins nombreux et de plus en plus inquiets.  Les salariés de Go Voyages -eDreams-Odigeo en France ont vu leurs effectifs fondre depuis le PSE lancé fin 2014 dans l’agence de voyages en ligne.

 

Sur 290 salariés de l’époque (contre déjà 480 trois ans plus tôt lors de la fusion Go + Opodo),  ils sont aujourd’hui une petite centaine (97 CDI à fin février). Soit moitié moins ou presque par rapport aux 175 postes conservés après le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

 

Des salariés qui se demandent si un nouveau PSE n’est pas en préparation, ce  qui serait un drôle d’anniversaire pour les 20ans de Go Voyages! Evoquée en réunion CE le 6 décembre 2016, la question est régulièrement posée à la direction.

Go Voyages : un plan social qui s’étire

Sur le précédent PSE, 70 personnes sont allées ensemble devant les Prudhommes. Un accord « a été trouvé avant le jugement ». Pour les huit « salariés protégés » par leur statut de représentant du personnel, l’inspection du Travail « a refusé le motif invoqué de licenciement économique »nous explique un élu.   L’argument inclus dans la loi Macron/ El Khomri sur « le maintien de la compétitivité ne s’applique pas ici », a décidé l’Inspection en 2015.

 

Qu’à cela ne tienne, Odigeo a présenté un recours auprès du ministère du Travail en juillet 2016. Lequel confirme la décision de l’Inspection du Travail. Pour autant, la direction –que nous avons contactée mais qui ne nous a pas (encore) répondu–  a déposé un troisième recours. Auprès du tribunal administratif, cette fois, qui n’a pas encore fixé d’audience… Si le sort de tous les 8 représentants du personnel n’est « pas encore réglé », la direction devrait finir par négocier avec chacun leur départ.

Des conditions de travail dégradées chez Go Voyages

Outre les nombreux départs individuels négociés depuis le PSE, l’inquiétude des salariés est alimentée par la baisse depuis plusieurs mois de leur quantité de travail. « Des salariés nous ont remonté, ainsi qu’à l’Inspection du Tourisme, n’avoir que 1h30 à 2h de travail dans leur poste, qui ne sont pas toujours complétées par d’autres tâches » précise une élue CE. « L’ambiance de travail est très dégradée, avec des milliers de remboursements clients à traiter en provenance du call-center du Maroc », ajoute-t-elle.

 

Entre les tâches pour lesquelles ils n’ont pas de compétences ni de formation –« hormis le dépannage d’un voisin de bureau »– et l’inactivité contrainte, les risques psycho-sociaux  sont « plus grands » chez Go Voyages. C’est pourquoi le CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail) a commandé un audit à un cabinet d’experts. Les conclusions seront présentées lors de la prochaine réunion entre direction et élus du CHSCT.

Go Voyages service client

Go Voyages : Des services qui se vident

L’instauration d’une « mutualisation des services » après la fusion, s’est accompagnée d’une externalisation du call-center à Barcelone, siège de la maison mère.  « Le call-center aurait depuis été transféré pour partie au Maroc, et d’autres postes sont même en Inde » raconte un élu du CE. Mais « la qualité du service client a baissé et c’est nous qui devons gérer le SAV pour les résas de billets d’avion mal orthographiés par exemple », complète cette autre représentante.

 

« Dans d’autres services comme la comptabilité et l’informatique, les personnels partis ne sont pas remplacés, c’est une quasi fermeture » signale une élue. Le service B2B serait ainsi vidé de sa substance depuis le départ de Charlotte Roussel, récemment partie chez Tourcom/ Aerticket, et de deux commerciaux. La vente du pôle séjours à Karavel/ Promovacances n’a pas non plus été vécue comme un signe de déploiement économique. Alors quel avenir pour Go Voyages?

Le groupe eDreams-Odigeo a enregistré sur son exercice 2015-16 un CA de 463,3 M€ et un Ebitda à 95,8 M€ (en hausse de 6%). Le bénéfice net a augmenté de 50% à 20,1 M€.

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste – Le Quotidien du Tourisme

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