Go Voyages piégé par une embrouille au Mali

Distribution

152 passagers ont attendu 3 jours à Mopti avant d’être rapatriés par Corsair.
Point Afrique vole au secours de Go Voyages et aide ainsi ses TO clients.
Un coût important pour le broker qui n’avait jamais connu telle mésaventure.
On ne saura sans doute jamais clairement pourquoi l’avion aux couleurs de Go Voyage n’a pu décoller de Mopti au Mali le lundi 16 février avec, à son bord, 156 passagers. Passif d’Euralair, méconnaissance des coutumes du pays, différend entre les ministères… Peu importe, finalement. Les conséquences sont là. Le broker qui travaille sur la destination avec différents voyagistes tels Terres d’Aventure, Allibert, Nomade ou encore ZigZag (lire ci-dessous) n’a pu obtenir les droits pour décoller de Mopti alors qu’il assurait pour la saison une chaîne Paris-Mopti-Atar-Paris jusqu’au 27 mars. Trois vols, « qui se sont normalement déroulés » selon une lettre du TO aux clients lésés, ont déjà été réalisés en décembre et janvier. Pour rapatrier les 156 clients, Go Voyages a dû affréter un vol Corsair – parti à l’aller à vide – et payer les chambres d’hôtels à des passagers. Si le coût n’est bien sûr pas neutre, l’essentiel a été sauvé. Le broker a pu récupérer à temps son avion pour assurer les vols d’un week-end de vacances. Nicolas Brumelot, directeur général de Go Voyages, a visiblement du mal à comprendre la politique de ce pays qui se passe aussi facilement de touristes. Ce qui a poussé Maurice Freund, patron de Point Afrique et grand spécialiste du Mali, à trouver des solutions pour aider son confrère. « Go Voyages n’y est pour rien », martèle-t-il, rappelant qu’il a connu les mêmes difficultés à Agadès au Niger en 2000. Pour les autres clients de Go Voyages qui doivent partir au Mali, Point Afrique les acheminera vers Bamako ou Ouagadougou depuis Paris, son vol vers Mopti étant complet. De plus, le TO a renoncé à ses vols directs Marseille-Atar (Mauritanie) pour compléter les rotations de Go Voyages qui au départ de Paris feront escale à Marseille pour atterrir à… Atar. Maurice Freund espère « un peu de compréhension »de la part de ses clients et de ceux de Go. Quant au broker, à qui une telle mésaventure n’était jamais arrivée, il risque toutefois de retenir la leçon. Et de renoncer au Mali.
« Le Mali tient-il vraiment à recevoir des touristes ? »
Michel Vibert, directeur de la production chez Allibert
« Nous soumettons à nos clients deux solutions négociées entre Go et le Point Afrique. La première consiste à atterrir à Ouagadougou au Burkina Faso et rejoindre le pays Dogon par la route (6 h de trajet plus un visa de 16 E à régler à la frontière), mais c’est toujours mieux que de voler jusqu’à Bamako et perdre 1 journée. Toutefois, nous retenons cette option pour les circuits de 15 jours. »
Gilles Guéraud, directeur adjoint chez Zig Zag
« Comme nos confrères, nous n’avons d’autre choix que de voler vers Bamako avec les inconvénients que cela implique. Si cette option ne convient pas aux clients, ils peuvent tout à fait annuler ou choisir une autre destination ! »
Jack Bollet, patron de Nomades
« Nous avons des engagements sur 2 vols encore puis la saison est terminée pour nous. Aussi allons-nous suivre les solutions proposées par Go avec qui nous avons un contrat. Mais je m’interroge sur les causes réelles de cette annulation soudaine des droits de trafic accordés à Go et me pose une question : le Mali tient-il vraiment à recevoir des touristes européens ? Si oui, il s’y prend mal. »
Jean François Rial, PDG du groupe Voyageurs
« Comment voulez-vous travailler avec un pays dont les autorités n’hésitent pas à prendre en otages des touristes, pour des raisons qui nous échappent totalement en plus ? Cela nous incite malheureusement à orienter nos clients vers d’autres pays d’Afrique. Dommage pour le Mali qui pourtant est un territoire sublime ayant grand besoin du tourisme. »

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