Jean-Pierre Mas : Entre les TO et les agences, « le rapport de force est en notre faveur ! »

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Entre les TO et les agents de voyages, la relation est ambivalente. Et derrière les franches et sympathiques accolades des grandes conventions, sommeillent des désaccords profonds qui ressurgissent la plupart du temps en période de vaches maigres. Comme, par exemple, sur les prix, la rémunération variable, ou la suppression des commissions TO.Durant la convention d’Afat à Lisbonne le week-end dernier, ces questions ont été souvent abordées à la tribune, histoire de sonder l’auditoire. À propos des commissions, Jean-Pierre Mas, président d’Afat Voyages, s’est voulu ferme : "avec l’aérien, c’est terminé, mais avec les TO, le rapport de force est en notre faveur, c’est comme au rugby, quand la mêlée recule, c’est fini !" Cependant, il n’est pas opposé à une "commission modulée" et admet qu’il n’est pas "normal de rémunérer de la même façon une agence qui vend bien et une agence qui vend de façon opportune". "Nous appliquons actuellement un taux de commission de 13% aux TO, a-t-il précisé. On pourrait baisser un peu ce taux et mettre en place un système variable". Chaque agence choisirait en fonction de sa zone de chalandise de favoriser tel ou tel fournisseur. "C’est le marché qui tranchera" a t-il précisé.

Pas de prix nets pour les TO. Des prix TTC pour l’aérien.

Évoquant "l’affaire" Marmara, il a déploré : "nous nous sommes mal compris. C’est notre troisième fournisseur TO, et un déréférencement n’est pas à l’ordre du jour. Mais nous ne transigerons pas sur les prix nets". Il prévient aussi que si l’on met des frais trop importants sur le produit d’un TO "on prend le risque de le sortir du marché". Par ailleurs, en matière d’aérien, Jean-Pierre Mas a rappelé qu’il est tout à fait "inadmissible" d’isoler le prix du carburant du prix du billet. "C’est le seul métier en France où l’on n’affiche pas les prix TTC ! Si une station-service faisait pareil, le prix affiché à la pompe serait de 15 centimes… mais il faudrait rajouter 1 euro de taxes".
Afat a également annoncé remettre actuellement à plat tous ses contrats TO. Notamment les Premium : "ils trouvent qu’ils en font trop et nous trouvons qu’ils n’en font pas assez !" Une nouvelle sélection est prévue pour le 1er décembre, "à partir de là on fera le bilan qui ne sera sûrement pas positif ! Mais tous les sortants sont renouvelables" a ajouté Jean-Pierre Mas.

Jet tours reverse 38 millions d’euros de commissions aux agences

Du côté des TO, c’est Laurence Berman-Clément, DG de Jet tours, qui a tenu à calmer le jeu et dire qu’il ne fallait pas se tromper de combat. "La vraie menace, c’est la production et la vente directe qui échappent aux acteurs du tourisme". À titre d’exemple, elle a raconté qu’aux Etats-Unis, "le site E-bay est le premier revendeur de Mercedes !" Enfin, à ceux qui reprochent aux TO de faire trop peu d’investissements publicitaires, elle a indiqué que Jet tours consacre chaque année entre 2 et 3 millions d’euros par an en publicité et verse 38 millions d’euros de commissions aux agences. Contrairement à Switch qui consacre 13 millions d’euros à la pub et presque rien en commissions. "Mon propos n’est pas de remettre en cause le principe des commissions, a-t-elle poursuivi, mais simplement de dire que l’on ne peut pas faire les deux". CQFD.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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