Ma vie d’affréteur pendant la crise : « La reprise se fera probablement en janvier 2021 »

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Gilles Meynard, directeur général de Pro Sky France. ©TilmanSchenk

Parmi les entreprises du tourisme mobilisées pour rapatrier les derniers ressortissants, il y a aussi les affréteurs. C’est le cas notamment de l’agence Pro Sky qui, malgré des prochains mois incertains, est encore sur le front pour mobiliser des avions et transporter des sociétés et leurs salariés. Gilles Meynard, directeur général de la filiale française, témoigne du quotidien de l’entreprise en pleine crise du Covid-19.

 

« Quand vous faites des rapatriements, ce sont des choses lourdes, avec des passagers parfois coincés à l’autre bout du monde. » En pleine crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, Pro Sky France, agence de voyages spécialisée dans l’affrètement et filiale de l’entreprise allemande du même nom, a dû gérer depuis plusieurs semaines le retour des voyageurs pour le compte de TO, croisiéristes ou agences événementielles.

 

« Il y a plusieurs types de rapatriements. Ceux pour le compte du ministère des Affaires étrangères, organisés par exemple avec Air France, et ceux qui nous concernent plus particulièrement : les demandes de sociétés françaises ou européennes coincées avec leurs salariés et qui doivent rentrer. Nous avons par exemple travaillé avec Air Belgium pour raccompagner des passagers provenant d’Afrique du Sud et devant rentrer en Allemagne », explique Gilles Meynard, directeur général de Pro Sky France.

 

En parallèle de cette activité, des demandes plus occasionnelles ont pu être faites par des personnes qui souhaitaient rentrer en avion privé. « Mais cela se calme aujourd’hui car c’est beaucoup plus compliqué maintenant, avec le refus par certains pays de voir un avion se poser sur leur sol ». Si l’urgence pour l’entreprise a concerné les rapatriements, son activité d’affrètement pour l’événementiel est quant à elle au point mort. « Depuis quatre semaines, pas un seul avion n’a été vendu pour l’événementiel. Nous avons dû au contraire gérer toutes les annulations de vols ».

Des vols pour… travailleurs agricoles

Mais derrière la situation compliquée, quelques initiatives plus singulières permettent encore à l’entreprise de travailler. C’est le cas de l’envoi de main-d’œuvre aux agriculteurs allemands, attendant notamment de l’aide pour ramasser… les asperges. Après l’annonce par le gouvernement allemand de l’autorisation d’entrée sur le territoire de 40 000 aides-récoltants, l’entreprise a en effet annoncé début avril sur son site organiser des vols dans les semaines à venir.

 

« En Allemagne, beaucoup de ramasseurs saisonniers viennent des pays de l’Est. S’ils arrivent en temps normal en bus, le seul moyen actuel de les faire venir est l’avion. La France et l’Allemagne ont donc travaillé de concert pour organiser des vols. Cela aidera les travailleurs de l’Est, les fermiers et le marché allemand », se félicite le patron de la filiale française.

 

Reste que l’activité pour les mois à venir est encore incertaine. Actuellement en télétravail, les salariés français devaient être placés en chômage partiel à partir du mois d’avril. Une fois le confinement terminé, l’activité mettra quelque temps à redémarrer. « À moyen terme, nous sommes comme toutes les agences événementielles, nous n’allons pas travailler. Il y aura peut-être une reprise avec des vols privés mais cela restera marginal. La reprise se fera plus probablement en janvier 2021, car les entreprises auront besoin de reconquérir leurs marchés et de remotiver leurs salariés », estime le directeur général. Avant de terminer sur une note plus positive : « Si on y arrive, ce sera à un fort taux d’affrètements par rapport à janvier 2020 ».

Publié par Brice Lahaye
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