NDC et frais GDS : la mise au point de Iata

Distribution

C’est peut-être parce qu’il en a assez d’entendre des phrases du genre « vous avez mis 5 ans à développer une norme et vous voudriez que nous soyons prêts à l’utiliser en 4 mois » que Yanik Hoyles, le directeur du programme NDC chez Iata, qui intervenait mercredi 22 novembre à Lille, lors des journées des Entreprises du voyage (EdV), s’est montré pédagogue.

NDC et stratégie commerciale sont 2 choses différentes

Il a bien pris le temps d’expliquer que la norme NDC et les stratégies commerciales de certaines compagnies aériennes étaient deux choses bien différentes. Il est vrai que dès qu’on parle de NDC (new distribution capability), on aborde des problématiques technologiques assez ardues. Ce qui fait dire à Yanik Hoyles, que même après plusieurs années passées à présenter la norme, « il y a ceux qui comprennent, il y a ceux qui ne comprennent toujours pas et il y a ceux, les plus dangereux, qui croient avoir compris ».

L’origine du développement des NDC, c’est un constat fait par les compagnies aériennes : Il y a un écart important entre ce qu’elles peuvent réaliser sur leurs propres sites en utilisant des technologies récentes (comme le XML, même si le format ne date pas d’hier) et ce qu’elles peuvent réaliser avec les GDS qui utilisent un standard (Edifact) qui date des années 70. En poussant à l’utilisation de NDC en agences, les compagnies veulent agir sur deux leviers : la réduction des coûts (elles trouvent que les GDS leurs coutent trop cher) et l’augmentation des revenus en élargissant les possibilités de ventes en agences (revenus additionnels…).

Les compagnies veulent récupérer la main

Tout cela entraine une modification profonde de la structure de la distribution de l’offre des compagnies.

Dans l’ancien monde, c’est le GDS qui construit l’offre après avoir reçu la requête de l’agence, en croisant base de données horaires et base de données tarifaires, puis en interrogeant les compagnies pour voir si la disponibilité existe.

Avec le nouveau monde, ce sont les compagnies qui construisent l’offre, plus ou moins ciblée, selon le niveau de données qu’elles disposent sur les voyageurs, en fonction d’une requête qui peut être faite soit directement par l’agence, soit via un agrégateur, qu’il soit GDS ou autre. Le tout en utilisant un mode d’échanges d’information standardisé.

NDC n’est qu’une norme commune

La norme NDC voulue par Iata n’est, ni plus ni moins, un langage technologique commun à tous les acteurs. Et ce langage n’implique pas une stratégie commerciale unique. Si les groupes Lufthansa, IAG et Air France KLM ont fait le choix de pousser la distribution à utiliser des canaux « NDC » en surchargeant les réservations faites en GDS, ce n’est pas le cas de tout le monde. American Airlines a, par exemple, préféré mettre en place un incentive pour encourager les agences à utiliser ses canaux NDC.

Comme le souligne Yanik Hoyles, en matière de stratégie commerciale, « NDC est agnostique ».

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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