Nicolas Sarkozy ovationné au congrès Selectour à Lyon

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Nicolas Sarkozy au congrès de Selectour à Lyon.

Côté « people », Laurent Abitbol, président de Selectour, a fait fort pour son congrès qui s’est tenu du 6 au 8 décembre 2017 à Lyon ! Après avoir accueilli Franck Leboeuf, champion de foot, Enrico Macias, champion de la chanson ensoleillée, et Jean-François Rial, champion du voyage ethno-chic, il a reçu Nicolas Sarkozy, champion de la politique.

Il a répondu aux questions des agents de voyages

L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a répondu aux questions des agents de voyages. Tout y est passé, son divorce suivi de son mariage avec Carla Bruni, la situation politique internationale, les problèmes migratoires, Donald Trump et François Fillon, ou encore les rencontres qui l’ont le plus marqué… A l’issue d’un show de près d’une heure, les adhérents de Selectour, conquis, se sont levés pour l’applaudir.

Extraits de son intervention…

 

Géopolitique. « A l’époque de Louis XVI, la France avait 22 millions d’habitants, la Grande Bretagne, 18 millions, et les Etats-Unis, 2 millions. Aujourd’hui, l’Afrique passera de 1 à 2,5 milliards dans 30 ans et sur les 7 milliards d’habitants, 4 sont en Asie. Ensemble, les Etats-Unis et l’Europe ne dépassent pas 800 millions d’habitants. L’axe du monde est asiatique, il n’est plus occidental ».

 

Rencontres. « Celle qui m’a le plus impressionnée c’est celle avec Mandela. J’ai aussi aimé travailler avec Lula et avec Tony Blair, Anglais et sympathique ! J’ai eu beaucoup de plaisir lors de toutes mes rencontres avec des chefs d’Etat, même avec ceux avec lesquels je n’étais pas d’accord, comme Poutine. A ce niveau-là, c’est tout de même rare de rencontrer des gens qui n’ont pas de colonne vertébrale ».

 

Brexit. « Ca n’a aucun sens. Nous sommes en train de perdre la deuxième économie d’Europe. Sur 7 milliards d’individus dans le monde, il n’y a que 500 millions d’Européens. Est-ce que c’est le moment de se diviser ? C’est aussi une erreur pour eux. Les Etats-Unis adoraient l’Angleterre quand elle était à l’intérieur de l’Europe. Il faut tout faire pour changer l’Europe pour leur permettre de revenir. Le comble de l’incohérence c’est de discuter avec la Turquie pour les faire entrer en Europe et de laisser la Grande Bretagne à l’extérieur ».

 

Divisions. « Vous allez voir, quand les Anglais seront sortis de l’Europe, les Ecossais vont venir nous voir. La Catalogne, on a déjà vu ce que ca a donné… Combien de temps les Flamands vont vouloir rester avec les Wallons ? Et en France, nous allons nous retrouver avec le problème corse. Aujourd’hui nous avons besoin de nous rassembler et pas de nous diviser. Vous le comprenez bien d’ailleurs… Pourquoi vous êtes dans un réseau ? C’est pour être forts… Même si il y a des tas trucs qui vous énervent ».

 

Ministère du Tourisme. « Il y a un décalage entre l’importance économique phénoménale du tourisme et sa perception par les élites françaises. Quand c’est l’aérospatiale c’est fantastique, quand c’est le tourisme ou l’agriculture on traite ça un peu par-dessus de la jambe. C’est une erreur, mais je ne pense pas que la seule présence d’un ministre puisse résoudre le problème. Aujourd’hui il y a un comité interministériel, mais je pense que l’essentiel c’est que les décisions soient prises. 80 millions de touristes qui viennent en France et 9 Français sur 10 qui eux aussi voyagent en France, c’est un atout économique irremplaçable ».

 

Pire souvenir. « Chaque fois que j’ai envoyé des soldats se faire tuer. Et les obsèques d’un gendarme à Saint Malo. Je ne m’y suis jamais fait. Je ne m’y ferai jamais.

Et, a titre personnel, je ne m’attendais pas à mon divorce. Heureusement deux mois et demi après j’ai rencontré Carla et deux mois et demi je me suis marié… Vous voyez, je suis un homme qui aime décider ».

 

Tensions. « Je pense que l’on va vers un monde plus belliqueux. Avant, il y avait deux blocs et leur affrontement aurait eu des conséquences si terrifiantes que personne n’a voulu provoquer le conflit. Aujourd’hui on va vers des guerres et des conflits régionaux.

 

Trump. « Il n’est pas la cause, il est la conséquence. Comment 450 millions d’Américains ont pu choisir Trump ? Je le vois dans une crise sans précédent que traverse l’Occident. Ce sont des gens désespérés qui font le choix du plus caricatural. Pendant 10 siècles, 10 pays dont la France ont dirigé le monde. Maintenant, nous devons tout partager. Trump c’est le symptôme d’un occident qui pense qu’il est en voie de disparition. La montée du populisme, s’explique par une civilisation qui se sent dépassée notamment pour des raisons démographiques et qui ne veut pas mourir. Les gens se disent : je vais choisir celui qui hurle le plus pour qu’on me remarque avant que je me noie ».

 

Israël. « La vraie question c’est de savoir si la décision de Trump de déplacer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem favorise Israël ou le met en danger. Moi je pense que ça met le pays en danger. La seule solution pour résoudre le conflit israélo-palestinien c’est que les Israéliens et les Palestiniens se parlent. Mais le pire, c’est la façon dont il a mis ça en scène : la taille de la signature qu’il a brandi devant les caméras. Je trouve cela effrayant d’immaturité ».

 

Voir grand. « J’ai voulu le Grand Paris, mais les comptables me disaient alors : nous n’avons pas d’argent ! Evidemment qu’il n’y a pas d’argent, et le métro parisien a été remboursé 74 ans après son inauguration. Si on attend d’avoir l’argent pour faire des infrastructures, on n’en fait jamais, car il n’y a jamais d’argent. Président, j’ai décidé trois lignes TGV. Bercy a hurlé. Mais aujourd’hui si vous allez à Bordeaux en deux heures et quart, et si le prix de l’immobilier à Bordeaux a flambé, c’est parce qu’il y a le TGV. Donc il a créé de la richesse. Evidemment, quand Louis XIV a fait Versailles il n’y avait pas d’argent, mais, à mon avis, c’est amorti aujourd’hui !

 

Leader. « Les qualités pour un chef d’entreprise comme pour un chef d’Etat ? Il faut être un leader. C’est-à-dire être capable de prendre sur ses épaules les ennuis pour tout le monde. Le leader, si ça ne va pas, sait que c’est sa tête qui va être coupée. Je vais vous dire une chose : leader, ça ne s’apprend pas. Il y a un monde entre le N°1 et le N°2, mais il y en a peu entre le N°2, le N°3 et le N°10 ! On est comme on est. Et moi, je ne me suis jamais vu, même à l’école, N°2.

 

Migration. « Dans les gènes de l’être humain, il y a la migration. C’est indiscutable, et ça ne changera pas. Donc la question est de trouver le bon équilibre et le niveau.  Nous ne pouvons plus accepter tous les flux qui arrivent. On ne peut pas les accueillir. C’est un problème de bon sens ».

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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