Reprise de Boiloris : Thalasso n°1 a-t-il une chance ?

Les offres de reprise pour le mini-réseau Boiloris sont sur le bureau de Maître Martinez, l’administrateur judiciaire désigné par le tribunal de commerce de Paris. Qui sont les candidats ? Salaün Holidays et Thalasso n°1 nous ont confirmé avoir déposé leurs offres le 30 janvier.

 

Pour quel périmètre?

Aucun des deux n’a voulu le dire. On aura donc plus de précisions lorsque le cabinet d’administrateurs judiciaires aura transmis au tribunal les dossiers avec ses recommandations. Ce qui « peut prendre jusqu’à deux semaines » nous indique-t-on. Sachant que le mandat de gestion a été confié à Salaün jusqu’au 28 février, le juge devrait se prononcera avant cette échéance. Dans une considération à la fois économique et sociale.

 

Toutefois, Raouf Benslimane, président de Thalasso n°1/ Ôvoyages, a parlé de reprise « partielle », les 26 points de vente Boiloris ne l’intéressant pas tous. On le sait, son groupe cherche à se développer par croissance externe. Il veut notamment mettre un pied dans la distribution, ce qu’il avait déjà envisagé lors de la liquidation de Donatello, mais sans offre de reprise à l’époque.

Quant à Michel Salaün, président à la fois d’un TO et d’un réseau de distribution éponymes, il s’était dit, lors de la première audience du 12 janvier, intéressé par l’ensemble, ce qui lui a valu d’ailleurs un accueil positif des salariés. Depuis, il aurait sensiblement modifié le périmètre de son offre.

 

Quels poids respectifs ?

Thalasso n°1 comme Salaün Holidays sont deux entreprises familiales. Alors que le premier n’est « que » tour-opérateur, le second, on l’a dit, est à la fois producteur et distributeur, le groupe Salaün ayant par ailleurs une activité d’autocariste. Le CA 2015 (derniers chiffres disponibles) de Salaün Autocars s’est élevé à 16,2 M€ pour un résultat positif de 305.000€.

En termes de CA sur l’activité voyagiste uniquement, Salaün a enregistré 109,12 M€ en 2015 pour un résultat positif de 1,154 M€. La même année, Thalasso avec 137,17 M€ de CA a eu un résultat de 856.807€.

 

Quels atouts ?

« Nous ne sommes ni pessimiste ni optimiste » a déclaré Michel Salaün dans les colonnes du  Quotidien du Tourisme/ Le Mag jeudi dernier quant à la décision du juge.

 

Sur le principe, même si le mandat de gestion qui a été confié  à Salaün ne signifie pas attribution automatique, le groupe breton a prouvé sa capacité à remettre en route le mini-réseau en à peine 3 jours.

Thalasso n°1 semble donc faire figure d’outsider. A moins que la cohérence de son projet et les (bonnes) conditions qu’il y a mises ne fassent pencher la balance en sa faveur.

 

La question des franchises

Thomas Cook, le franchiseur, a déjà fait savoir sa préférence pour « un partenaire » qu’est le groupe Salaün avec lequel il a des accords de vente croisés –l’implantation des agences étant jusqu’à présent complémentaire notamment en Bretagne. Sans oublier les récents rachats de deux autres mini-réseaux franchisés Thomas Cook, dans le nord, Voyages Evasion, et dans le sud, B Diffusion.

A l’inverse, Thalasso n°1, tour-opérateur concurrent sur l’axe stratégique des Canaries en particulier, ne peut être qualifié de partenaire de TC. Thalasso n°1 voudrait-il garder des enseignes Jet tours ou Thomas Cook? Rien n’est moins sûr. Or Boiloris représente 50% du volume d’affaires de Thomas Cook à Paris.

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste – Le Quotidien du Tourisme

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