Selon Richard Vainopoulos (Tourcom), la communication des EdV est « dangereuse »

Distribution

Alors qu’il venait de manifester son désaccord avec le président des EdV Jean-Pierre Mas sur la responsabilité de plein droit, Richard Vainopoulos, président de Tourcom, en remet une couche. Il estime cette fois que la communication du syndicat sur la récente faillite de la compagnie aérienne Germania « ne rend pas service aux agences de voyages ».

 

 

« Toute faillite est un drame et celle de la compagnie aérienne Germania n’échappe pas à la règle. A la suite de cette cessation de paiement, des salariés vont être licenciés. Quant aux passagers qui n’auront jamais pu effectuer le voyage réservé sur Germania, ils seront plusieurs à découvrir combien il est difficile d’obtenir de se faire rembourser en cas de faillite » commente Richard Vainopoulos dans une diatribe que nous publions dans son intégralité.

 

 

Les agences dans l’obligation de rembourser à la place des compagnies ?

 

Comment le syndicat des Entreprises du Voyage peut-il communiquer au grand public en exploitant cet événement : EDV y voit une formidable opportunité de rappeler que les clients qui ont acheté un transport, dans le cadre d’un forfait, seront remboursés par les agences ? En faisant ce genre de déclaration, le syndicat met toutes les agences de voyages en demeure de rembourser les clients concernés, à charge pour elles d’essayer de se faire rembourser à leur tour, ce qui dans le cas des faillites se révèle encore une fois toujours difficile, sinon impossible ! Ce que le syndicat a confirmé deux jours après en précisant dans une communication que les agences ont peu de chance d’être remboursées par liquidateur de Germania si le solde est négatif (ce qui est plus que probable) …

 

 

Nous n’avons pas à assumer le risque financier des compagnies

 

 

Depuis des années, je ne cesse, avec d’autres professionnels du voyage, de demander que les compagnies s’assurent contre le risque de faillite, ou acceptent d’être co-responsables aux côtés des agences et des TO : ce sont surtout ces derniers qui paient de leurs poches les retards ou les annulations de vols. En cette période économique et politique difficile, plutôt que de faire un coup de communication sans se préoccuper des conséquences financières pour les agences, le syndicat serait mieux inspiré de se battre en ce sens. Les agences ne doivent pas être les dindons de la farce au motif que le syndicat refuse depuis des années de se battre pour que les compagnies présentent les mêmes garanties que les autres acteurs du secteur du voyage.

 

 

Ne pas attendre la prochaine faillite pour agir

 

 

Ces derniers mois ont été marqués par des faillites en cascade : Primera, Small Planet, Azur, Sky Works, VLM, Cobalt, Cello et celle de ce dimanche… Flybmi ! Aujourd’hui, aucune compagnie ne peut s’estimer à l’abri d’une faillite. Cela peut arriver même aux plus grandes. En cas de cessation de paiement, les agences doivent garantir financièrement les compagnies aériennes. Pourquoi les compagnies n’ont pas obligation de garantir le remboursement des billets des voyageurs quand elles déposent le bilan ? Tant que les gouvernements et la Commission européenne n’obligeront pas ces entreprises à protéger financièrement leurs clients, nous courrons le risque de voir se produire un jour une faillite beaucoup plus grave, avec une série de cessations de paiements en cascade et un nombre considérable de passagers abandonnés sur le tarmac. Personne ne pourra dire ce jour-là que nous ne savions pas.

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *