Thomas Cook se met au régime… forcé

Distribution

Pas moins d’une vingtaine d’agences pourraient être touchées par ces mesures.
Une série de propositions visant à préserver la compétitivité de l’entreprise.
Objectif : une place dans le trio de tête des acteurs du tourisme en France.
Ce sont les difficultés rencontrées par Thomas Cook France qui sont à l’origine de cette proposition de restructuration. L’érosion progressive du chiffre d’affaires et de la rentabilité de la société jumelée à une hausse des coûts fixes a entraîné une chute de son résultat. La direction générale reconnaît une perte de 6,2 millions d’euros pour l’année 2003-2004. Conséquence : quelque 200 emplois (10 % des effectifs) devraient être supprimés dans le réseau de distribution, mais également dans les cellules de tour operating et les structures du siège. Une vingtaine d’agences sont sur la sellette. Certaines feront l’objet d’une délocalisation, d’autres d’une fusion ou d’une cession. Les moins performantes risquent malheureusement de disparaître. Du côté des salariés, c’est l’incompréhension. « C’est honteux, s’insurge un membre du personnel. Il n’y a pas de projet d’avenir. Que du court terme et surtout rien qui ne prenne en compte la nouvelle concurrence du Net et les nouveaux canaux de distribution. Tout cela, c’est du management de transition. » Thomas Cook justifie ce plan par la nécessité de revenir dans les meilleurs délais à un résultat financier en équilibre et de repositionner le groupe comme l’un des trois principaux acteurs du tourisme en France. Dans un contexte ô combien troublé, on veut y croire. Pour y parvenir, et dans une optique de clarification, le réseau compte notamment développer la franchise, multiplier les alliances, mais aussi séparer la distribution surIinternet en créant deux sites bien distincts : thomascook.fr et neckermann-voyages.fr. Dans le même temps, certains services du siège pourraient être externalisés, telles les plates-formes de réservations téléphoniques ou des fonctions du service relation clientèle. De même, pour faire face à la forte croissance des ventes en ligne, la direction Internet se verrait affecter des ressources supplémentaires. Plan à court, moyen ou long terme, justifié ou injustifié, cette restructuration n’a sans doute pas fini de faire parler d’elle.
Roland Dumont du Voitel : « le réseau n’est pas à vendre »
« Le projet de réorganisation de la société Thomas Cook en France est parfaitement cohérent. Je comprends aussi la réaction émotionnelle très forte des salariés. Mais je veux croire que nos collaborateurs sont suffisamment adultes pour comprendre l’état du marché. Concernant les rumeurs de mise en vente du réseau d’agences en France, elles sont complètement infondées. J’en veux pour preuve que Thomas Cook est en train de recapitaliser sa filiale française. On n’agit pas ainsi si on veut vendre. Des investissements informatiques sont effectués. De toute façon, sachez qu’on fait tout pour éviter la fermeture d’une agence. Il faut savoir aussi que certaines agences implantées il y a 20 ans ne jouissent plus aujourd’hui d’un emplacement attractif pour les clients. Un repositionnement s’impose. En dépit des soubresauts qui agitent le réseau, Thomas Cook compte aussi doubler puis tripler le nombre des franchisés pour atteindre les 300 points de vente en 2007. Quoi qu’il en soit, j’ai confiance dans l’avenir. Notre nouvelle stratégie est bien fondée. Elle s’inscrit de pair avec l’histoire de cette entreprise. »

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