Tourcom : Richard Vainopoulos commente l’actualité de la profession

Distribution

A la suite de l'assemblée générale de Tourcom, Richard Vainopoulos, président du réseau, nous fait parvenir des extraits de son discours dans lequel il commente point par point l'actualité de la profession. Au passage, il insiste sur "la nécessité pour toutes les organisations de se remettre en cause en permanence".
 APST. L’APST a fait face au départ d'entreprises importantes. Certains de ces départs ont fait parler, d'autres moins. Sur les 15 tour-opérateurs leaders de leur marché, 9 ne sont plus adhérents de l'association. La situation est la même du côté des 15 leaders de la distribution. Dans la mesure où ce qui compte pour l'APST est moins le nombre d'adhérents que le montant de primes versées par les adhérents, la perte de recettes est considérable. Pour ceux qui l'ignorent encore, l'association demande aux gérants d'entreprises de lui communiquer les trois dernières fiches de salaires, les trois dernières déclarations d'impôts, ainsi que la mise en caution de leurs biens personnels. Enfin, des statuts modifiés ne permettent plus de rembourser l'argent aux consommateurs en cas de sinistre d'une agence ou d'un TO.
 
Iata. Je regrette une fois encore que nos instances professionnelles, qui ont été largement consultées par Iata, n'aient rien trouvé à redire à ces projets et qu'il ait fallu attendre une intervention de Tourcom via sa Rédac' (le journal interne du réseau NDLR) pour qu'elles changent de position, en haussant la voix et en usant de la menace. Il est vrai que tout cela ne serait pas arrivé si Iata avait associé aux discussions les principaux acteurs de la billetterie aérienne. Iata doit aussi être vigilant dans la façon dont il gère ses relations avec les agences de voyages. S'il n'y prend pas garde, nous irons, comme avec l'APST, vers la remise en cause de ce monopole de fait. Nous ne le voulons pas, mais cette perspective devrait inciter l'organisation à plus d'écoute et de prise en compte du ras-le-bol qui couve aujourd'hui parmi les agences. Mais Iata n'est pas le seul dans ce cas-là.
 
Compagnies aériennes. La faillite d'une compagnie représente un risque majeur qui n'est toujours pas assuré. Pendant longtemps, les compagnies régulières ont mis en avant le fait qu'elles ne voulaient pas payer pour des compagnies low-cost qu'elles jugeaient moins fiables qu'elles. Quand on compare l'état de santé de certaines majors avec des compagnies low-cost cet argument fait sourire. Nous aurions dû, en toute logique, obtenir la création pour les compagnies aériennes d'une garantie totale des fonds déposés comme on l'exige désormais pour les acteurs du tourisme que nous sommes. La nouvelle directive transport que l'Europe s'apprête à adopter ne va malheureusement pas dans ce sens. C'est une honte pour nos instances professionnelles qui ne se sont pas battues pour obtenir cette garantie. Elles ont au contraire soutenu les compagnies aériennes en insistant sur la responsabilité du vendeur.
Concernant Air France, la mutation est difficile. Je ne dirais rien ici de la responsabilité d'une certaine catégorie du personnel qui participe même indirectement au déclin de l'entreprise. Mais il va falloir d'une façon ou d'une autre qu'Air France parie enfin sur les classes prestiges en offrant un service digne de ce nom, qui soit en mesure de rivaliser avec les compagnies du Golfe. Juniac a osé bouger les lignes. Son successeur devra faire preuve du même courage faute de quoi les alternatives plus satisfaisantes en termes de qualité et plus performantes en termes de prix se multiplieront

Snav. De résultats de la part du Snav, on n'en voit pas. Sinon un changement de nom qui à défaut de changer la réalité permettra d'alimenter un peu le bilan du syndicat. Je suis le premier à le regretter.
 
Tourcom Réceptifs. Depuis sa création, Tourcom Réceptifs est en constante progression. Cette performance est liée à l'arrivée de nouveaux adhérents dans notre réseau mais aussi au fait que les agences sont de plus en plus nombreuses à faire du "sur-mesure". Mais ce n'est pas parce que nous sommes les premiers à avoir parlé sur cette activité que nous devons nous endormir sur nos lauriers. Nous avons atteint un niveau de volume d'affaires de 40 millions d'euros. C'est encore insuffisant. Nous devons nous donner les moyens de faire beaucoup plus. Première mesure, Tourcom Réceptifs renforce le service aux agences pour les aider à se familiariser avec le sur-mesure, en les aidant à le budgéter et à trouver les fournisseurs mais aussi en les assistant à l'élaboration de leurs devis. Seconde mesure, la mise en place d'un club organisant des rencontres régulières entre agences et experts. Nous le faisons déjà pour TTM à la satisfaction générale des organisations qui nous invitent comme des agences participantes qui trouvent dans ces rencontres un moyen de parler et d'échanger librement sur les évolutions du marché "corporate". Troisième mesure, la mise en place de nouvelles formations au plus près des agences et notamment des vendeurs. Avec la mise en place de ce dispositif, je souhaite que le réseau entre dans une nouvelle phase où les voyages sur mesures sont enfin considérés pour ce qu'ils sont, à savoir la meilleure façon de fidéliser un client et de rentabiliser son activité.
 
Les alliances à l'international. En parallèle, le réseau s'emploie à imaginer les relais de croissance de demain. Ces relais de croissance, j'en suis convaincu, seront à l’international. C'est la raison de notre alliance avec le réseau belge Avitour et le réseau allemand RTK International. Cette alliance booste notre activité. 65 agences d'Avitour recourent aujourd'hui à Tourcom Réceptif. Avec RTK nous développons l'offre Flixbus pour les agences de région qui ont besoin de lignes régionales d'autocars. Et les agences frontalières peuvent profiter des produits de nos partenaires allemands et belges. Avec RTK, nous nous apprêtons à lancer Aerticket. Aerticket AG est aujourd'hui le premier consolidateur aérien en Allemagne, avec un chiffre d'affaires de plus de 40 millions par an, et plus de 3.5 millions de billets émis chaque année. Le groupe est l'un des plus importants du secteur non seulement en Europe mais aussi à l'international, grâce à son implantation dans 20 des plus grandes métropoles mondiales. Une présence qui lui permet de bénéficier d'avantages tarifaires avec de très nombreuses compagnies aériennes. Ensemble nous venons de créer une filiale. Une avancée qui confirme aujourd'hui que les relais de croissance ne se situent plus en France mais en Europe et à l'échelon mondial. Si les agences doivent se réinventer, les réseaux aussi. On ne peut plus rester sur un modèle qui date des années 90.
 
Elections. A noter également que Richard Vainopoulos, Patrick Loison, Sylvie Quentin, Jordy Staelen et Marc Leidelinger ont été élus administrateurs de Tourcom Association. Marc Leidelinger et Jordy Staelen ont été élus chez Tourcom Travel Management.

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