Voyages en dernière minute : « Je n’ai jamais vu cela » (Michel-Yves Labbé)

Distribution
Michel-Yves Labbé, fondateur de Départ Demain

Michel-Yves Labbé, fondateur de Départ Demain qui propose des séjours en ligne en ultra dernière minute, décrypte les raisons de cet engouement « inhabituel » d’offres en dernière minute.

 

 

« Je n’ai jamais vu cela. Le nombre de voyages en dernière minute est incroyable. Pour les Français, c’est une bonne nouvelle à court terme car ils vont pouvoir s’offrir des voyages cet été et faire de véritables économies » explique Michel-Yves Labbé. Via l’application Départ demain fondée en 2015, on constate « une offre inédite » avec plus de 1 000 voyages « en promotion », pour des départs dans 7 à 21 jours, soit pour des départs début août, la très haute saison habituellement.

 

« Côté prix, on constate des tarifs au plus bas. Pour des départs troisième semaine de juillet, les voyageurs vont pouvoir partir dans des établissements 4* « all inclusive » pour 500 ou 600 euros, tout compris (vol, repas, boissons, glaces…). Les vols réguliers long-courriers ne sont pas en reste également et des économies de plusieurs centaines d’euros sont possibles par billet » poursuit Michel-Yves Labbé.

 

Cette surcapacité d’offre de voyage en dernière minute s’explique par plusieurs facteurs. D’abord par le retour de destinations touristiques importantes qui ont connues un ralentissement très marqué ces deux dernières années. C’est le cas de la Tunisie, la Turquie et l’Egypte. De fait les « valeurs refuge » habituelles que sont l’Espagne, la Grèce, et le Portugal sont moins sollicitées et proposent, à ce jour, encore des offres en promotion pour cette haute saison. Autre raison, des vacances étendues tout au long de l’année. En effet, comme chacun sait, les Français morcellent aujourd’hui leurs vacances tout au long de l’année, notamment avec la prise de RTT. Les tendances de consommation de « voyage » ont changé. La « haute saison » est beaucoup plus courte (du 5 au-20 août). Le nombre de voyages en juillet et en avril sont quasi-identiques. Les professionnels du tourisme vont donc devoir rééquilibrer le nombre d’offres  sur l’année, pour ne pas se retrouver à brader des voyages mi-juillet.

 

Enfin troisième raison, les Français sont en quête de la bonne affaire. S’ils veulent une destination précise, un hôtel spécifique,  ils continuent de réserver très longtemps à l’avance. Mais si leur choix n’est pas ferme et arrêté, ils ont confiance dans les « bons plans dernière minute » car ils recherchent la « bonne affaire ». Les tendances de consommation telles que les ventes privées et autres promotions sont ancrées, la baisse du pouvoir d’achat est une réalité.

 

« Les départs en dernière minutes existent depuis longtemps mais les Français avaient des craintes d’être déçus et de vivre de mauvaises surprises. Ce qui a fait notre différence est notre connaissance des offres existantes (hôtels, destinations). Nous proposons de bons plans, des voyages « en promo » mais nous avons toujours proposé uniquement  des offres de qualité (moins cher ne veut pas dire médiocre) et avons toujours donné notre avis sur les hôtels, repas, destinations proposées. Les Français sont prêts à faire des concessions pour partir moins cher, mais veulent que leurs vacances soient conformes à ce qu’ils attendent » affirme Michel-Yves Labbé.

 

« C’est formidable, à court terme, pour les voyageurs. Mais pour les professionnels du tourisme c’est beaucoup plus difficile ! Il faut redistribuer les cartes et bien comprendre les attentes des Français. Si cela continue, les  voyagistes proposeront moins d’offres, ils affrèteront moins. Si demain, l’unique moyen de voyager sera d’accéder à des vols réguliers, chers, les Français ne pourront pas toujours se le permettre et une baisse du tourisme sera constatée » conclut le dirigeant.

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *