Droit de réponse de Bruno Gallois, ex-directeur général de Marsans France

Entretien

Suite à l’entretien que nous a accordé Jean-Alexis Pougatch dans le Mag’ du QDT daté du 25 septembre 2018 et sur notre site, Bruno Gallois, ex-directeur général de Marsans France, a souhaité exercer son droit de réponse, jugeant l’une de nos questions comme étant de « pure malveillance » et « totalement déplacée »…

 

« L’on me fait suivre votre entretien avec Jean-Alexis Pougatch publié dans le QdT du 3 octobre 2018, dans lequel ce dernier mentionne qu’il me compte parmi ses amis. Vous vous en étonnez, car, dites-vous, « je n’ai pas laissé ‘un souvenir impérissable à  l’APST ». Tout en remerciant Jean-Alexis de tenter d’expliquer les choses avec les informations dont il dispose, une telle remarque de pure malveillance, par ailleurs totalement déplacée, ne fait pas honneur aux qualités de rigueur attendues d’un journaliste, encore plus d’un rédacteur en chef. En effet, elle traduit le fait que vous avez choisi de ne relayer que les propos – partiaux – du président de l’APST, sans avoir jamais tenté d’obtenir ma présentation des faits tels qu’ils se sont déroulés.

 

Huit ans après, je ne vais pas revenir sur ces faits ni sur leur traitement tendancieux et souvent diffamatoire à mon égard tant de la part de l’APST que de certains chroniqueurs prompts à brûler ce qu’ils ont encensé, pour des raisons sur lesquelles il n’est plus temps de revenir.

 

Sur le fond, Marsans a effectivement dû cesser ses activités après 30 de présence sur le marché français, dont 25 sous ma direction. Ce dépôt de bilan a pour cause essentielle la crise financière de septembre 2008, qui a mis en difficulté la maison-mère espagnole, obligée de céder de nombreux actifs. Dont Marsans France, cédée en 2009 à un affairiste espagnol ne connaissant rien au métier et qui m’a immédiatement écarté pour gérer à sa manière. Or la crise de 2008 avait fait chuter les réservations avec un impact très fort sur les remplissages de nos très nombreux vols affrétés (près de cinq par semaine), et il fallait donc une gestion très serrée pour passer le cap, ce qui n’a pas été le cas de sa part.

 

On connait l’habitude française de tirer sur l’ambulance et de hurler avec les loups. Et aussi l’intérêt à l’époque d’un grand nombre d’acteurs – concurrents, fournisseurs, gratte-papiers, APS – de salir Marsans et ses responsables. Mais il est aussi permis de regarder ce que Marsans a apporté à l’industrie du tourisme et à eux-mêmes durant ces trente années, et que l’on a quelque peu oublié :

 

En terme de destination et de production :

–          Création du voyage à la carte, sur l’Espagne et le Portugal

–          Lancement en pionnier de la destination Cuba, en 1989, avec les premiers vols spéciaux sur la destination

–          Lancement en pionnier de la République dominicaine en 1992, alors inconnue des Français (ils confondaient avec la Dominique au point que nos premières brochures s’intitulèrent Saint-Domingue)

–          Lancement des premières formules « tout compris » hors du Club Med. Au point là aussi que,  au départ, nous avons demandé aux hôtels programmés de se limiter à la demi-pension, pensant que la clientèle française ne voudrait pas du tout-compris. On sait ce qu’il en est advenu depuis.

–          Pionner des vols sur sur La Romana et sur Samana,

–          Pionnier des départs de province (Nantes, Marseille, Lyon) vers la République Dominicaine en particulier

–          Lancement en pionnier de la Croatie, juste après la guerre

–          Développement de la Russie et de l’Europe centrale

–          …et bien d’autres avancées

 

En terme économique

–          Contribution importante à l’activité économique des agences de voyages, grâce au lancement de Cuba puis de la République Dominicaine, en leur offrant à la vente des produits de qualité à prix compétitifs et facile à vendre, disponibles sur stock, leur permettant de faire concurrence en particulier au Club Med, et ce durant de nombreuses années

–          Contribution significative au développement de XL, par l’affrètement de près de cinq rotations hebdomadaires durant plusieurs années, avec un volume d’achat de près de 20M€ par an.

–          Reprise de Transtours sauvée de la faillite, et fortement développé par la suite avec plus de 20 000 passagers en croisière sur la Volga et la Neva par an, tous vendus également par les agences

–          180 emplois permanents, et plusieurs de centaines de salariés qui ont fait leurs armes chez nous, dans des tâches passionnantes

–          …

 

En terme institutionnel, dans les fonctions que j’ai assumées pour la profession

–          Administrateur de SNAV durant plus de 10 ans

–          Organisateur et vice-président du congrès du SNAV en 1993 à la Havane, encore dans toutes les mémoires de ceux qui y ont été présent

–          Organisateur et président du congrès du SNAV à Mérida, au Mexique, le seul ayant accueilli un président de la République en exercice (Vicente Fox)

–          Administrateur du Ceto durant près de 10 ans aussi

–          …

 

Ainsi, en termes purement comptables, les 2 millions de coût pour l’APS, qui font partie des risque inhérents au métier d’assureur, sont mettre en regard des 150 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel de Marsans, qui ont généré, pour le seule année 2008, près de 20 millions de commission pour les agence, et près de 30 millions d’euros de revenus aux transporteurs aériens. Soit sur 30 ans, près de 1,5 milliards de chiffre d’affaires et 200 millions d’euros de commissions aux agences.

 

Telle a été la contribution positive et chiffrée de Marsans sur notre métier entre 1975 et 2009.

 

C’est du passé et de peu d’intérêt pour les jeunes qui font aujourd’hui avancer la profession, et pour moi aussi qui ai depuis longtemps tourné la page. Et Je ne pense pas pour autant mettre fin ainsi au bashing que certains, par méconnaissance, ressentiment personnel, frustration ou satisfaction malsaine entretiennent depuis des années.

 

Mais pour les autres et surtout pour tout le personnel de Marsans qui m’a accompagné durant de longues années, c’est l’occasion de leur rappeler avec fierté le travail accompli ensemble.

 

Bruno Gallois

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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