Le patrimoine culturel est-il bien préservé ?

Martinique

On dira que la richesse culturelle de la Martinique ne réside pas dans ses monuments qui sont effectivement rares. Florissante capitale des Antilles françaises que l’on comparait un à un "petit Paris" au XVIIIe siècle, Saint-Pierre fut malheureusement réduite à néant par la dévastatrice nuée ardente du volcan de la montagne Pelée, le 8 mai 1902. Des monuments d’une ville déjà équipée d’électricité et d’un tramway hippomobile à cette époque, il ne reste plus aujourd’hui que des ruines qui sont autant de vestiges d’une période révolue. Ce qui lui vaut d’ailleurs d’être inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco. C’est donc de préférence en prenant part aux visites guidées, que l’on découvrira les restes des témoignages du faste d’antan : quelques ruines de maisons, d’un théâtre, l’église du Fort, ainsi que la prison où l’on voit encore le cachot du fameux Cyparis qui fut l’un des deux seuls rescapés de l’éruption du volcan. Ajoutez-y la visite des maisons de maître des grands domaines sucriers, les quelques cases anciennes du village du Prêcheur, et les maisons en bois et fer forgé du début du XXe siècle du bourg de St-Esprit, et vous aurez fait le tour des sites architecturaux les plus éloquents. De même, l’histoire de l’île étant intrinsèquement liée aux plantations de canne à sucre, il ne faut pas faire l’impasse sur la Maison de la Canne installée aux Trois-Ilets dans une ancienne distillerie et qui retrace trois siècles d’économie sucrière entre le XVIIe et la fin du XIXe siècle.
Car plus que réellement architecturale, la grande richesse culturelle de la Martinique est "humaine" et réside dans le formidable creuset culturel de l’héritage des ancêtres des Martiniquais d’aujourd’hui (Indiens, Africains, Chinois, Européens). On assiste d’ailleurs depuis une dizaine d’années à une revalorisation de ce patrimoine culturel, tant au niveau musical, qu’architectural ou artisanal. A ce titre, la visite de la coopérative de vannerie de Morne-des-Esses, un gros bourg niché sur les hauteurs de Ste-Marie, est très intéressante. Une poignée de femmes passionnées y perpétuent en effet une technique de tressage héritée des Indiens caraïbes. C’est donc plus certainement en battant la campagne, en fréquentant les fêtes patronales, que l’on découvrira la véritable richesse culturelle de l’île au hasard des rencontres.
En décembre, il n’est d’ailleurs pas rare de se faire inviter aux grandes assemblées villageoises des "chanté Nwèl" (Noël). Et le rhum aidant, le visiteur se surprend finalement à battre le rythme, une kalbass à la main (fruit séché rempli de graines), emmené par le rythme entêtant des tambours. On peut conseiller aux visiteurs de se rendre à l’office de tourisme pour se renseigner sur les heures d’ouvertures de tous les musés de l’île.

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