Trouve-t-on encore de belles maisons coloniales ?

Martinique

Oui, mais à condition de bien les chercher. Dans certains bourgs, on admire encore quelques rares maisons typiquement créoles mais elles ne sont pas vraiment mises en valeur. C’est donc plus certainement dans les anciens domaines sucriers de l’intérieur des terres que l’on trouvera les plus beaux exemples de l’architecture coloniale, dans ce que l’on appelle en Martinique les "Habitations". Construite à partir du XVIIIe siècle par les riches propriétaires terriens, elles sont évidemment liées à la période la plus sombre du colonialisme : l’esclavage. Il va sans dire qu’à l’époque, l’intérieur luxueux de la maison du maître, qui trônait au milieu de la plantation de canne à sucre, n’avait d’égale que les conditions de vie déplorables des esclaves qui étaient parqués dans de minuscules cases. Quelques “Habitations”, ouvertes à la visite, permettent encore aujourd’hui de se faire une idée de ce que pouvait être leur vie de dur labeur à cette époque, par exemple l’Habitation de l’Anse-Céron (au Prêcheur) dont la plupart des bâtiments qui composaient cet immense domaine industriel sont encore debout. De même, on aura un très bel aperçu du décor d’origine des maisons de maître en visitant l’Habitation Clément (au François), décorée avec du mobilier d’époque, où les chais, toujours utilisés, sont également ouverts au public. Certaines "Habitations" ont d’ailleurs été admirablement rénovées et l’on peut parfois y déjeuner. C’est le cas de l’Habitation Latouche, au Carbet, et de l’Habitation Leyritz où l’on peut également dormir ou encore l’habitation Pécoul. Nombreuses sont d’ailleurs celles qui hébergent aujourd’hui un gîte ou des chambres d’hôtes (Habitation Maison Rouge et Manoir de Beauregard à Sainte-Anne, Habitation Bellevue au François, Habitation Petite Tracée au Gros-Morne), l’Habitation Lagrange au Marigot, étant d’ailleurs programmée par certains voyagistes.       

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