Quelle attitude adopter lorsque l’on est accueilli dans une tribu ?

Nouvelle-Calédonie

Tout d’abord faire preuve de respect. Le fonctionnement de la société kanak étant assez complexe pour un non initié, on se contentera ici de faire simple en disant qu’en Nouvelle-Calédonie, plus qu’ailleurs, il y a certaines règles de politesse à respecter. Un peu partout là-bas, il est courant de fouler les terres d’une tribu kanak sans même s’en rendre compte. Or il faut savoir que certains lieux et sites naturels sacrés ou “tabous” qui vous sembleront tout à fait anodins (cascades, grottes, îlots, forêts…) ne peuvent être visités qu’après avoir demandé l’autorisation au chef de clan ou de tribu. Dans le doute, il ne faut donc pas hésiter à se renseigner auprès des offices de tourisme locaux et auprès de la population, qui vous indiquera la marche à suivre. Le plus souvent, lorsque le site n’est pas strictement interdit (par exemple, le rocher de Kanuméra sur l’île des Pins), il s’agira d’effectuer une demande d’autorisation orale, ce qui vous amènera probablement à rendre une visite à la tribu du territoire concerné (non sans s’être fait annoncer par un membre du village).
Comme pour toute visite de tribus, lorsque l’on est invité par une famille, ou même dans le cadre de visites guidées, il est d’usage de ne jamais arriver les mains vides et de faire un présent à vos hôtes (le “Petit Chef” dans la plupart des cas) en signe de respect : c’est ce que l’on appelle là-bas “la coutume”. S’effectuant généralement d’homme à homme, il pourra s’agir d’un bout de manou (une sorte de paréo, en vente dans toutes les boutiques), de  cigarettes, d’un billet de 500 ou de 1 000 F CFP, ou encore d’un petit cadeau apporté dans ses bagages (un tee-shirt par exemple). Le plus important n’étant pas la valeur de l’objet, mais le geste.
Sachez qu’en dehors de ces visites spontanées, des visites dans les tribus sont organisées sur Grande Terre, à l’île des Pins et aux îles Loyauté, soit par les agences de tourisme locales, soit par les guides locaux ou les offices du tourisme des provinces. Aux Loyauté, où les terres appartiennent aux tribus kanak, nous conseillons aux visiteurs de faire dans un premier temps appel à un guide kanak local pour visiter les îles, car de nombreux sites sont sacrés (notamment pour les randonnées et certaines grottes). Interdites d’accès, les chefferies (des espaces de rituels) sont quant à elles indiquées sur les cartes fournies par l’office du tourisme. Et avant de photographier une tribu, il est préférable d’en demander l’autorisation. Enfin, même si le cadre tropical enchanteur s’y prête, mieux vaut éviter de se promener en maillot de bain si l’on n’est pas à la plage (le monokini est interdit en dehors des plages de Nouméa). Et il va naturellement de soi que l’on ira rendre visite à une tribu dans une tenue décente.

L’organisation sociale des kanak
L’entité de base du monde mélanésien est constituée par le clan, un groupement de plusieurs familles (représenté par la case bâtie autour d’un poteau central). Ces familles détiennent des droits fonciers sur les terres sur lesquelles elles sont installées, de même que sur les lieux chargés de significations mythiques. D’où un attachement quasiment viscéral à la terre au sens large du terme (les cultures, les sources, la mer, les montagnes…). Les clans issus du même ancêtre sont regroupés en tribus, des entités villageoises dirigées par un Petit Chef. Les membres d’une même tribu parlent la même langue, appartiennent au même territoire, et doivent normalement respecter un élément essentiel du fonctionnement de la société kanak : le partage et la répartition de tous les moyens de ressources et du travail. D’où la gestion communautaire des “gîtes tribaux”. Majoritairement installées au nord et à l’est de Grande Terre et sur les îles, les tribus sont regroupées en districts, avec à leur tête un Grand Chef. La Nouvelle-Calédonie compte actuellement 57 districts et 340 tribus différentes. L’île de Maré, par exemple, est divisée en 8 districts, et Lifou en 3 districts.

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