Grand Ski : « Tous les signaux sont au vert pour la montagne française »

France

La neige arrivée en abondance, des Britanniques – première clientèle étrangère – toujours très présents malgré le Brexit, plus de moyens de promotion et plus de tour-opérateurs à Grand Ski… Un vent d’optimisme souffle au 27e salon du tourisme en montagne organisé par Atout France ces mardi et mercredi. Même s’il faut encore «travailler le produit ».

Grand Ski restera à Chambéry

Grenoble, qui célèbre cette année les 50 ans de ses JO, aurait sans doute aimé décrocher l’accueil  des trois prochaines éditions de Grand Ski, cette grand-messe des stations de ski français. Mais ce salon professionnel restera à Chambéry en 2019, 2020 et 2021. L’annonce en fut faite par Christian Mantei, directeur général d’Atout France, en ouverture de la conférence de presse mardi matin. Brièvement. Sans même d’ailleurs donner le nom du challenger, mais en saluant « la constance et l’opiniâtreté » de Chambéry.

 

L’ambitieux programme d’investissements prévu sur cinq ans par Savoiexpo qui accueillera donc encore Grand Ski  pendant trois ans (13 M€ pour rénover les halls A, B et C, en construire un nouveau et équiper l’ensemble de fibre optique) a semble-t-il beaucoup compté dans ce choix. «Annecy ne serait pas mal aussi, glisse Xavier Schouller, fondateur du TO anglais Peak Retreats. C’est plus proche de Genève et de son aéroport qui draine aujourd’hui 70 % des Britanniques qui viennent skier en France ». Comme chaque année, ce Français installé à Londres est venu à Grand Ski faire ses emplettes.

480 TO du monde entier

Car la saison 2018/2019 se prépare dès à présent dans les allées de ce salon professionnel. Et à l’heure où les politiques exprimaient face à la presse leur satisfaction de voir la montagne bien blanche cette année et l’État prêt à soutenir cette économie, quelque 242 hébergeurs (48%), stations (31%), transporteurs, réceptifs… accueillaient les TO du monde entier venus plus nombreux cette année. Grand Ski 2018 reçoit en effet 480 prescripteurs (contre 436 l’an dernier) en provenance de 57 pays.

 

Si les Européens restent largement majoritaires (75 % des TO présents) et parmi eux les Britanniques les plus nombreux (ils renforcent même leur présence avec 80 TO présents contre 73 en 2017), certains pays sont cette année plus représentés, à l’instar de l’Afrique du Sud (7 représentants contre un l’an dernier) ou Israël (15 contre 7 l’an dernier).

50% des voyageurs israéliens skient en France

« Les Israéliens voyagent beaucoup – sur 9 millions d’habitants, 7,2 millions l’ont fait en 2017 – et sont très sportifs. N’ayant qu’une station de ski, beaucoup partent à l’étranger pour skier. 50 % le font en France » assure Laurent Roumani, responsable d’Atout France en Israël. Le ski est donc un créneau en fort développement dans ce pays, « avec notamment le Club Med en 4 et 5 tridents, c’est une grosse locomotive ».

 

Les Israéliens cherchent en effet du haut de gamme, du 4 ou 5-étoiles en individuel et du 3 ou 4-étoiles en groupes. 50 % de ces ventes sont intermédiées. « Et ils viennent aussi beaucoup l’été » souligne le spécialiste installé à Tel Aviv, satisfait de voir la desserte aérienne d’Israël renforcée sur Lyon avec trois vols hebdomadaires directs opérés par Transavia l’hiver (et 2 l’été), et bientôt des vols Easyjet.

Retravailler notre connectivité internationale

«Je suis ravi qu’il y ait une véritable dynamique de relance touristique en France. L’État nous a promis 6 M€ supplémentaires, dont 4,5 M€ sur la promotion. Mais attention, il faut travailler aussi le produit» avait rappelé la veille Christian Mantei en conclusion des Rencontres Grand Ski, soulignant d’ailleurs l’urgence de retravailler « notre connectivité internationale, car paradoxalement elle laisse à désirer ».

Revoir les accès routiers

Derrière le front uni présenté à Grand Ski, il y a aussi des sujets qui fâchent. Comme le réseau routier. «C’est une vraie catastrophe principalement pour la Tarentaise puisqu’une seule et unique route, la RN90, alimente 450.000 lits touristiques. Je ne connais pas d’autres régions en France aussi mal desservies avec un tel volume de clientèle française et internationale » illustre Jean-Luc Bloch, président de France Montagne.

« Des solutions doivent être trouvées qui soient pérennes et permettent de reconquérir des marchés que nous sommes en train de malheureusement perdre faute de moyens et de prises de décisions », ajoute-t-il tout en appelant chacun à «mettre son ego de côté et avancer la main dans la main ».

 

Et l’élu de saluer la toute récente initiative de la région Provence Alpes Côte d’Azur : réunir sous une seule et même bannière, « Alpes French South », les 68 stations de ski et domaines nordiques. Cette nouvelle marque a été lancée lundi soir en présence de 230 TO au Domaine des Saints Pères sur les hauteurs de Chambéry.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *