Notre-Dame de Paris : les professionnels du tourisme attristés et mobilisés

France

Alors que la crise des Gilets Jaunes affecte durement la fréquentation touristique de la capitale, la cathédrale Notre-Dame de Paris, en proie aux flammes lors d’un terrible incendie lundi soir 15 avril, créé un nouveau traumatisme auprès de nombreuses personnes dans le monde entier. Les professionnels du tourisme ne cachent pas non plus leur peine, leur désarroi mais également leur volonté de se mobiliser.

 

 

Cauchemar, choc, incompréhension, traumatisme, douleur, chagrin, tristesse, colère… sur les réseaux sociaux, les mots abondent pour qualifier la destruction par un incendie d’une bonne partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Avec ses premières pierres posées au XIIème siècle, c’est l’un des monuments les plus emblématiques du patrimoine français. Le plus visité en Europe aussi avec quelque 13 millions de personnes par an, soit une moyenne de plus de 30 000 par jour.

 

« Un choc émotionnel »

 

« C’est un véritable crève-cœur. Je n’en ai quasiment pas dormi de la nuit. Je comprends l’émotion que cela suscite dans le monde entier » confie Guy Raffour, PDG du cabinet Raffour Interactif. Chef-d’œuvre de l’architecture gothique sur l’île de la Cité en plein cœur de Paris, Notre-Dame apparaît comme une étape incontournable pour les touristes qui séjournent dans la capitale.

 

 

Les équipes de ParisCityVision, spécialiste de l’accueil touristique à Paris, dont les bureaux ne sont pas très éloignés de Notre-Dame, ont elles aussi vécu « un choc émotionnel » avant que Florence Beyaert, présidente du Directoire, ne décide d’activer dans la soirée « une cellule de gestion de crise ». « Nous nous sommes d’abord assurés qu’il n’y avait plus aucun client sur place, pour ensuite proposer des solutions alternatives, comme la découverte du Sacré-Cœur ou de Saint-Eustache, pour ceux qui avaient prévu prochainement de visiter Notre-Dame » résume la dirigeante, qui évoque un manque à gagner de « 55 000 euros mardi 16 avril à 12h00 » pour une entreprise qui réalise « 1 million de chiffre d’affaires annuel » avec les visites de la cathédrale. Ce n’est pas tant l’impact immédiat mais l’effet sur le long terme que craint Florence Beyaert. « Avec la crise des Gilets jaunes, il y a une conjonction de facteurs qui retarde la prise de décision et ralentit les primo-réservations » poursuit la dirigeante. Cette dernière appelle au soutien des acteurs publics en vue d’une relance de la promotion de la destination. Elle a également écrit à la direction du Louvre et de la Tour Eiffel afin qu’elles « fassent un geste pour donner plus d’allotements et de facilités aux professionnels du tourisme ».

Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise, estime que « le drame de Notre-Dame de Paris pourrait avoir un impact négatif sur le tourisme à Paris et en France ». Selon lui, « il faut une communication massive et positive en France, et vers les nombreux marchés émetteurs pour leur parler des richesses touristiques et la beauté de notre pays ».

 

Paris, une nouvelle fois atteinte

 

« On n’avait vraiment pas besoin de ça » déplore de son côté René-Marc Chikli, président du Seto. Même constat pour le GNI (Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie & de la Restauration) pour qui les scènes de saccage sur les Champs-Elysées ont effrayé les clientèles étrangères et françaises, avec une perte de chiffre d’affaires supérieure à 250 millions d’euros dans l’hôtellerie-restauration à Paris et en Ile-de-France. « Pour l’image de Paris, après l’Arc de Triomphe saccagé par des casseurs pendant les manifestations des Gilets Jaunes, ce n’est pas une bonne nouvelle… cela ne donne pas une image d’un pays qui maîtrise. Comment peut-on, en 2019, avoir un monument qui brûle aussi facilement ? » s’est empressé de réagir à l’AFP Didier Arino, président de Protourisme.

 

 

Si l’image de Paris est une nouvelle fois touchée en plein cœur, il ne faut toutefois pas associer l’incendie qui a ravagé Notre-Dame au mouvement des Gilets Jaunes. « Nous ne sommes pas du tout dans le même registre » assure Guy Raffour expliquant que la crise sociale liée aux Gilets Jaunes a « des conséquences directes sur la fréquentation touristique » alors qu’avec la cathédrale, « cette magnifique création humaine », nous sommes dans le registre de l’émotionnel, mais sans impact direct sur la venue des touristes à Paris. « On ne vient pas dans la capitale pour visiter un seul monument » précise le PDG de Raffour Interactif.

 

Air France et le Puy du Fou déjà mobilisés

 

Dans son allocution lors de l’Assemblée Générale des Entreprises du Voyage, Jean-Pierre Mas, président du syndicat, n’a pas manqué d’avoir un petit mot pour ce haut-lieu touristique. « En ce début de Semaine Sainte, toute notre compassion va aux catholiques. Au-delà, Notre-Dame, c’est le lieu de départ du kilométrage en France, le monument le plus visité en Europe avec 1 million de visiteurs par mois. Nous aurons notre part à apporter dans sa reconstruction ».

 

 

Les soutiens ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Ainsi Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM a fait savoir que la compagnie nationale assurera le transport gratuit de tous les acteurs officiels qui participeront à la reconstruction de la cathédrale. Par ailleurs, le groupe Air France-KLM va mettre en place dans les prochains jours un système de collecte volontaire auprès de ses clients pour participer au financement des travaux de reconstruction. Autre initiative, celle prise par le parc du Puy du Fou, qui organise le vendredi 7 juin prochain, à 22h30, une représentation exceptionnelle du spectacle « La Cinéscénie » dont l’ensemble des recettes sera intégralement reversé à la souscription nationale lancée par le Président de la République pour rebâtir le célèbre monument.

Dans un communiqué, les professionnels des cafés, hôtels, restaurants et du tourisme (GNI, Umih, GNC, Confédération des Acteurs du Tourisme) ont également annoncé qu’ils participeront, via leurs entreprises respectives, à la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

 

Sûr que l’ensemble des professionnels du tourisme sauront se mobiliser pour contribuer à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Comme le précisait dans un post Facebook Richard Soubielle, vice-président des Entreprises du Voyages, « la devise de Paris « Fluctuat nec mergitur » (Ndlr : « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ») semble plus que jamais d’actualité et orienter l’élan national et international pour le sauvetage et la reconstruction de notre chère basilique ».

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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