Les hôteliers (Umih) interpellent les candidats à la présidentielle : « 85 touristes internationaux en plus, c’est un emploi de créé »

Lors d’un point presse mardi 31 janvier sur la péniche Rosa Bonheur sur Seine (Paris 7e), Roland Héguy, président de l’Umih, accompagné de son vice-président Hervé Becam, et du président du GNC Jacques Barré, a présenté à l’adresse des candidats à l’élection présidentielle les 7 priorités du syndicat hôtelier en faveur du tourisme. Avec un leitmotiv : « Quand le tourisme gagne, c’est la France qui gagne ».

 

« 2017 est année décisive avec trois élections majeures : présidentielles, législatives et sénatoriales. C’est l’occasion de rappeler qui nous sommes. D’autant plus que le mot tourisme est absent de l’ensemble des programmes des politiques » résume d’entrée Roland Héguy.

« Après 6 mois de travail », l’Umih (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) avec le GNC (Groupement National des Chaînes Hôtelières) a listé 7 priorités pour ancrer les entreprises du secteur du tourisme au cœur du développement de la France.

 

1/ Gagner 1 point de PIB supplémentaire en 5 ans.

Car 1 point de PIB gagné grâce au tourisme, c’est 21 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Pour cela il faut une mobilisation sans précédent des organismes chargés de la promotion. L’idée est d’allouer au budget national 100 millions d’euros par an exclusivement consacrés à la promotion de la destination France auprès des touristes internationaux et des Français. Un impératif pour atteindre les 100 millions de touristes en 2020. Rappelons que le tourisme représente 7,4% du PIB national, compte 2 millions d’emplois et génère 158,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France a accueilli 84,5 millions de visiteurs en 2015.

Par ailleurs, les professionnels du tourisme s’engagent sur la « création d’un fonds d’intervention » dédié à la promotion du tourisme et de ses métiers. « A l’image de ce qui est appliqué sur les billets de cinéma, le fonds pourra être alimenté en partie par une contribution partagée de tous les acteurs du tourisme qui participeront ainsi à l’effort de financement des actions de promotion » comme l’explique Jacques Barré.

 

2/ Favoriser la création d’emplois.

Il s’agit là d’adapter l’environnement social aux évolutions des entreprises du tourisme. Un point de PIB gagné grâce au tourisme, c’est 200 000 emplois supplémentaires. « 85 touristes internationaux en plus, c’est un emploi de créé » assure Hervé Becam. Et de dire que « nous sommes les alliés de la lutte contre le chômage alors que dans le même temps notre secteur connait des difficultés à recruter ». Il s’agit donc de « valoriser l’apprentissage, une voie d’excellence dont l’image auprès des parents est dégradée ».

 

3/ Oxygéner nos entreprises.

Le but ici est de simplifier la gestion quotidienne des entreprises. « Il y a un excès de réglementation avec des professions qui doivent respecter plus de 50 législations nouvelles chaque année » déplore Roland Héguy. L’encadrement de la taille des lettres et des chiffres de l’affichage des prix, l’interdiction des fontaines à jus de fruits, la fixation des horaires d’allumage des enseignes, l’encadrement de la taille du numéro de chambre sur chaque porte sont quelques-unes de ces normes incohérentes. « Il y a même un décret en cours d’application qui imposerait aux discothèques de mettre en place un espace de repos pour les oreilles » souligne Roland Héguy qui souhaite « simplifier le cadre fiscal au niveau local et national » afin que « les chefs d’entreprises se concentrent sur leur cœur de métier ».

 

4/ Sécuriser le cadre fiscal national & local.

Une nécessité pour rendre les entreprises plus compétitives.

Si l’on s’en tient au niveau local, les entreprises ont particulièrement été impactées par la collecte de la taxe de séjour qui a doublé en 4 ans. « Nos hôtels ont contribué à 95% de la collecte de la taxe de séjour alors qu’ils ne représentent que 50% de l’hébergement marchand » remarque Hervé Becam qui stigmatise « Abritel et consorts ». Un exemple parmi d’autres qui montre que l’alourdissement de la fiscalité ces dernières années a été très pesant pour le secteur du tourisme.

 

5/ Agir pour le tourisme durable.

Objectif : montrer l’exemplarité des quelque 230 000 entreprises affiliées à l’Umih, et redynamiser les territoires. 2017 est l’année internationale du tourisme durable pour l’ONU. « Nous voulons accompagner la transition écologique et demandons la mise en place d’outils intuitifs comme l’extension du dispositif de l’éco-prêt à taux zéro aux entreprises » affirme Roland Héguy.

 

6/ Faire du numérique un moteur de croissance au service des professionnels.

Face à la place grandissante occupée par les intermédiaires et l’entrée de nouveaux acteurs, il s’agit là de garantir une concurrence loyale, équitable et transparente pour le consommateur et les entreprises.

Alors que plus d’une chambre sur 4 est vendue via une OTA, il est important de s’assurer du respect par ces agences en ligne de leurs obligations légales. « En 2016, plus de 500 millions d’euros de commissions ont été reversées par les hôtels aux OTA en France. Ce montant est disproportionné par rapport aux services rendus aux entreprises et aux clients » commente le président de l’Umih.

 

7/ Reconnaître nos cafés, hôtels, restaurants, établissements de nuit comme les acteurs majeurs du tourisme, les acteurs du « vivre ensemble », les acteurs du dynamisme économique de nos territoires, les acteurs de la transmission du savoir-faire.

« Nos propositions sont à disposition des candidats à l’élection présidentielle » conclut Roland Héguy. « Le tourisme est une véritable chance pour la France » martèle le président de l’Umih. Aux candidats désormais de « s’engager en faveur de ce secteur, de ses entreprises et de ses salariés ».

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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