Face à Airbnb, Gites de France et Clévacances préparent « le champion français du tourisme chez l’habitant »

Hébergement
Jacques Masson, directeur général de Gites de France, et Dominique Debuire, directeur délégué de Clévacances.

Les deux acteurs (chambres d’hôtes, gîtes, appartements…) vont constituer une structure commune mais conserveront leurs marques. Clévacances et Gites de France vont travailler les synergies sur le digital, la commercialisation… Les deux associations sont entrées en négociation exclusive en vue d’un rapprochement effectif début janvier 2019.

 

L’union  fait la force, dit le dicton. Gîtes de France et Clévacances ont l’intention de le démontrer d’ici à l’année prochaine. Une nouvelle « structure commune » –dont on ne sait « pas encore quelle forme juridique elle aura » signale Jacques Masson, DG de Gites de France– doit être créée.

 

C’est l’un des chantiers de l’équipe de travail mise en place dans le cadre de la négociation exclusive entre ces deux acteurs de la location chez l’habitant. L’objectif est double : attirer à la fois vacanciers et propriétaires.

 

Un nouveau site Web et une nouvelle image

Les deux opérateurs ont des arguments, à commencer par le savoir-faire (depuis 1955 pour les uns, 1995 pour l’autre) et l’expertise de 50.000 propriétaires (reconnue par les clients à travers les avis en ligne).  Une qualité de l’accueil aussi (formalisée par un label dans les deux cas), un maillage du territoire et des produits complémentaires (campagne-montagne pour les Gîtes, bord de mer jusqu’en Polynésie et appartements pour Clévacances), etc. L’offre commune représente 90.000 hébergements.

 

Chahuté par Airbnb qui annonce des scores impitoyables en France  (« 400.000 logements, 300.000 hôtes, 6, 5 Md$ d’impact économique »), l’un comme l’autre de ces deux acteurs historiques devait réagir. L’offre de chambres d’hôte sera donc plus mise en avant, et les deux marques « conservées ». La croissance foudroyante de la plate-forme de réservation américaine impose de revoir le modèle de résa en ligne.  « ça doit être simple, intuitif et en quelques clics » résume le DG de Gites de France.

 

Plus de services pour les propriétaires

En parallèle, l’harmonisation des niveaux d’adhésion et de commission  fait aussi partie des  chantiers du groupe de travail sur le rapprochement. Pour attirer de nouveaux propriétaires, le nouvel ensemble va accentuer ses efforts sur 3 axes de services : la digitalisation, la commercialisation et l’accompagnement des propriétaires (depuis la déclaration fiscale jusqu’à l’achat de fournitures en passant par la démarche de labellisation).

 

Comment convaincre de nouveaux propriétaires de rejoindre l’un ou l’autre label ? « Avec  50.000 propriétaires contents du service que nous leur donnons grâce à notre proximité territoriale », cela constitue une bonne  publicité selon  le DG des Gîtes.  Et de préciser avoir « une faible dépendance à Google, grâce à 70% de référencement naturel  lié à un ancrage régional fort ».  Depuis 2016, Internet est devenu le canal de vente majoritaire (53%) par rapport au téléphone.

 

« Nous sommes plus qu’une plate-forme de réservation. L’accueil du client par les propriétaires est fondamental, comme la qualité de service que nous offrons aux propriétaires », indique Jacques Masson. « Nous n’avons pas à rougir face à une start-up américaine. »

Un acteur de référence du tourisme en France

Fort du partenariat existant avec les offices de tourisme  et agences de développement touristiques, Gîtes de France parie sur la taille du nouvel ensemble.

 

« Nous allons pouvoir nous associer à Atout France et soutenir la démarche du site France.fr.  Nous offrons un hébergement de qualité et labellisé à travers la France de tourisme chez l’habitant. Nous pouvons aussi contribuer à tenir l’engagement du président Macron d’accueillir 100.000 touristes en France en 2020» précise Jacques Masson.

 

Acteur du tourisme local, les Gîtes de France collectent pour 470 millions d’euros de taxes diverses. Comme toutes les autres plates-formes de réservation, le nouvel ensemble collectera la taxe de séjour à partir du 1er janvier 2019.

 

Une démarche collaborative

Engagée à travers une équipe de travail pluridisciplinaire,  la co-construction du nouvel ensemble Gites de France + Clévacances devrait être présentée en septembre aux instances dirigeantes de chacun. Si la proposition est validée, « idéalement le lancement devrait se faire en début d’année prochaine, en janvier 2019 » ajoute Jacques Masson.

 

Pour le DG, cette démarche collaborative correspond à « l’ADN de Gîtes de France comme de Clévacances ».  « A plusieurs, on est plus intelligent pour réfléchir à comment faire notre mutation » conclut-il.

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *