Les hôteliers (Umih) dénoncent les nouvelles pratiques de Booking.com

L’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), dénonce par la voix de Laurent Duc, président de la branche Hôtellerie  les nouvelles pratiques des centrales de réservation en ligne, Booking.com en tête, imposées, aux hôteliers sans concertation préalable.Déjà, souligne l'Umih,  "depuis quelques jours, lorsqu’un client est sur le point de réserver une chambre sur la page d'information dédiée de l’hôtel sur le site Booking.com, il apparaît désormais la mention "vous cherchez un établissement équivalent mais moins cher, voir (+ nom d’autres établissements)… ". Le système "renvoie alors indifféremment vers des hôtels, des résidences de tourisme, des locations meublées, et parfois des établissements très éloignés en localisation"…  Laurent Duc rappelle que « le terme "équivalent" n’est pas approprié ici puisqu’il renvoie à toutes formes d’hébergement marchand en France, qui obéissent pourtant à des contraintes très différentes. Un hôtel ne peut pas être considéré comme équivalent à une location meublée ! Ensuite, les nouvelles campagnes de promotion : Booking.com vient d’annoncer, "en dehors de toute concertation avec les partenaires hôteliers", se réserver le droit de proposer des promotions à ses clients fidélisés. Pour le syndicat, "cette pratique augure d’une guerre des prix et conséquemment une mise en danger de la capacité d’investissement et de création d’emploi". Enfin, Booking.com vient également de proposer l’intégration "gratuite" sur le site internet de l’hôtel du bouton de réservation appelé "Booking button". Si" la gratuité de l’initiative pourrait être louable, l’intégration de ce bouton est en réalité une source d’appauvrissement pour les hôteliers : le client, qui venait au prix de nombreux efforts réserver en direct sur le site de l’hôtel, sera désormais avec cette fonctionnalité redirigé vers le moteur de réservation Booking.com. Ce dernier va donc capter toutes les données clients, fidéliser une clientèle naturelle de l’hôtelier … et lui proposer des hôtels / hébergements concurrents".

Vos réactions (2)

  1. Il est clair que du danger des situations dominantes, aux abus de situations dominantes, il n’y a qu’un pas.
    Et que la réflexion des distributeurs sur les conséquences de leurs politiques commerciales sur l’avenir d’une branche d’activité, et des emplois y associés, est le cadet de leurs préoccupations.
    Aux hôteliers de travailler à l’élaboration d’une plateforme de propositions, d’un cadre contractuel, à proposer dans les contrats de distribution à conclure avec Booking.com ou autres partenaires, si possible dans le cadre d’un droit européen. Quid par exemple, je vais choquer certains, de la solidarité fiscale et juridique du distributeur, en cas de distribution de produits ne respectant les dispositions légales (donc aussi fiscales) des pays hébergeant les établissements distribués ? D’un autre côté, comment ne pas trop brider une forme de distribution qui « rénove » la distribution, l’élargit au plan mondial, et permet une réactivité et une adaption rapide au marché ?
    Ce que démontre, une nouvelle fois, cette réaction d’un représentant de l’UMIH, c’est qu’apparemment personne n’agit face à ce qui est présenté comme une dérive, ou un danger. Mais légiférer est difficile en raison d’Etats beaucoup trop lents par rapport aux évolutions constantes de la distribution ; la détermination d’accords-cadre contractuels – en perpétuelle évolution – ne peut émaner que des organisations professionnelles. Relativement aux accords-cadre, l’Etat ne pourra pas, ne saura pas, et ne fera pas. Aux hôteliers d’agir, d’acter, et de convaincre leurs partenaires distributeurs de souscrire des accords-cadre.
    A l’Etat, quant à lui, de faire respecter une législation générale (c’est à dire non limitée au secteur du tourisme) visant à une concurrence économique loyale entre les acteurs de la distribution comme de la production.
    A l’Etat de se doter de nouveaux outils de nature à répondre aux litiges potentiels naissant – sans cesse – au fil des évolutions constantes des opérateurs : en France, nous avons des Tribunaux de commerce inadaptés à la rapidité des évolutions ; il est temps de créer des instances judiciaires (ou privées) de conciliation préalable pour prévenir des litiges à naître entre acteurs économiques, permettant (peut-être) ou facilitant l’adoption d’accords transactionnels. Des instances à faible coût, rapides, et expertes dans leur domaine.
    Yves Brossard – Primea Hotels Guadeloupe

  2. Je trouve tout à fait justifié le fait de dénoncer les pratiques de ce site de réservation qui use et abuse de sa position dominante (obtenue grâce à des commissions exagérées), récupère à son profit les sites des hébergeurs, ne différencie pas, à dessein, les types d’hébergements et maintient une information floue au sujet des procédures de réservation et situation des hébergeurs auprès du grand public

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