Paris : certains hôtels de luxe ont perdu jusqu’à 40% de leur activité

L’Umih (Union des métiers de l'hôtellerie) et le GNC (Groupement national des chaînes hôtelières) ont rencontré en début de semaine Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, afin de faire un point sur les difficultés du tourisme en France et sur les moyens à mettre en œuvre pour aider le secteur.Les deux organisations professionnelles ont alerté le ministre sur la chute de la fréquentation des touristes en raison du risque terroriste. Selon les dernières estimations de l'Umih, les hôteliers français estiment avoir perdu "environ 10% de leur activité en juillet et août". Ce sont Paris, l'Ile-de-France et la Côte-d’Azur (qui représentent 50% de l'activité hôtelière française) qui ont subi de plein fouet les conséquences des attentats de Paris et de Nice, mais aussi de l’image écornée de la France liée aux grèves, aux manifestations qui dégénèrent ou aux intempéries.
 
Selon Hervé Becam, vice-président de l'Umih, "à Paris, certains hôtels de luxe ont perdu jusqu'à 40% de leur activité cet été par rapport à l'an passé" et "les hôtels 3 étoiles "entre 20 et 30 %". Il observe que la situation est toutefois un peu moins dégradée au niveau de l'Ile de France avec "une baisse de 10%". Quant à la Côte d'Azur, l'activité des hôteliers y est également en baisse "de l'ordre de 10% par rapport à l'année dernière". "Le reste est mitigé" dit-il encore, "avec certaines régions en baisse de 5%" et d'autre en hausse, comme la région Rhône-Alpes Auvergne qui affiche un chiffre d’affaires hôtelier en hausse de 7,5%. Les régions Centre – Val de Loire et Pays de la Loire enregistrent également des progressions d’activité supérieures à 2%. Depuis le début de l'année, la baisse d'activité globale des hôteliers est de l'ordre de 4 à 5%. Ces sont dans l'ordre les Japonais, les Américains et les Chinois qui ont le plus déserté la France.
 
Lors de cette rencontre avec Jean-Marc Ayrault, les hôteliers ont réclamé au ministre la mise en place de mesures urgentes en faveur de l’industrie touristique française afin de sauver la fin 2016 et relancer 2017. Les deux organisations suggèrent par exemple de rassurer la clientèle internationale en informant en temps réel  dans leur langue les touristes via les réseaux sociaux, sur la sécurité dans notre pays. Dans les ambassades, elles proposent aussi, lors de la remise des visas, que l'on remette aux futurs touristes un mode d’emploi présentant les mesures prises en faveur de la sécurité des touristes. Elles réclament la création d'une brigade policière touristique. L'Umih et le GNC veulent également qu'Atout France puisse être doté d’un budget exceptionnel pour promouvoir la destination France et l’image de notre pays à l’étranger.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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