Philippe Cassis (Sun Resorts) : « rester à 6 hôtels, ce n’est pas une solution d’avenir »

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Philippe Cassis, le nouveau directeur général de la chaîne hôtelière Sun Resorts, a pris ses fonctions au début de l'année. De passage à Paris, cet Allemand né à Téhéran et diplômé du Centre international de Glion, a évoqué les raisons qui l'ont poussé à quitter un grand groupe comme Starwood (plus de 1.000 hôtels dans le monde entier) pour rejoindre une structure plus modeste (6 établissements à Maurice et aux Maldives). "J'aime les défis" a expliqué cet homme pragmatique qui, durant les 29 années passées chez Starwood a pu travailler dans 17 pays différents. Parmi ces "défis", il rappelle avoir été à 31 ans "le plus jeune DG d'un hôtel au Chili". Et, en 2001, "le plus jeune patron d'une zone géographique" pour Starwood, en l'occurrence celle du Moyen Orient et de l'Afrique, avec en charge "50 hôtels du Turkménistan au Cap", durant 6 ans. Après "une accalmie" avec en charge l'Espagne et le Portugal, il a été nommé en 2011 responsable de l'Amérique du sud, à Rio. C'est là qu'il a été "chassé" une première fois par les dirigeants de Sun. Après un premier refus, il a finalement jugé le projet "assez intéressant". Philippe Cassis a vu-là une nouvelle "opportunité entrepreneuriale avec un vrai plan de redéveloppement". Il poursuit : "depuis que Sun est séparé de Kerzner, il est toujours resté à 6 hôtels", ce qui "n'est pas une solution d'avenir". Pour y remédier, il pense d'abord que le groupe, qui est propriétaire de tous ses hôtels, doit se désengager, car "c'est un modèle économique trop coûteux". Autre piste : les segments 3 ou 4 étoiles, "une niche de marché qu'il ne faut pas négliger", ou encore capter les marchés émergeants, ce qui ne pourra se faire sans une hausse significative des capacités aériennes. "Aujourd'hui, être hôtelier à Maurice n'est pas des plus rentables" dit-il encore, précisant qu'il faudrait "taper fort" en ouvrant l'accès à Maurice (open sky) et développer la promotion. Arnaud Martin, directeur marketing du groupe Sun, renchérit : "avec sa flotte actuelle, Air Mauritius n'a pas la capacité pour emporter la croissance de l'île". En 2013, les résultats de Sun "sont légèrement négatifs" dit encore Philippe Cassis et, en 2014, "nous allons tenter de réduire notre dette" et d'atteindre "un taux de remplissage de 69%".

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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