Taxe de séjour : la grogne monte chez Abritel, Airbnb ou Leboncoin …

Hébergement
Airbnb fraude fiscale

Les plateformes de location comme Abritel, Airbnb, Leboncoin ou Tripadvisor demandent le report de la réforme de la taxe de séjour. « Mal préparée » elle est « techniquement impossible à mettre en oeuvre au 1er janvier » et « doit être reportée au 1er juillet 2019 ».

 

Rappelons qu’au 1er janvier 2019, les plateformes de location de courte durée auront pour obligation de collecter la taxe de séjour partout en France où elle est mise en place.

L’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV*) estime que cette réforme qui impose « un nouveau mode de calcul complexe » a été « voté hâtivement et sans concertation en fin d’année dernière (loi de finances rectificative 2017) ». L’UNPLV regrette « le manque de préparation de la part des pouvoirs publics pour accompagner ce changement majeur qui impacte le budget des collectivités locales et les plateformes de location de vacances ». Les plateformes rappellent que « le fichier national de la taxe de séjour (Ocsitan) a vu le jour mais la DGFIP doit encore récupérer les délibérations de chaque commune avant le 14 novembre puis les vérifier une à une avant de rendre enfin accessible ce fichier, ce qui laisse planer un doute sur la capacité de la DGFIP à fournir les informations dans les temps. Par ailleurs, compte tenu des délais nécessaires à l’extraction de ces données et à leur exploitation par les plateformes, la date du 1er janvier semble techniquement impossible à tenir ! ». Pour l’UNPLV, « cette impréparation aura de lourdes conséquences pour les collectivités locales comme pour les plateformes, qui devront faire face, et donc remédier à d’importantes erreurs de saisies des données ».

 

Pour l’UNPLV, « les modes de calcul et les barèmes de la taxe de séjour ont été fortement complexifiés au détriment de la location meublée non classée qui est la seule concernée par le passage au pourcentage de la nuit par personne ».

« Ce nouveau mode de calcul inéquitable pénalise les voyageurs les plus sensibles au prix, notamment les familles » estime encore l’UNPLV, « car il impose un niveau de taxe plus élevée aux meublés de tourisme non classés qu’à tous les autres types d’hébergement. Ainsi une famille pourrait payer jusqu’à 6 fois plus pour une semaine de vacances ».

*Abritel-HomeAway, Airbnb, CléVacances, Groupe SeLogerVacances, Leboncoin.fr, Tripadvisor, InterHome, le Syndicat des Professionnels de la Location Meublée, Poplidays, Homelidays, Offices de tourisme de France et Morning Croissant.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (2)

  1. Il y a probablement une exagération de la part de l’UNPLV lorsqu’elle indique que la taxe de séjour applicable aux meublés de tourisme non-classés pourrait être six fois supérieure à celle collectée par les meublés classés !
    J’y vois au contraire un rééquilibrage. Jusqu’alors, le tarif de la taxe de séjour applicable aux meubles non-classés était plafonné à 0,80€ par nuitée et par personne contre 1,50 à 2,30€ pour des meublés classés (souvent de standing équivalent). Il fallait donc rendre plus juste ce barème. Cela profite également aux collectivités qui ont besoin de ces recettes pour améliorer l’accueil touristique sur leur(s) territoire(s).
    Cette mesure pourrait aussi inciter davantage les hébergeurs à réaliser une démarche de classement, ce qui aurait pour effet de valoriser l’offre d’hébergement touristique sur le territoire Français !

    1. Pour répondre à trolong…
      Il est vrai que les Hôtels classés sont gages de qualité…
      Laissez-moi rire 😉
      Combien d’établissements 1*, 2* voir 3* sont une honte à la profession !!! Avec une hygiène qui laisse à désirer, un confort déplorable et ne parlons pas de l’accueil ni de la qualité des produits servis sur leurs buffets de petit-déjeuner à des tarifs exorbitants.
      Parlons également du boursicotage des prix pratiqués selon l’attractivité du marché, plus communément appeler yield management par les professionnels du tourisme, que ces établissements pratiquent et prennent tout simplement leurs clients pour des vaches à lait… besoin de dormir durant un évènement sportif de renom? un salon mondial? et bien payer, et payer le prix fort les amis, parfois jusqu’à 50% de plus qu’une activité normale.
      Les dirigeants de chaines justifient cette augmentation tarifaire lors du salon equiphôtel 2018: par la hausse du niveau de service durant ces évènements!!!!
      Mais de qui se moque t-on?
      Pour revenir au sujet principal, ce mode de calcul de taxe au pourcentage devrait être imputée à tous les établissements puisque plafonnée à 2.30€.
      Mon hôtel économique non classé pratique des tarifs fixes, toute l’année, quelque soit les évènements selon la catégorie de chambre, allant de 47€ à 59€ la nuit.
      A compter du 1er janvier 2019 la collecte de la taxe de séjour pour une chambre à 47€ passera de 0.83€ à 5% du coût de la chambre soit 2.30€ (qui est par ailleurs le plafond), que la chambre soit en occupation simple ou double, alors que les établissements classés de catégorie équivalente, 1* ou 2* resteront respectivement à 0.75€ et 0.90€.
      Vous trouvez ça normal? et osez dénoncer la concurrence déloyale…?
      un hôtelier indépendant 😉

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