Un été morose en France pour le groupe Accor

La fréquentation des hôtels en France, Espagne, Italie et Allemagne a stagné.
Le Portugal et la Grande-Bretagne tirent en revanche leur épingle du jeu.
Le premier hôtel en Chine (Ibis Tianjin) flirte avec les 100 % d’occupation.
Accor ne sera pas passé entre les gouttes cet été. Alors que la chaîne hôtelière présente des résultats semestriels satisfaisants (voir ci-contre), les mois de juillet et août ont été « moroses avec des trous d’air à plusieurs reprises », note Jean-Marc Espalioux, président du directoire, employant même le terme de « clientèle de transhumance » pour expliquer métaphoriquement que les Français sont sortis de leurs frontières. En Europe du Sud, et plus précisément en Espagne et en Italie, le constat est identique. Les vacanciers n’ont pas été aussi fidèles que les années précédentes, un phénomène qui pousse le président du directoire à remettre en question « cette forme de tourisme » et « les côtes abîmées de la Costa del Sol et de la Costa Brava ainsi que les prestations médiocres et les prix élevés pratiqués en Italie ». Le Portugal semble en revanche faire figure d’exception avec un chiffre d’affaires des hôtels en hausse de 10 % « grâce à la coupe d’Europe de football ». Dans son analyse, Jean-Marc Espalioux qualifie 2004 d’année « atypique » avec des zones en forte progression comme la Grande-Bretagne et des zones « entre deux eaux » à l’image de l’Allemagne, « un marché clef dont l’évolution ne s’est pas encore fait ressentir ». Pourtant, l’offre y est depuis l’an dernier davantage abondante grâce à la reprise en gestion par le groupe français de 90 établissements Dorint portant désormais la double appellation de Dorint Sofitel, Dorint Novotel et Dorint Mercure. Globalement, l’extension du réseau s’est portée sur l’ouverture de 13 300 chambres, soit 107 hôtels, pour les six premiers mois de l’année. Dans le détail, 58 nouvelles unités ont vu le jour en Europe, 31 en Amérique du Nord et du Sud, 4 en Afrique et au Moyen-Orient et 14 en Asie-Pacifique, dont le premier Ibis en Chine, à Tianjin qui enregistre depuis son inauguration un taux d’occupation variant entre 95 % et 100 %. Un succès qui encouragera sans nul doute le groupe à poursuivre son implantation sur le sol chinois.
« La hausse de l’activité s’est confirmée au premier semestre »

La progression du premier groupe hôtelier français s’est confirmée au premier semestre. Le résultat courant avant impôt est en hausse de 25 %, à 225 ME, et le chiffre d’affaires s’établit 3,443 MdE, soit une progression de 4,1 %. En revanche, le résultat net, établi à 81 ME, est en recul de 23,6 % « en raison de plus-values de cessions plus importantes au premier semestre 2003 ». Dans l’hôtellerie, « la situation a été contrastée en fonction des pays et de leur position dans le cycle économique ». Ainsi, l’activité a profité de la reprise aux États-Unis dans l’hôtellerie de luxe (Sofitel), au Royaume-Uni, en Asie-Pacifique, en Amérique du Sud et dans certains pays d’Europe continentale. Mais cet ensemble ne représente qu’un tiers de l’activité hôtelière globale de la chaîne. En revanche, la plus grande partie, à savoir l’hôtellerie économique aux États-Unis et l’hôtellerie en France, en Allemagne et en Europe du Sud (principalement Espagne et Italie) enregistre de faibles progressions. Dans les services, « la croissance de l’activité s’est poursuivie sur tous leurs marchés avec une amélioration des marges ».

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