Comment Marseille décourage ses croisiéristes de débarquer…

Humeur

Guillaume Nicoulaud est un commentateur très intéressant sur Tweeter. La semaine dernière il a évoqué l’absurde terminal des croisières de Marseille qui est totalement inadapté à l’ambition de la ville et de la région de développer l’accueil des croisiéristes… C’est truculent !

 

Guillaume Nicoulaud explique : « le terminal des croisières de Marseille se situe sur le môle Léon Gourret – un gros machin en béton de près d’un kilomètre et demi de long planqué tout au nord du port (l’autonome, pas le vieux) ».

 

Puis dans un fil, il développe :

 

– Le môle Léon Gourret c’est là :

– Les trucs intéressants à visiter les plus proches, ça commence grosso-modo au niveau des docks de Marseille. C’est-à-dire là :

– Mine de crayon, ça fait une trotte de plus de 5 kilomètres entre votre bateau et l’entrée des docks. Si vous marchez bien, comptez une petite heure.

 

– Evidemment, personne ne fait la promenade à moins d’être passionné par les alignements de containers et autres parking portuaires ou, à défaut, par la marche en bordure d’autoroute (c’est dangereux, ne faites pas ça !).

 

– L’autre option, c’est de traverser le môle Léon Gourret à pied puis de prendre le bus (ligne 35S). Il y a un bus toutes les 20 minutes, mais armez-vous de patience parce qu’un bateau de croisière qui débarque, ça vous remplit quelques bus.

 

– Reste enfin (et c’est votre dernière solution), nos fameux taxis marseillais qui se feront un plaisir de vous déposer où vous le voulez pour une somme déterminée en fonction de votre tête de touriste (évitez de parler anglais).

 

– Alors forcément, vous comprendrez que nos amis croisiéristes profitent habituellement de leur escale marseillaise pour rester à bord ou, dans le meilleur des cas, payer une visite guidée à leur compagnie (typiquement à Aix-en-Provence).

 

– Évidemment, il se peut aussi que vous partiez de Marseille.

 

– Sachez dans ce cas qu’il n’existe aucune liaison directe entre la gare Saint Charles et le terminal des croisières. Vous allez devoir découvrir notre métro (pas compliqué : il n’y a que deux lignes), prendre le bus puis marcher un bon kilomètre.

– Oui, avec vos bagages, les enfants qui sont fatigués et grand-père qui n’est plus tout jeune.

 

– Il n’existe pas non-plus de liaison directe avec l’aéroport. Ce dernier vous propose, au mieux, de vous déposer gare Saint Charles (et vous connaissez déjà la sanction).

 

– Dans le meilleur des cas, votre compagnie a prévu un transfert depuis la gare ou l’aéroport. Sinon, vous êtes bons pour nos célèbres taxis marseillais.

 

– Dans les mois qui viennent, on attend pratiquement un bateau – soit 2000 à 6000 passagers – par jour. Il serait peut-être temps de trouver un moyen de les accueillir correctement.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (2)

  1. J’ai beaucoup travaillé dans les années 90 à l’accueil des bateaux de croisières à Marseille.
    Nous avions proposé à l’époque d’aménager pour les escales le J1, un beau quai, situé au bout du Vieux Port, qui permettait aux croisiéristes un accès direct au centre-ville à pied.
    Quel ne fut pas notre étonnement de nous voir répondre par les armateurs qu’il n’était pas question de quitter le môle Léon Gourret, car cela leur permettait d’avoir une clientèle « captive » qui devait forcément, pour profiter de leur escale marseillaise, consommer les excursions ou les shuttles vendus à bord !
    Finalement, ce n’est pas plus mal, le J1 accueille aujourd’hui le Mucem, nouvel étendard prestigieux de la ville, et les armateurs peuvent faire de bien meilleurs bénéfices lors de leur escale marseillaise, grâce à l’éloignement du navire.
    Méfions-nous des faux semblants.
    Stephane TARRAZI
    AILLEURS CULTURE
    Web : http://www.ailleurs-culture.com/evenements

  2. J’ai beaucoup travaillé dans les années 90 à l’accueil des bateaux de croisières à Marseille.
    Nous avions proposé à l’époque d’aménager pour les escales le J1, un beau quai, situé au bout du Vieux Port, qui permettait aux croisiéristes un accès direct au centre-ville à pied.
    Quel ne fut pas notre étonnement de nous voir répondre par les armateurs qu’il n’était pas question de quitter le môle Léon Gourret, car cela leur permettait d’avoir une clientèle « captive » qui devait forcément, pour profiter de leur escale marseillaise, consommer les excursions ou les shuttles vendus à bord !
    Finalement, ce n’est pas plus mal, le J1 accueille aujourd’hui le Mucem, nouvel étendard prestigieux de la ville, et les armateurs peuvent faire de bien meilleurs bénéfices lors de leur escale marseillaise, grâce à l’éloignement du navire.
    Méfions-nous des faux semblants.
    Stephane TARRAZI
    AILLEURS CULTURE

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