Caméra thermique pour éviter le propagation des virus

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Dès 1960 apparaît la première camera thermique. Depuis le marché s’est structuré, dominé par l’industrie chinoise, américain et allemande.

Interview : Régis Avenel, chargé de la communication pour la branche européenne de Dahua

I-tourisme : Parlez-nous de votre caméra thermique ?

Régis Avenel : Nous sommes un constructeur chinois spécialisé dans la vidéosurveillance. Dès le début de cette pandémie en Chine, nous avons lancé en collaboration avec le corps médical, un projet de caméra thermographique avec une marge de 0,3 degré de précision. Avec cette finesse de sensibilité, ce type de matériel devient opérationnel pour mesurer la température d’un individu.

I-tourisme C’est légal ?

Parfaitement. Je ne parle pas de la reconnaissance faciale qui n’est pas autorisée en France, même si elle est pratiquée en Chine. Mais, oui vous êtes conforme à la loi si vous réalisez une captation de visage, sans enregistrement et sans mettre de nom dessus.

I-tourisme : Comment fonctionne votre caméra thermique ?

RA : Ce n’est pas une caméra au sens entendu par le public, filmant des images. Il s’agir d’un détecteur thermographique. Il mesure ce que vous ne voyez pas, comme la température du corps humain. Par exemple, il devient possible d’apercevoir quelqu’un se cachant derrière une haie en colorimétrie. Ce n’est pas l’image qui va apparaître, mais la couleur des températures. Nous pouvons repérer tous les niveaux et échelonner par une programmation algorithmique les seuils autorisés, par exemple à l’embarquement d’un avion. C’est de la recherche intelligente qui dans le cas de cette pandémie apporte les solutions avec une précision suffisante pour détecter les personnes avec potentiellement de la fièvre.

I-tourisme: Comment régler la température du capteur alors que la chaleur moyenne d’un corps varie d’une saison à l’autre ?

RA : Nous allons nous servir de ce que nous appelons le « corps noir » consistant en un boîtier, positionné dans le champ de vision de la caméra thermique qui va définir la température point de référence. Il faut bien adapter cette donnée, car comme pour l’ADN, chaque personne à sa propre température. En général, 37,5 C° reste une bonne moyenne. À titre de comparaison, utiliser un thermomètre frontal demeure moins précis. Notre technologie a pour but la prévention sans discrimination.

I-tourisme : Il y a beaucoup de constructeurs qui propose cette solution ?

RA : Oui, mais il faut être capable de garantir la précision. Une approximation de la chaleur émise avec une variation d’un degré n’est pas suffisante. Il est indispensable de parvenir à mesurer la température à 0,3 degré près. De plus, j’évoquais la recherche intelligente. Le matériel peut combiner une double optique : une pour la température et l’autre pour détecter le port du masque ou son absence. Par exemple, pour contrôler l’embarquement de passagers, vous pouvez programmer un seuil de température à ne pas dépasser et le port du masque obligatoire. Notre matériel autorise cette combinaison.

I-tourisme : À qui s’adresse cette solution ?

RA : Principalement au secteur tertiaire. Nous équipons déjà des entreprises, mais nous avons en ce moment une très forte demande dans le secteur du tourisme. Je suis en relation avec les ports et certains croisiéristes. Tous les aéroports de France commencent aussi à nous faire parvenir leurs demandes, pour connaître tous les détails de notre solution et savoir le budget qu’ils doivent y investir.

I-tourisme : C’est un marché en forte croissance ?

RA : Oui, mais l’état tarde à indiquer de protocole sanitaire à suivre. Pourtant, l’actualité n’attend plus. Le port du masque va se généraliser dans certaines situations et les caméras thermiques seront sans doute obligatoires à des endroits stratégiques. Je pense que dans les 10 jours qui vont suivre, nous allons recevoir des directives du ministère sur toutes les zones à risques à couvrir. À titre de comparaison, en Corée du Sud ou en Chine, tous ces systèmes sont déjà installés dans les lieux publics comme les aéroports.

I-tourisme : C’est compliqué à mettre en place ?

RA : Non, tout s’effectue sans interrompre les allées et venues des voyageurs et s’installe avec quelques clics en seulement deux heures de temps.

I-tourisme : À quel coût ?

RA : Le prix ne sera pas le même pour une ou 100 caméras. Le prix de base commence à 9000 euros accompagnés de dégressif en fonction des quantités posées. Bien sûr c’est un investissement. Mais il se présente comme la solution pour préserver un secteur comme le tourisme qui doit garantir la sécurité des voyageurs. Ensuite, ce matériel enrichit les données marketing par une simple programmation. Par exemple, pour mieux connaître la typologie de ses clients, leur âge, leur sexe et toutes autres caractéristiques que ce soit à l’embarquement ou dans un grand magasin. Le tout en préservant la vie privée des individus puisque vous n’observez que des masses, des styles, des tendances.

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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