Covid-19 : mais que fait la police ? (de l’air… !)

i-tourisme

Je dénonce l’incapacité de la France à s’appuyer sur une technologie adaptée pour combattre cette pandémie.

Avant de laisser libre cours à mon indignation, je tiens tout d’abord à saluer la prouesse accomplie par l’EDV et le Seto d’avoir œuvré si efficacement et ce dans un délai aussi court, pour que soit adoptée l’ordonnance n°2020-315 autorisant la délivrance d’un avoir en lieu et place du remboursement des sommes versées par les voyageurs.

J’insiste sur ce point, révélateur de mon état d’esprit : je sais reconnaître et applaudir les avancées et les actions positives lorsqu’elles ont lieu, tout comme je dénonce avec force les manquements lorsqu’ils sont manifestes.

Néanmoins j’exprime un regret : si cet arrêté encadre les délais de report concernant les voyages à forfait, pourquoi ne pas avoir également demandé au gouvernement français de faire de même pour les compagnies aériennes, ainsi que pour les principaux brookers hôteliers & réceptifs, à savoir un à-valoir sur 18 mois ?

La tâche de l’Agent de voyage devient insurmontable, étant donné :

  • Que les conditions sont propres à chaque compagnie. Nous avons donc à gérer des dizaines de conditions, toutes différentes générant des centaines d’email et de coups de téléphone.
  • De plus les procédures évoluent régulièrement puisque rien n’est encadré et ni homogène.
  • Enfin, ces dispositions, volontairement ou non ne sont pas toujours claires, ce qui oblige un travail d’interprétation systématique.

Il en va de même pour les brookers. Lorsqu’on sait qu’au sein même de l’Union européenne, il y a autant de diversité dans les règles que d’acteurs. Dans ce cadre de cette crise, le suivit des dossiers entraîne une somme de travail considérable, sans percevoir, je le rappelle, aucune recette…

Le travail devient titanesque avant de créer l’à-valoir, compte tenu de la vérification de chaque règle de report qui s’impose pour chaque fournisseur. Particulièrement en ce qui concerne les packages dynamiques ! Sur un seul dossier, autant de prestations que de vérifications : Préacheminement, Vol, Transferts, Hébergement, Excursions ! Comme chaque prestataire édicte ses propres règles de report, vous imaginez la lourdeur de la tâche lorsqu’elle se multiplie par le nombre de dossiers !…

Mon coup de Gueule

Mais je destine « mon coup de Gueule » à un autre sujet : dénoncer l’incapacité de la France à s’appuyer sur une technologie adaptée pour combattre cette pandémie. Je pense ici à l’installation de caméras thermiques dans les lieux publics dans le but de mesurer les températures corporelles. Les contrôles aux sorties et entrées des avions dans la plupart des aéroports asiatiques viennent de démontrer leur efficacité et ainsi leur capacité à enrayer la propagation du virus.

La première caméra infrarouge commerciale existe depuis 1960. ! Avec ce type de matériel, les passagers atteints de fièvre lors de leur embarquement sont détectés et isolés afin d’éviter la contagion.

La mise en place de ces caméras dans les aéroports, les gares, les lieux publics, les terminaux et les locaux de société de plus de 10 personnes, se révèle être un moyen, non invasif, très efficace pour examiner la foule en mouvement. Elles sont dotées d’un ATC (Automatic Temperature Compensator), dispositif qui corrige les relevés en fonction des conditions environnantes. La température élevée de la peau se détecte immédiatement via la couleur des images. Elles indiquent la présence de fièvre possiblement causée par une maladie infectieuse. Ensuite, il revient à l’opérateur visionnant ses écrans de diriger la personne vers un examen plus approfondi.

Est-ce une technologie lourde à mettre en place ? Pas le moins du monde : il suffit que les caméras soient correctement positionnées. Bien entendu, il reste obligatoire qu’un opérateur regarde ces images. Mais la simple observation des couleurs, qui peut se doubler d’une alarme sonore, suffit pour distinguer la ou les personnes à risque.

Pourquoi la France ne s’est pas dotée de cette technologie ? Les infections virales et bactériennes qui se transmettent d’une personne à une autre par le contact ou par l’air posent un grave problème de santé. Elles ne sont pas nouvelles : la grippe aviaire, porcine, le H1N1 et l’épidémie bactérienne comme le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). La multiplication des voyages internationaux et des déplacements d’affaires nécessite une politique globale et cohérente, rapide et efficace de prévention de ces maladies.

La thermographie infrarouge peut contribuer à la détection d’une température corporelle élevée et être systématisée comme outil complémentaire de diagnostic. À la lumière de cette pandémie du Covid-19, il s’agit de réagir, autrement que par un confinement qui ne résout qu’une partie du problème. Les autorités de santé publique sont à la recherche d’une méthode rapide, facile, fiable, sans contact et non invasive. Cette technologie existe, elle est déjà utilisée avec succès dans certains pays du monde entier pour examiner les passagers arrivant en grand nombre. Elle s’est révélée une méthode de détection fiable et efficace.

Comment se fait-il qu’en France aucun moyen similaire ne soit mis en place. ?

Les caméras infrarouges

La thermographie infrarouge fournit en temps réel une image des températures de la peau en mesurant avec une grande précision les différences. Ces caméras avec ATC (Automatic Temperature Compensator), génèrent des images assorties d’une échelle de couleur et de température. Elles intègrent des fonctions comme une alarme sonore, déclenchée lorsqu’un seuil de température est dépassé. Ces fonctions facilitent la décision de l’opérateur, qui peut instantanément orienter la personne concernée vers un examen médical. Comme la caméra produit des images en temps réel (à une fréquence de 30 Hz), la durée totale de l’évaluation est de moins d’une seconde. Cela rend la thermographie infrarouge très utile pour passer en revue rapidement de grands groupes de personnes. Dispositif ATC exclusif permet de réduire les erreurs : la température de la peau n’étant pas celle de l’organisme. L’endroit le plus pratique et donnant les résultats les plus fiables (car la température y est proche de celle du centre du corps humain) est le coin des yeux, là où débouche le canal lacrymal (porteur des larmes).

 La température

Les autorités de santé publique se souviennent douloureusement que le SRAS a emporté 10 % des personnes touchées. De même, à un moment donné, le taux de mortalité de la grippe aviaire H5N1 a dépassé 50 % en Asie et en Europe. Le virus de grippe étant capable de muter rapidement, les scientifiques risquent de se trouver toujours en arrière pour produire des vaccins efficaces. À l’inverse, la thermographie infrarouge assure une solution efficace pour détecter les personnes à risques. La température du corps humain est un phénomène complexe. L’homme est homéotherme ; son organisme produit de la chaleur qui doit être évacuée dans l’environnement pour conserver sa température interne. L’interface entre cette production de chaleur et l’environnement est constituée par la peau. Cet organe dynamique s’adapte constamment pour équilibrer les exigences physiologiques du corps et les conditions externes. Mais un dérèglement devient un système d’alarme. Une caméra infrarouge produit des images thermiques où même les plus petites différences de température sont visibles. Pourquoi la France n’a-t-elle pas généralisé la mise en place de ces technologies ?

J’en finirai là pour aujourd’hui, sur une suggestion :

Pourquoi les compagnies aériennes ne fourniraient-elles pas (quitte à intégrer cette dépense dans le prix du billet), dès l’enregistrement, ou à l’arrivée dans l’avion, un masque, du gel hydro-alcoolique, voire des gants ?

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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