Droit à la déconnexion : Respirez, déconnectez !

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Le droit à la déconnexion existe, surtout dans une société hyper connectée. En effet les cadres considèrent l’accès aux communications professionnelles, pendant leurs absences, comme un facteur de stress. Cependant, ces outils de connexion, dans le cadre du temps de travail, sont considérés comme positif. Le numérique : efficace ou mais intrusif ? C’est la question posée par Securex, spécialiste dans la gestion du capital humain.
Avec l’IFOP et pour la deuxième année consécutive, ils se sont penchés sur le ressenti des employés face aux nouvelles technologies. Le constat est frappant.

Le constat

 

Avec l’utilisation du numérique, désormais incontournable dans le monde professionnel, ce sont les modes de travail qui évoluent. Les salariés sont de plus en plus « connectés » en dehors des heures de bureau. La frontière entre vie professionnelle et personnelle est ténue. Le temps de travail n’est plus continu… C’est donc pour s’adapter à cette réalité et créer les protections nécessaires à la santé des salariés qu’un droit à la déconnexion est inscrit dans la loi.

Les mesures

 

La loi introduira pour la première fois dans notre droit du travail un « droit à la déconnexion » qui s’appliquera à tous les salariés. Les entreprises auront le devoir de mettre en place des instruments de régulation de l’outil numérique. Ces mesures viseront à assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale.

 

3 cadres sur 4 consultent leurs communications professionnelles pendant les congés et les week-ends et 51% d’entre eux considèrent comme un facteur de stress cette fenêtre permanente au travail. Si bien que depuis le début de l’année la loi a évolué sur ce sujet. Pour François Delpierre, responsable du pôle Formations et Prévention de Securex : « Le ressenti des cadres entre 2016 et 2017 n’évolue pas en faveur d’une perception de meilleur qualité de vie dans le travail. En effet, malgré un législateur toujours plus responsabilisant face aux entreprises, les invitant à travailler sur le bien-être des collaborateurs, la prévention des risques ou encore le droit à la déconnexion, les salariés ne voient visiblement pas leur quotidien s’améliorer. Préserver son Capital Humain pour gagner en performance est de plus en plus une ambition au sein des entreprises, mais définir les actions concrètes et les mettre en place reste encore complexe ». Mais alors, cette loi est-elle réellement mise en oeuvre ?

L’application, ou pas

 

Selon l’étude IFOP-Securex sur ce sujet, 52% des cadres affirment que leur entreprise ne s’est pas engagée dans l’application de ce droit. Cette proportion s’élève à 63% dans les structures de moins de 50 salariés. Parmi les 48% qui estiment au contraire que leur employeur s’est engagé dans l’application de ce droit, seuls 21% déclarent que leur entreprise a déjà mis en place des mesures, 27% affirmant que si elle s’est engagée, cela ne s’est pas encore traduit par des mesures réelles. Les organisations ont des difficultés à mettre en place des actions concrètes. Pourquoi ?

Donc :

 

Selon l’étude IFOP-Securex sur ce sujet, 52% des cadres affirment que leur entreprise ne s’est pas engagée dans l’application de ce droit. Cette proportion s’élève à 63% dans celles de moins de 50 salariés. Parmi les 48% qui estiment au contraire que c’est le cas, seuls 21% déclarent que les mesures sont en place. Pire, 27% affirmant que si leur entreprise s’est engagée, cela ne s’est pas encore traduit par des mesures réelles. Il semble bien que le passage à des plans d’action concrets soit bel est bien une gageure. Pourquoi ?

Une maturité nécessaire

 

On constate aujourd’hui que les recettes miracles censées fonctionner pour toutes les entreprises et tous les salariés ne sont pas appliquées. Selon François Delpierre : « Seules les entreprises, ayant opté pour des plans d’action personnalisés et surtout adaptés à leur culture, à leur niveau de maturité, à leur niveau d’exigence et surtout à leur capital humain, ont obtenu de réels résultats et ont amélioré significativement la qualité de vie au travail ».

Le droit à la déconnexion va certainement suivre la même évolution.
Quelques entreprises ont déjà formalisé des accords ou encore intégré le sujet dans leur politique RH mais les actions ne sont pas encore mises en place ou ressenties par les salariés.

Les nouveaux usages favorisent cette hyper connexion

 

Beaucoup de solutions collaboratives et mobiles se multiplient sous forme de réseaux sociaux d’entreprises ou d’applications à l’aide de plateformes qui permettent de suivre la gestion opérationnelle de l’entreprise. Est-ce là un premier pas vers l’hyper connexion ? Le mode de fonctionnement de l’entreprise et les outils en relation ont changé. Les générations actuelles et futures ont également de nouveaux codes et modes de communication. Ces nouveaux usages ont pour vocation première de faciliter l’activité, la réactivité et surtout la performance de l’entreprise. « C’est leur utilisation abusive où les dérives comportementales qui sont un premier pas vers l’hyper connexion » explique le responsable du pôle Formations et Prévention de Securex.

Les bons côtés

 

Autant l’accès à ces outils dans une optique professionnelle est perçu comme une source de stress, autant leur utilisation dans le cadre du temps de travail a un impact positif. 64% des cadres considèrent en effet qu’elles permettent d’améliorer la qualité de vie au travail soit une hausse de 4 points sur un an.
Ce n’est donc pas un usage des nouvelles technologies dans l’environnement professionnel qui est remis en question mais le fait qu’elles contribuent à rendre poreuse la frontière séparant vie privée et vie professionnelle.

Responsabilité

 

Dans cette société hyper connectée, l’entreprise doit donc garantir un cadre d’utilisation acceptable, un management adapté et une discipline pour chacun. François Delpierre conclut : « La clé de succès restera toujours la mise en place des actions spécifiques à l’entreprise, en accord avec la maturité de ses effectifs et donc sa culture d’entreprise. Plus les hommes seront au cœur du dispositif, plus le bien-être des salariés sera préservé. »
Selon une étude Eléas 37% des actifs utilisent les outils numériques professionnels hors temps de travail et 62% des actifs réclament une régulation des outils numériques professionnels. La responsabilité de l’entreprise est donc engagée.

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