La Casamance, nouvelle perle touristique du Sénégal

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Alors que le Sénégal ambitionne de doubler son nombre de visiteurs en moins de quatre ans, le pays mise sur une région jusqu’ici sous-cotée et qui propose de nombreuses activités pour les touristes : la Casamance.

 

Longtemps, la Casamance est restée coupée du reste du pays par l’État de Gambie. Mais ses forêts denses, ses paysages singuliers, ses plages et ses villages traditionnels bordant le fleuve Casamance ont poussé les autorités sénégalaises à classer cette région « zone touristique d’intérêt national ». L’objectif : passer de 1,3 million de visiteurs en 2018 à plus de 3 millions en 2023. Le gouvernement met d’ailleurs tout en œuvre pour atteindre ce but. D’ici la fin de l’année, le pays sera doté de non plus une mais quatre écoles hôtelières, et les avancées en terme d’image sont visibles dans tout le pays.

 

 

Dans la capitale a été construit l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar (AIBD), mais aussi des autoroutes à péage, un TER qui verra le jour en mai, un Musée de la Civilisation Noire, et un pôle économique à Diamniadio. L’immobilier de Saint-Louis est entré au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme le Pays Bassari, dans le Sénégal oriental. Quant à la Casamance, jugée comme la « région sénégalaise ayant le plus de potentiel » par El Hadji Malick Mbaye, chef du bureau du tourisme de l’ambassade du Sénégal en France, son statut de « zone à risque » a récemment été levé par le Quai d’Orsay. De plus, la naissance de la compagnie Air Sénégal, qui propose des vols moins cher qu’Air France, contribuera sans aucun doute à l’essor touristique du Sénégal.

 

 

Selon Jürgen Bachmann, du Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO), cet essor se mesure déjà depuis quatre ans. Comme on peut le constater sur le graphique ci-dessus, la fréquentation du Sénégal par les touristes prenant des forfaits a chuté de près de 65 000 individus entre 2006-2007 et 2014-2015. La faute a un manque de promotion du tourisme par le gouvernement et par l’arrivée sur le marché de nouvelles destinations, dont la Gambie, entourée par le Sénégal mais disposant d’une forte volonté touristique. Avec le réveil des autorités sénégalaises, notamment au sujet de la Casamance, cette tendance s’inverse et le nombre de touristes devrait, dans les années à venir, s’accroître.

 

Une région qui reste à explorer

 

Entre ses plages de sable au sud et sa forêt impénétrable scindée par le fleuve, la Casamance possède une multitude de paysages et d’activités différents. De plus, la région a un fort potentiel de tourisme culturel grâce à la survie de castes multiséculaires et de leurs sites et rites originaux (la Casamance étant plus animiste, la dimension mystique de la région est encore plus grande). Les autorités sénégalaises ont bien saisi l’importance de cette particularité en rénovant les campements situés à proximité des villages, afin d’accueillir de petits groupes de voyageurs.

 

Le sud de la Casamance se développe particulièrement bien. La ville de Ziguinchor est accessible par bateau et avion, tandis que le Cap Skirring, au sud, est devenu une véritable station balnéaire garnie d’hôtels et d’activités nautiques. Tous ces éléments ont contribué à une diversification du tourisme dans la région ces dernières années. Les clients ne sont plus seulement français, mais viennent d’autres pays d’Europe, du Mali, de Guinée-Bissau, de Gambie et même de Dakar.

 

Les améliorations d’accès à la région, avec notamment les connections aériennes et maritimes renforcées, ou la récente construction du pont traversant la Gambie devraient, sans nul doute, contribuer à rendre la Casamance plus attractive encore. Certaines compagnies, telles que Transavia, assurent même la liaison entre Paris et le Cap Skirring. Air Sénégal, quant à elle, propose des vols entre Dakar et Ziguinchor. Le Sénégal met donc toutes les chances de son côté pour capitaliser sur la richesse de la Casamance.

 

Interview de Ngor Ndiaye, ambassadeur du Sénégal.

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