La ville de Madrid s’érige contre Airbnb en régulant les locations touristiques

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Avec sa nouvelle réglementation en matière d’immobilier, la mairie madrilène s’engage dans un bras de fer avec le géant de la location touristique.

 

Pour garder un centre-ville actif et des logements pleins, les villes luttent comme elles peuvent contre Airbnb. C’est le cas de Paris, mais aussi de Madrid, ayant récemment mis à jour sa politique immobilière touristique. La mairie de la capitale espagnole a en effet imposé une limite maximale de 90 jours par an pour la location touristique sans autorisation. Au-delà de ces trois mois, les propriétaires souhaitant louer leur bien sur Airbnb devront demander une licence. Cependant, cette dernière n’est accordée que si le logement loué possède une entrée indépendante du reste de l’immeuble, ce qui est extrêmement rare.

 

Selon cette nouvelle réglementation, plus de 90% des locations Airbnb madrilènes seraient donc jugées illégales. Cela représente environ 10 000 logements de la capitale. L’objectif, pour cette dernière, est de « préserver l’usage résidentiel du centre-ville en freinant la conversion de logements en habitations touristiques temporaires », selon Jose Manuel Calvo, conseiller municipal en charge du développement urbain durable. Cette décision fait suite à un vote au conseil municipal de Madrid, à deux mois des élections municipales. La gauche, représentée par les socialistes et Ahora Madrid, d’où est issue la maire actuelle Manuela Carmena, a approuvé ce décret qui impose à Airbnb de respecter les mêmes normes que les hôtels et les pensions. Les conservateurs du Parti Populaire et les libéraux de Ciudadanos ont quant à eux voté contre.

 

Airbnb fustige la décision de la mairie

 

S’il est difficile de blâmer l’initiative de Madrid, qui voit les prix de ses loyers exploser chaque année et ses habitants migrer de plus en plus loin de l’hypercentre, Airbnb est évidemment lésé. Si la société, qui vient de passer le cap des 500 millions de réservations depuis sa création, reconnaît le manque de logements dont souffre la capitale espagnole, ses critiques envers ces nouvelles normes sont vives. « [Cette nouvelle réglementation] éliminerait la possibilité pour des milliers de familles à Madrid de bénéficier du tourisme, mettant en danger près de 800 millions d’euros d’impact économique et des milliers d’emplois », avait déjà déclaré Arnaldo Muñoz, directeur général d’Airbnb Marketing Services. « Les logements loués plus de 90 jours sur un an en 2018 à Madrid ne représentent que 0,4% du total des locations », a-t-il ajouté.

 

Alors que la mairie de Madrid s’est montrée plus que ferme avec Airbnb, la société maintient que ses normes ne sont pas une solution, et que la ville devrait plutôt se tourner vers ses 153 100 logements vides (chiffre de 2013) pour redynamiser son centre-ville.

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