Le monde du digital : menace ou opportunité ?

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La 4 éme révolution industrielle saura-t-elle trouver les ressources pour protéger notre monde ? Quoi qu’il en soit, Il est de sa responsabilité d’œuvrer à cette mission. Le citoyen le demande avec de plus en plus d’insistance comme le constate Laurent Queige le directeur du Welcome City Lab : « Nous observons une prise de conscience sur le tout technologique qui doit s’accompagner d’un engagement pour construire un monde meilleur, sinon il est porteur de danger. »

L’industrie du tourisme à cet égard sert de round d’observation dans sa capacité à préserver les cultures et les paysages et répondre à la soif de découverte des voyageurs. Laurent Queige poursuit : « la gestion de la data doit s’appuyer sur l’éthique pour savoir construire des barrières pour protéger les voyageurs et en même temps permettre de s’ouvrir sur un tourisme plus responsable. En un mot, il s’agit de se prémunir des excès du tout technologique et par opposition, profiter de ses attributs pour construire un tourisme porteur de sens. »

Et demain ?

Un monde de sens ! Mais quelle garantie donnons-nous à nos enfants ? Michel Desmuget, en observateur avisé avec son livre La fabrique du crétin digital, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans nous interpelle : « La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle, soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire, 1 700 heures pour un écolier de cours moyen, soit 2 années scolaires et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire, soit 2,5 années scolaires. » Bigre !

Danger ?

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen…Sommes-nous devant une menace d’abêtisation à rajouter aux autres dangers comme la pollution ou de dérèglement climatique ? Michel Desmuget continu : « Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : Sur la santé : obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite. Sur le comportement : agressivité, dépression, conduites à risques. Sur les capacités intellectuelles : langage, concentration, mémorisation ». Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes.

Menace ?

La 4 éme révolution industrielle, celle des nouvelles technologies, porte-t-elle intrinsèquement les germes d’une décérébration ? Michel Desmuget n’est pas loin de le penser, en tous cas pour nos enfants. Il est. par contre. bien plus mesuré pour ce qui concerne nos cerveaux d’adulte qui semblent suffisamment armé pour évoluer impunément dans l’univers cathodique. Ça n’empêche, tout reste une question de mesure. « Il faut choisir en tout un milieu juste et bon » proclamait il y a plus de 2000 ans Pythagore qui savait aussi être philosophe quand se terminait ses travaux de mathématicien… L’étude de Lenovo arrive à point nommé pour nous éclairer sur la perception des technologies à travers notre monde moderne. Comme pour le livre de Michel Desmuget, il plusieurs lectures, mais le plus surprenant reste quand même le ressenti positif là ou on ne l’attendait pas : sa contribution à la tolérance et à la bienveillance…

La technologie impacte les valeurs humaines, notamment à travers la Réalité Virtuelle

 Tandis que peu réfutent le fait que la technologie contribue à l’amélioration des conditions de vie, une nouvelle étude globale menée par Lenovo a dévoilé qu’une part importante des personnes interrogées ont le sentiment que la technologie a le pouvoir de nous rendre plus compréhensifs, tolérants, bienveillants et ouverts d’esprit. L’étude a interrogé plus de 15 000 personnes originaires des États-Unis, du Mexique, du Brésil, de Chine, d’Inde, du Japon, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France et d’Italie. Elle a permis de révéler que neuf participants sur dix (89 %) pensent que la technologie joue un rôle majeur dans leur vie quotidienne et que 84 % estiment qu’elle améliore leur vie.

Les gens plus ouverts d’esprit et tolérants

Bien qu’il soit possible de supposer que la technologie affecte les vies de chacun principalement en aidant à accomplir les tâches du quotidien : telles que les e-mails, le streaming, etc, Lenovo a découvert que dans de nombreux cas, elle affecte également fortement les valeurs humaines. Par exemple, 38 % des participants pensent que les appareils intelligents tels que les PC, les tablettes, les smartphones et la VR (réalité virtuelle) rendent les gens plus ouverts d’esprit et tolérants. Plus d’un tiers (35 %) pense aussi que la technologie rend plus compréhensif et empathique.

Les réseaux sociaux aussi

Il est probable que la montée des réseaux sociaux et des plateformes de partage de vidéos en soit la clé. En effet, ils permettent de connecter des gens de différents pays et de différentes cultures en leur offrant une vision de leur vie via des publications sur les réseaux sociaux, des vidéos et d’autres types de contenu. 70 % de personnes interrogées pensent que la technologie attise la « curiosité », largement dû au fait qu’elle offre une fenêtre sur le monde, et autrui.

Bienveillant

L’étude a également dévoilé qu’un tiers (32 %) pense que la technologie rend plus bienveillant. Il est probable que ce soit le résultat de la prévalence accrue des plateformes de dons caritatifs permettant aux gens de faire des dons en ligne et de partager leurs actions via les réseaux sociaux. Jocelyn Brewer, psychologue et fondatrice de Digital Nutrition, commente : « La technologie est souvent accusée d’affaiblir l’empathie, la capacité innée de la plupart des êtres humains à identifier et comprendre les émotions et expériences d’autrui. Toutefois, lorsque l’on exploite les progrès technologiques à des fins positives, elle peut aider à promouvoir des expériences plus riches qui développent l’empathie et poussent les gens à agir pour des causes qui leur tiennent à cœur. »

Empathie et compréhension

Les participants à l’étude pensent également que les technologies émergentes pourraient affecter davantage les valeurs humaines à l’avenir. En effet, deux tiers (66 %) affirment que la VR a le potentiel de développer l’empathie et la compréhension, et d’aider les gens à être connectés émotionnellement à d’autres personnes du monde entier en voyant le monde au travers de leurs yeux. Jocelyn Brewer ajoute : « Développer la capacité à imaginer et connecter les expériences et perspectives d’une multitude de personnes différentes peut aider à améliorer la santé mentale et à stimuler des relations plus profondes et significatives. La technologie peut être utilisée pour compléter nos connexions, pas forcément comme fondation. »

Différence

Les participants à l’étude ont également souligné : La réalité virtuelle offre à ceux qui pensent le monde parfait un aperçu de la vie d’autrui et leur permet de se rendre compte de la souffrance et de la peine qu’endurent certaines personnes au quotidien. Dilip Bhatia, vice-président de l’expérience client et utilisateur chez Lenovo, déclare : « De diverses façons, la société devient plus polarisée, et nombre d’entre nous sont entourés de ceux qui partagent la même vision et les mêmes opinions. Ceci peut renforcer des visions justifiées ou erronées et amener à vivre dans une sorte de caisse de résonance. Nous pensons que la technologie intelligente a le pouvoir de transformer nos visions du monde de façon intelligente, en les mettant à la place d’autrui et en leur permettant de vivre leur vie par procuration, ce qui peut conduire à une meilleure compréhension du monde et de l’expérience humaine. »

L’autre face de la médaille

Bien entendu, une même pièce a toujours deux faces, et certains participants ont au contraire le sentiment que la technologie peut diviser les gens. Par exemple, 60 % des participants à l’étude s’accordent pour dire que la technologie rend les gens plus critiques à l’égard d’autrui, particulièrement par le biais des réseaux sociaux. La nature « instantanée » d’Internet a également des effets secondaires. Par exemple, 43 % des participants pensent que la technologie affecte négativement la patience des gens, tandis que 59 % disent qu’elle peut rendre « fainéant » et 49 % « égoïste ».

Empathie et la tolérance

Pour Lenovo il est important de donner l’exemple en mettant en avant des qualités comme l’empathie et la tolérance. Et Dilip Bhatia de conclure : « Il est possible d’y parvenir via l’utilisation d’une technologie intelligente pour connecter des gens d’horizons variés ou en offrant la possibilité de découvrir leur monde en VR. Plus l’ouverture à la diversité est importante, plus les êtres humains seront susceptibles de faire preuve d’empathie. Et c’est une bonne chose. »

À propos de cette étude

Lenovo a interrogé 15 226 personnes en sept langues et dans 10 marchés mondiaux, dont les États-Unis, le Mexique, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie. L’échantillon de participants est représentatif à l’échelle nationale d’une population adulte en ligne (18 et plus) de chaque marché.

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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