Les centrales de réservation sont mortes : vive la résa centralisée

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C’est sur cette affirmation que Thomas Saison, directeur marketing et vente de SAP Plagne, présente le profil de l’agence de voyage en ligne : La Plagne Resort qui vient d’être lancée. Pour lui elle préfigure l’aube d’une nouvelle révolution digitale pour tous les offices de tourisme.

Quelle est la situation ?

Les centrales de réservation sont héritières d’un modèle s’efforçant de mixer le cadre institutionnel des offices de tourisme avec une fenêtre d’ouverture sur les ventes. Seulement voilà, le côté marchand repose aujourd’hui sur du temps réel et surtout la capacité de se connecter à des flux de sources extérieures. C’est exactement le rôle dévolu à une OTA ce qui reste très éloigné de ce que la centrale ‘’dite’’ de réservation est capable de faire.

Après un audit de plus d’un an, il est apparu que la seule issue possible pour la première station du monde consistait, ni plus ni moins, à monter une OTA. Il s’agissait d’une part de remplacer l’ancienne centrale de réservation, mais surtout de satisfaire aux codes actuels de l’expérience client : apporter de la profondeur verticale de l’inspiration à la réservation et étendre le périmètre horizontal pour inclure l’ensemble des éléments constitutifs du package. Ainsi, la nouvelle agence en ligne, fruit d’une collaboration entre l’office de tourisme, le domaine skiable et Orchestra, est née. Elle propose :

  • Hébergement
  • Transport avec l’inédit train ou avion
  • Activités
  • Cours de ski
  • Location de matériel
  • Transfert

Thomas Saison explique : «  Nous nous positionnons comme des professionnels de l’offre locale en exerçant un contrôle total des flux en mode agile. Notre avantage concurrentiel s’appuie sur ’une promesse d’une exemplaire granularité. C’est ce que nous démontrons avec le descriptif des produits et l’entendu du package. »  Plagne Resort se présente avec une double entrée : un onglet inspirationnel pour les vacanciers qui découvre la station et un classique moteur de recherche pour les visiteurs qui souhaitent enrichir leur expérience vacances.

  1. La première concerne les néophytes et cherche à mieux connaître les envies du client pour répondre le plus justement à ses attentes. Vient-il avec des enfants ? Que cherche-t-il à la montagne ? Séjour grand ski ou déconnexion totale ?
  2. La seconde s’adresse aux initiés, aux aficionados de la station. Ils peuvent directement choisir dates, lieu et composantes d’un séjour qui leur ressemblera trait pour trait. Le “à la carte” n’est pas oublié,  permettant de composer son package comme bon lui semble. Le vacancier peut ainsi réserver un billet de train SNCF, un hôtel et une descente en bobsleigh, sur cette même plateforme.

La Plagne applique, pour son seul profit, la formule que Travelski a lancée avec succès il y a déjà 17 ans. Du coup, le risque de se trouver en concurrence frontale avec eux existe réellement avec la difficulté de rester compétitif devant une centrale qui sait profiter de son effet volume avec ses 86 stations ! Thomas Saison s’en défend : « je n’exclus pas la possibilité d’afficher de meilleur prix sur certaines verticales. Mais le but n’est pas là. Notre approche repose avant tout sur la finesse qualitative de l’offre. Plagne Resort fonctionne comme une plateforme matchant dans les 2 sens : je produis ce que je suis capable de distribuer et je distribue ce que je suis capable de produire. » Avec tous les attributs de la market place : licence, mise en relation, achat en ligne connecté aux stocks, temps réel, etc. Plus de compétition entre les différents canaux, mais bien une approche globale avec un seul objectif : l’expérience client.

L’OTA des stations

Thomas saison poursuit : « C’est Plagne Resort qui encaisse. L’agence contrôle la vente de la réservation à l’achat, ce que ne fait pas un Booking du genre. Pour le client c’est une garantie de qualité. Qu’il soit de Pékin, Londres ou Paris il doit percevoir qu’il est pris en charge globalement avec la promesse d’un service de A à Z, labélisé par notre marque. »

Incontestablement, cette OTA de station va interpeler le secteur. Le modèle est-il duplicable pour d’autres stations ? « Parfaitement déclare Christian Sabbagh puisque l’architecture informatique existe dorénavant. » Est pour autant que tous les offices de tourisme vont lancer leur OTA ? Sur ce sujet le président d’Orchestra se montre beaucoup plus circonspect : « Il faut qu’ils commencent à monter une entité juridique mixant le privé et le public. C’est la condition indispensable pour faire avancer un projet technologique en s’affranchissant des lourdeurs et des contingences administratives. »

La Plagne s’enorgueillit d’être parvenue à le faire. L’agence en ligne est pilotée par une SA détenue à 50% par le privé (compagnie des Alpes) et 50% par le public. Cette association privée/publique entend faire bouger les lignes. Chaque socioprofessionnel de la station est invité à prendre part à ce projet. La proximité commerciale devient un atout de poids : la quasi-totalité des hébergeurs est intégrée, tout comme les écoles de skis, prestataires d’activités ou de service.

Pas sûr que les autres offices de tourisme soient prêts à satisfaire à cette exigence. Pour autant, cette market place mixant le transport (MysterFly), l’hébergement avec des API des principales agences immobilières, la mutualisation des offres locales va révolutionner la vielle centrale de réservation. De plus, conclut Thomas Saison : « tout ce que je rentre dans le système je peux le ressortir au profit d’un carrefour voyages ou d’un Selectour. Ce qui veut dire que notre site BtoC peut se présenter pour la distribution en BtoBtoc. ».

Une chose est sûre, nous allons reparler de cette OTA des stations

 

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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Vos réactions

  1. Bonjour,
    merci de nous expliquer en quoi ce système est si révolutionnaire !
    A part la réservation de transport, et encore, impossible de réserver le train 3 mois à l’avance, il n’y a absolument rien de nouveau !
    Comme à son habitude, La Plagne se targue d’être innovant sans aucune innovation réelle derrière…

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