L’Île-de-France multiplie les initiatives pour attirer les touristes chinois

i-tourisme

Les acteurs franciliens du tourisme se sont réunis ce jeudi, autour d’une table ronde*, pour évoquer l’importance des touristes chinois en France, et les moyens mis en œuvre pour les accueillir.

 

Organisé par Europass, une solution de tourisme et de paiement en ligne à destination des touristes individuels chinois, le Congrès des décideurs du tourisme chinois a vu émerger de nombreuses initiatives destinées aux visiteurs de l’Empire du Milieu. Il faut dire que ces derniers représentent un potentiel touristique quasiment illimité, puisque seuls 10% des Chinois ont un passeport. D’autant qu’ils sont les voyageurs les plus dépensiers au monde et qu’ils « apprécient le patrimoine et la culture de la France plus que certains Français », selon les dires de Guillaume de Roquefeuil, fondateur et directeur de Europass.

 

En 2018, la France a accueilli 3,8% de touristes chinois de plus qu’en 2017, ce qui représente plus de 44 000 individus supplémentaires. Mais, pour les décideurs franciliens du tourisme, ce n’est encore pas assez. « Nous devons nous adapter aux habitudes et aux besoins des Chinois, affirme Hamida Rezeg, vice-présidente de la région Île-de-France et chargée du tourisme. Nous avons donc créé un parcours shopping sur le boulevard Haussmann et avons signé un partenariat avec Alibaba. » Alipay, la solution de paiement du géant chinois, est en effet disponible dans les aéroports Paris Charles de Gaulle. La sécurité est aussi à l’honneur, avec la mise en place d’un hotline ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les touristes chinois, ainsi que de quatre commissariats mobiles.

 

Hamida Rezeg au Congrès des décideurs du tourisme chinois.

 

Le « Cashless » comme mot d’ordre

 

« En Chine, j’ai vu un SDF avec un QR code pour que les passants leur versent une somme via leur téléphone ! » Si cette anecdote de Vincent Jeanbrun, conseiller spécial de la région Île-de-France délégué à l’emploi, n’a rien d’un idéal humain, elle souligne le rôle prépondérant qu’a pris le paiement par mobile en Chine. C’est ce modèle que les professionnels du tourisme français veulent importer en France. Avec des plateformes utilisées par la majorité des Chinois comme Alipay ou WeChat pay, Paris espère attirer et plaire à encore plus de visiteurs.

 

Les groupes de transport franciliens l’ont bien compris : SNCF gares et connexions a créé son compte WeChat pour « aider et offrir une nouvelle expériences aux touristes », et la RATP a fait de même. « Les Chinois sont de moins en moins en groupes et pratiquent plus le tourisme individuel, déclare Caroline Dupuy, directrice marketing de la RATP. 90% d’entre eux prennent le métro, qui fait partie de l’imaginaire collectif parisien, 76% le bus Paris pour les visites. Notre compte WeChat permet donc de calculer les itinéraires, de donner des renseignements sur les monuments et les musées, et intègre aussi une solution de paiement. » Cette initiative ambitieuse permettrait à la RATP d’être « le premier réseau de transport au monde » sur le réseau chinois.

 

Mettre en avant la région et la formation

 

Si la cible des acteurs franciliens est le touriste individuel chinois, on cherche aussi à lui procurer une expérience totale, en lui proposant plusieurs parcours. Ainsi, outre les tant convoités monuments et musées de la capitale, des parcours régionaux ont été et vont être mis en place, selon Christophe Decloux, directeur général du comité régional du tourisme. Si Versailles reste un lieu privilégié par les touristes, ce sera l’occasion de mettre en exergue d’autres villes de la région comme Meaux ou bien Provins, dont la cité médiévale est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

La cité médiévale de Provins, en Seine-et-Marne.

 

Pour pouvoir accueillir toujours plus de touristes chinois dans les prochaines années, la région Île-de-France va aussi devoir se doter de main d’œuvre hôtelière. « Notre premier rôle, en tant que région, est de former des hommes et des femmes qui seront en capacité d’accueillir des touristes, abonde Vincent Jeanbrun. Nous devons trouver des emplois pour les jeunes franciliens. » Ces ambitions sont d’autant plus réalisables que la région Île-de-France s’est vue offrir par l’État un chèque de 250 millions d’euros, ce qui double quasiment le budget de la formation au tourisme. Une attention toute particulière donnée à ce secteur qui intervient à cinq ans des Jeux Olympiques de Paris.

 

 

* Étaient présents à la table ronde du Congrès des décideurs du tourisme chinois :

 

Corinne Menegaux, directrice générale de l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris ;

Vincent Jeanbrun, conseiller spécial de la région Île-de-France délégué à l’emploi ;

Christophe Decloux, directeur général du Comité Régional du tourisme d’ïle-de-France ;

Tim Fairhurst, secrétaire général de l’European Tourism Association (ETOA) ;

Patrick Eveno, country manager de Welcome Chinese ;

Caroline Dupuy, directrice marketing du département commercial du groupe RATP ;

Delphine Afchain, responsable du pôle marketing des services, SNCF gares et connexions.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.

Vos réactions

  1. SVP, arrêtez avec « L’empire du milieu ». C’est une appellation racoleuse et éculée… La Chine en chinois se dit « Zhong guo », « le pays du milieu ». Et l’empire se dit « Di guo »… La Chine a été empire;, ne l’est plus et mêmes ses habitants ne prétendent pas vivre dans un « empire »…

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *