Du contenu NDC sur la plateforme Amadeus dès 2019

Nouvelles technologies

Amadeus lance Live Travel Space dont l’ambition consiste à connecter tous les acteurs à un contenu plus riche et plus diversifié distribué via un grand nombre de canaux et surtout qui sera adapté à différents business modèles. En parallèle la firme met en place NDC-X : un programme dédié pour piloter l’industrialisation de NDC. Interview de Jan Buyckx, Manager Air Content Solutions and Data Sourcing Amadeus.

 

i-tourisme : Que se passe-t-il chez Amadeus ? Vous lancez Live Travel Space, vous créez le programme NDC-X, vous engagez des pourparlers avec toutes les compagnies aériennes, vous avez obtenu le niveau 3 d’agrément IATA, vous annoncez des investissements significatifs en faveur de la norme, etc. Pourquoi maintenant et pas il y a 6 ans ?

 

Jan Buyckx : La situation actuelle n’a rien à voir avec celle d’origine. Aujourd’hui nous constatons une convergence de la profession dans son ensemble en direction de NDC. Ce n’était pas le cas précédemment. La technologie n’a plus rien à voir non plus. Nous observons une plus grande maîtrise et maturité du protocole. En un mot nous sommes rassurés, tant sur le plan stratégique que financier, par les engagements des acteurs du tourisme en faveur de NDC. En 2012, rien ne nous laissait présager cela. Aujourd’hui les conditions sont réunies pour avancer ensemble vers un but commun, aussi Amadeus a décidé d’investir.

 

i-tourisme : Même si les coûts seront élevés ? Car soyons concret : Georges Rudas, le président d’Amadeus France, le rappelait récemment, les investissements du groupe. Ils totalisent plus de 5 milliards depuis 2004. Cela représente environ 700 millions par an en R&D. Personne ne peut croire que vous allez mettre tout ce travail au rebut !

 

Jan Buyckx : Non, bien entendu. Notre objectif est bien de pouvoir nous appuyer sur notre savoir technologique pour enrichir la solution et non de revenir en arrière. Nous travaillons pour que les contenus NDC soient facilement accessibles et comparables à d’autres contenus. Nous gardons la philosophie de départ d’Amadeus qui est d’offrir de la cohérence et de la transparence.

 

i-tourisme : Sans entrer dans la technique, votre solution GDS s’appuie sur Edifact, le nom d’Amadeus de la norme ATPCO/ OAG, d’ailleurs utilisée par tous les GDS. C’est un langage robuste et surtout normé qui autorise la sélection et la réservation en un millième de seconde un vol parmi des milliers de choix. Si vous injectez les flux XML de NDC, si tant est que ce soit possible, car ces langages informatiques ne sont pas compatibles entre eux, et vous ralentissez tout ! Votre super moteur de réservation devient un outil poussif …

 

Jan Buyckx : Dans votre question vous évoquez l’incompatibilité des langages informatique entre eux et vous avez raison. C’est pourquoi nous étions devant une alternative : soit nous gardions Edifact comme flux de base et nous rendions compatibles les contenus XML provenant de NDC, soit le contraire. Après consultation de tous nos partenaires et après trois mois d’enquête auprès des agences dans le monde entier, c’est le deuxième choix qui a été retenu. La demande a été unanime, car elle était accompagnée de la promesse de pouvoir pousser des offres plus riches et plus diversifiées. Ce n’est pas pour autant qu’Edifact va disparaître. La norme va continuer à exister en parallèle et l’évolution vers NDC se fera progressivement.

 

i-tourisme : Au risque de tout ralentir ?

 

Jan Buyckx : Comme je le disais, nous n’allons pas revenir en arrière, mais au contraire avancer toujours en ayant en perspective de ne pas être moins disant. Les deux systèmes vont cohabiter de façon à garantir la continuité du service. Les migrations se feront au fur et à mesure des progrès technologiques.

 

i-tourisme : Il faut donc s’attendre à ce que ça prenne du temps ?

 

Jan Buyckx : C’est le message que je m’évertue à faire passer. Nous entrons dans une révolution technologique qui va prendre des années. C’est un marathon et non un sprint. À l’horizon 2020 il devrait y avoir une vingtaine de compagnies aériennes sur NDC. Il ne faut donc pas paniquer. Il faut au contraire s’attendre à une adoption progressive.

 

i-tourisme : Quel est chez Amadeus le calendrier ?

 

Jan Buyckx : Dès 2019 nous aurons du contenu NDC sur la plateforme. Nous allons commencer par les Web Services.  C’est déjà un immense chantier qui nécessite une collaboration étroite avec les compagnies, car elles n’ont pas toutes le même niveau d’intégration.

 

i-tourisme : J’insiste, comment résoudre la quadrature : les compagnies aériennes souhaitent pousser leur singularité et les agences de voyages demandent un outil de comparaison ?

 

Jan Buyckx : Vous avez raison de souligner que chaque compagnie voudrait être unique. Pourtant pour être en phase avec notre époque, il s’agit d’être transparent. Plus vous êtes opaque et plus vous perdez d’attractivité vis-à-vis de vos clients. La nécessité d’être comparable reste légitime et doit perdurer. Nous y sommes particulièrement attachés surtout pour préserver l’outil des agences de voyages.

 

i-tourisme : Au risque de faire des compromis ?

 

Jan Buyckx : La comparaison repose sur les compromis. Amadeus n’est pas responsable des politiques commerciales des compagnies aériennes mais notre mission est d’apporter de la valeur et trouver le bon équilibre. C’est ce que nous nous efforçons d’évaluer entre les avantages concurrentiels qu’il faut préserver et la transparence qui accompagne la digitalisation de l’industrie du voyage dans la perspective d’en assurer la distribution.

 

i-tourisme : Pour conclure et pour reprendre une de vos expressions : ‘’ne pas de paniquer’’. Il ne faut pas s’attendre à une rupture brutale, mais à une évolution continue ?

 

Jan Buyckx : Il est hors de question de passer d’un système à une autre en un coup ! D’abord, c’est impossible, ensuite c’est une question d’implémentation. Agréger les deux mondes d’Edifact et NDC demandera forcement du temps et de l’argent. Tout ne va pas se faire en un jour, mais au contraire avancer par étapes successives.

 

i-tourisme : De quoi rassurer les agences.

 

Jan Buyckx : Et plus largement l’ensemble des acteurs du toursime . En réalité, tout part de la demande des clients. Ces deniers exigent toujours un maximum de services. Amadeus se doit d’accompagner ce mouvement et de donner accès à un contenu toujours plus riche. C’est notre valeur ajoutée. Les agences continueront à pouvoir atteindre les catalogues dans la pluralité de leur richesse avec leurs outils habituels.

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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