XFT restera toujours un langage à la pointe de l’innovation

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XFT à 20 ans. Autant dire, l’âge d’un ‘’papi’’ selon l’unité de mesure internet. Et pourtant, le langage reste opérationnel et toujours d’actualité. Nous avons interviewé Laurent Briquet, directeur général de SpeedMedia, pour comprendre comment XFT parvient à se maintenir sous la pression des innombrables évolutions technologiques que connait le secteur du tourisme.

i-tourisme : Pour vous XFT continue de garder sa légitimité, malgré les mutations technologiques qui accompagnent les changements dans le monde du tourisme ?

Laurent Briquet : Vous l’avez fort bien indiqué en présentation, XFT n’est pas une norme mais bien un langage commun qui permet à tous les acteurs et les secteurs du Tourisme de communiquer entre eux. Le langage s’est adapté et s’adapte de lui-même si besoin, au fur et à mesure des changements, en intégrant de nouvelles règles. C’est bien cette faculté native d’évolution qui permet à XFT de garder sa pertinence encore aujourd’hui.

 i-tourisme : Rien n’est donc figé avec cette norme ?

Laurent Briquet : C’est même son postulat de départ. XFT autorise toutes combinaisons. C’est aussi pour cela que l’on trouve sur le marché des TO « full XFT » et d’autres qui n’utilisent que partiellement les outils, selon leurs besoins. Toutefois, l’intérêt principal réside dans le respect du langage commun afin que les plateformes ou les développeurs qui souhaitent intégrer ces fonctionnalités retrouvent une certaine logique lors des intégrations. Le but est quand-même de standardiser les processus d’échange, de recherche, de sélection et de réservation. C’est cette capacité à interpréter les flux, quelles que soient leurs origines, qui fait la force du système.

i-tourisme : XFT n’est donc pas mort ?

Laurent Briquet : Toujours en vie ! Mais ce qu’il faut comprendre c’est l’importance de tout le travail qui gravite autour d’XFT. Notre métier c’est la connectivité en temps réel entre les TO et les agences de voyages. Replaçons le travail des plateformes, telles que la nôtre, dans une vision globale : récupération des catalogues et prix/dispos de tous les TO (NDLR = à minima chaque nuit, pouvant aller jusqu’à plusieurs fois par jour), génération d’un cache afin de disposer de temps de réponse acceptables. Connectivité en temps réel avec le système de chaque producteur afin de « faire rentrer ses règles et processus de vente » dans le tunnel XFT selon des questions/réponses bien précises. Génération de réservations en temps réel, etc. Bien entendu nous pourrions nous adapter et nous le faisons si besoin, aux propriétés spécifiques de chaque système, mais le but reste de mutualiser tout ceci … et donc de parler un langage commun : l’XFT

i-tourisme : justement quel est le périmètre d’XFT

Laurent Briquet : Là encore, XFT ne génère pas de périmètre en soi. Il représente un langage commun qui facilite la lecture et la connexion des 10 à 15 systèmes différents des TO vers des plateformes qui permettent ensuite aux agences des accès vers les B2C, des sites Web pour leurs clients, mais également B2B comme les comparateurs d’offres TO, etc. Si l’objectif consiste à obtenir un maximum de standardisation pour faciliter les intégrations, les limites ne viennent pas forcément du langage, mais plutôt de savoir jusqu’où pousser la gramification et donc d’arbitrer entre la complexité de certains produits, les besoins des distributeurs, les temps de réponse, les coûts de développement, etc.

i-tourisme : vous pouvez développer ?

Laurent Briquet : S’il est facile d’accès, le langage XFT permet à n’importe quel fournisseur ou distributeur de communiquer. Pour reprendre ses avantages, à la fois riche et spécifique, il englobe tous les éléments communicationnels nécessaires, qu’ils soient descriptifs ou transactionnels. Toutefois, afin qu’il reste démocratique et accessible à tous types de back-offices plus ou moins récents, voire de répondre à des constructions de produits totalement différentes TO par TO, il a fallu à la base faire des choix et imposer certaines règles. Nous le constatons très souvent, certaines de ces règles peuvent potentiellement freiner la vente en ligne de certaines offres ou de certains produits. Nous tentons bien entendu de réduire au maximum ces freins lors de nos intégrations avec les TO.

i-tourisme : vous avez beaucoup de chantiers XFT ?

Laurent Briquet : Depuis quelques années, les besoins de la distribution se font de plus en pointus. Le fait que les ventes en ligne se développent bien entendu beaucoup plus rapidement fait que les TO doivent travailler de leur côté sur des informations et descriptifs qui n’étaient pas initialement prévus. Forcément cela entraine de nouveaux développements, de nouveaux échanges et il faut s’assurer – au sein de l’association XFT – que tous les systèmes ou la majorité sont à même de pouvoir répondre et s’adapter aux exigences et demandes. Les chantiers sont nombreux au sein d’XFT et peuvent prendre plus ou moins de temps à être mis en place. Il faut que les sociétés informatiques, les tour-opérateurs, les agences et les plateformes s’accordent sur les priorités.

Des sujets beaucoup plus transverses sont également abordés tels que l’open ID du tourisme qui aurait le mérite de simplifier et de sécuriser l’accès aux plateformes des TO.

i-tourisme : Pour terminer, vous parliez de plateforme multi-TO. Pour être clair, il y a Orchestra et vous. Quelle est votre approche par rapport à XFT. Il y a des différences ?

Laurent Briquet : A la base, nous travaillons avec les mêmes technologies : catalogues, fichiers Prix/Dispos, tunnel XFT, et les mêmes partenaires Producteurs, fort heureusement il existe en effet des différences. Des différences qui proviennent de typologies de clients donc forcément des différences à l’utilisation même des outils. Sur certains dossiers nous sommes dans une position de challenger et faisons alors preuve d’une plus grande souplesse. En revanche, sur d’autres aspects beaucoup plus pointus nous savons tirer profit de notre grande expérience des moteurs de réservation dans le secteur du Travel en entier. Pour rester dans le sujet XFT, nous respectons le langage sans néanmoins rester figés. Nous adaptons souvent nos réponses technologiques aux besoins du back-office TO plutôt que de lui imposer un cadre strict en les forçant à rester dans le moule. Cela peut provenir de la typologie de clients en amont plutôt que de la source purement technique. Chez Speedmedia nous apportons définitivement plus d’agilité.

i-tourisme : dernière question, vous avez lancé l’Open Package, justement dans le but de réduire les coûts pour les TO, ou en êtes-vous ?

Laurent Briquet : L’Open Package rencontre un franc succès qui correspond à une attente du marché. Sa mise en œuvre nécessite toutefois l’appropriation de vastes champs de possibilités au sein des services de Production chez les TO. La période des brochures mobilisant beaucoup d’énergie chez les Producteurs, nous allons pouvoir reprendre très vite les intégrations en cours. En complément, de nouveaux développements ont vu le jour au sein de notre plateforme qui permet maintenant de combiner un calendrier de choix de dates en temps réel, très pratique pour l’utilisateur.

 

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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