XVIII – Blockchain Partners : qu’est ce que la blockchain ?

i-tourisme

Le Welcome City Lab a dévoilé le second tome de son « Cahier des tendances ». Un ouvrage qui recense toutes les tendances d’aujourd’hui (et de demain) dans le secteur du tourisme et du voyage. Chaque semaine et en exclusivité, i-tourisme et Le Quotidien du Tourisme vous dévoilent une nouvelle tendance. Cette semaine, focus sur la blockchain via la rencontre avec Clément Jeanneau, co-fondateur de Blockchain Partners. 

 

Pourriez-vous nous rappeler ce qu’est la blockchain ? 

Clément Jeanneau : C’est un support qui a été créé en 2009, qui a une ampleur comparable aux débuts d’Internet. Concrètement, c’est un protocole numérique qui permet l’échange de monnaie virtuelle. Il a trois grandes applications qui sont : l’échange de valeurs numériques pair à pair (sans intermédiaire) ; l’inscription de données dans un registre inviolable que personne ne peut modifier ou contrôler parce qu’il est décentralisé ; et l’automatisation de relations contractuelles. La blockchain instaure de la confiance entre des parties qui ne se connaissent pas et qui n’ont pas les mêmes intérêts.

 

Quelle serait sa place dans le tourisme ? 

Clément Jeanneau : Pour le tourisme, les usages de la blockchain seraient essentiellement sur les transactions, autour de trois catégories. D’abord en amont du voyage (globalement pour les réservations), l’interopérabilité est telle qu’on pourrait par exemple payer sa chambre d’hôtel avec les points fidélité acquis auprès d’une compagnie aérienne. Créer des points de fidélité crypto, crédités juste après l’achat et utilisables auprès de n’importe quel autre acteur, serait gagnant pour tout le monde ! On aurait ainsi un seul programme de fidélité et la possibilité de l’utiliser partout. Ensuite pour le transport, l’on peut d’une part faciliter les démarches en cas de retard (avec une assurance voyage blockchain, à l’arrivée le voyageur est immédiatement indemnisé sans avoir à le déclarer) ; et d’autre part améliorer la gestion d’identité (faciliter les contrôles dans les aéroports par exemple).

 

Enfin sur place, ont pourrait insérer de la gamification pour rendre le voyage ludique ; ou encore certifier l’authenticité des produits locaux du terroir. Aujourd’hui un consommateur peut difficilement contrôler la véracité d’un produit soi-disant local et respectueux des normes. Avec la blockchain, et notamment avec l’Internet des objets, on peut enregistrer pour chaque étape de sa vie le mouvement d’un produit de façon inviolable et transparente. Concrètement on sait qui a fait quoi et quand, et si une donnée est fausse, on sait d’où vient le problème. La particularité de la blockchain c’est que pour exploiter tout son potentiel, il faut la coupler avec d’autres technologies et en particulier l’IoT.

 

Quand pourra-t-on concrètement utiliser la blockchain en vacances ? 

Clément Jeanneau : Tout dépend des usages, certains attendront 10 ou 15 ans, alors que d’autres seront mis en place d’ici à 5 ans. Par exemple, les échanges monétaires sont déjà faisables. Le souci actuel est au niveau de la réglementation : on a un vide juridique avec les cryptomonnaies, raison pour laquelle on ne les utilise pas. Ce qui est du domaine de la traçabilité devrait arriver très vite parce que c’est facile à monter et utile. On travaille déjà avec des entreprises dessus, mais seulement pour des usages en B2B. Pour l’assurance retard, certains acteurs ont déjà identifié le besoin, et cela pourrait arriver vite aussi.

 

Quelles sont pour vous les 3 tendances qui font le tourisme de demain ? 

Clément Jeanneau : Primo, l’expérience utilisateur simplifiée. Autrement dit, réduire les moments fastidieux pendant les voyages. C’est le coeur de la révolution numérique, plus que la technologie. Prenez l’exemple de Blablacar : leur technologie n’est pas innovante, c’est leur interface simplifiée qui a permis de développer un usage.
Ensuite, le besoin d’authenticité, de retour au local, l’antitourisme de masse. Enfin je pense à la gamification, tout ce qui va rendre le voyage plus ludique et plus riche (la réalité augmentée par exemple).

 

Quel a été votre dernier effet waouh ? 

Clément Jeanneau : Une nouvelle méthode de levée de fonds, les ICO (Initial Coin Offering). C’est la dernière grande tendance dans la blockchain, au croisement du capital risk et du crowdfunding. Avec, on achète à l’avance la monnaie qui a être utilisée par le service. C’est en fait l’inverse de l’effet de réseau (où le service prend de la valeur proportionnellement au nombre d’utilisateurs). Avec les ICO l’objectif est d’arriver le plus tôt possible dans le service, pour détenir le plus tôt possible de la monnaie qui a une valeur marchande. On peut s’en servir dans un usage de spéculation, ou pour le service lui-même. Surtout, les ICO battent des records de vitesse de levées de fonds. Le dernier en date, fin juin, c’est une start-up créée par le fondateur de Mozilla : 35 millions de dollars en 30 secondes. Pour un navigateur web Brave, avec une nouvelle monnaie, le basic attention token. Du jamais vu.

 

[ Retrouvez tous les chapitres du Cahier des Tendances sur ce lien.]

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