XX – Advanced Tourism, quel avenir pour la robotique dans les territoires

i-tourisme

Le Welcome City Lab a dévoilé le second tome de son « Cahier des tendances ». Un ouvrage qui recense toutes les tendances d’aujourd’hui (et de demain) dans le secteur du tourisme et du voyage. Chaque semaine et en exclusivité, i-tourisme et Le Quotidien du Tourisme vous dévoilent une nouvelle tendance. Cette semaine, focus sur la robotique et son intégration dans les territoires avec Sophie Lacour, docteure, chercheuse et experte en robotique. 

 

Welcome City Lab : Le sujet de la robotique est très vaste… Commençons par une définition ?

Sophie Lacour : Un robot est un dispositif mécatronique, c’est-à dire de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique, programmé pour faire une ou des tâches précises dans un lieu donné. Ce dispositif se décline en robot, objet physique, et en bot, la même chose version immatérielle. La robotique, c’est la discipline qui s’intéresse à la confection, la fabrication et l’utilisation du robot.

 

Welcome City Lab : Qu’est-ce que cela donne dans le tourisme ?

Le tourisme n’est pas un champ de création ou d’invention, mais d’application des robots. On n’en crée pas spécifiquement, on adapte ceux d’autres champs (santé, sécurité, nettoyage, service, etc.) Le robot est un outil qu’on remplit d’IA. Donc on en fait ce qu’on veut au final : on le remplit avec l’intelligence souhaitée, qui a trait au tourisme, ou pas.

 

Welcome City Lab : Quels usages fait-on des robots dans le tourisme ?

Cela évolue beaucoup. Principalement, ils sont en back office, on ne les voit pas. Pour ces tâches, c’est la prolongation de ce qui existe dans la robotique industrielle : on utilise leur force physique pour des tâches de nettoyage, gardiennage, rangement de valises, de voitures, etc. Petit à petit, on voit apparaître des robots en front, c’est-à-dire en accueil. On suit l’impulsion des pays asiatiques qui sont très avancés sur cet usage du robot en contact direct avec le client. Ils sont dans des desk, des hôtels, des restaurants.

 

Welcome City Lab : Et le bot ?

Il est très utilisé par les opérateurs du tourisme. Quand vous cherchez un voyage aujourd’hui, vous pouvez converser avec un bot qui vous renseigne. Ce sont des expériences e-commerce appliquées au voyage. De même, vous avez tout ce qui est collecte et analyse de data sur les sites, pour apporter un contenu plus personnalisé. Le bot est vraiment programmé pour accomplir une tâche. Par exemple, vous répondre quand vous demandez où est l’hôtel le plus proche.

 

Welcome City Lab : On a observé des expériences de robots partant à la place de touristes dans des lieux inaccessibles pour eux…

Oui, c’est le principe du robot de téléprésence. On l’a vu émerger il y a 4 ans environ avec le robot Norio au château d’Oiron. C’était un projet français, la première expérience au monde d’un robot visitant les salles inaccessibles aux handicapés. L’idée est de permettre aux personnes empêchées pour toutes sortes
de raisons de visiter tous les lieux imaginables, même à des milliers de kilomètres. C’est une tendance qui devrait fortement se développer, sur le segment bien particulier du service pur : accomplir à distance ce que vous, ne pouvez pas faire. Cela se faisait déjà d’une certaine manière avec la visioconférence, mais c’est plus souple grâce aux robots.

 

Welcome City Lab : Quelles sont pour vous les 3 tendances qui font le tourisme de demain ?

L’augmentation du touriste, avec ou sans robot : il aura des capacités décuplées, et il faudra faire appel à tous ses sens pour le satisfaire. La virtualisation, avec la réalité augmentée et la réalité virtuelle. Il vaudrait mieux parler de réalité mixte maintenant, car il n’y a plus vraiment de distinction entre les deux. Ici le robot peut projeter les images, ou être une interface avec la téléprésence.
Enfin, l’hyperpersonnalisation, avec le traitement de la data. Le robot y est presque inhérent, c’est-à-dire qu’il ira chercher dans le cloud les informations vous concernant pour être pertinent.

 

Welcome City Lab : À quoi ressemblerait la journée-type d’un touriste dans 10 ans ?

Prenons une précaution : tout le monde ne sera pas comme ça, parce que tout le monde n’acceptera pas les robots ou la virtualisation de ses vacances. Pour le touriste hyper-connecté, on peut imaginer qu’il aura dès le matin un push sur son téléphone (s’il en a encore un) ou son interface neuronal. On lui proposera un programme ultra-personnalisé, établi selon ce qu’il a fait la veille, il y a 1 an, 10 ans, 15 ans. Il sera géolocalisé, piloté, la voiture aussi recevra le plan de déplacement pour aller toute seule aux activités planifiées, à la table du resto préréservée. Sur place les billets seront déjà dans l’interface, dans un musée on aura directement la visite guidée, etc. Tout cela, ce n’est pas loin ! Les oreillettes connectées, Google Glass, etc., ne sont déjà plus de la R&D. Je pense que dans 5 à 10 ans, ce sera devenu tout à fait commun.

 

Welcome City Lab : Quel a été votre dernier effet waouh ?

Tout ce qui concerne les EEG, le couplage entre analyse des émotions et de la data. On pourra de mieux en mieux savoir quelle occupation vous plaira. On sera essentiellement sur de la recommandation, mais je pense que ce sera impressionnant, les gens auront l’impression qu’on lit dans leurs pensées.

 

[ Retrouvez tous les chapitres du Cahier des Tendances sur ce lien.]

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