Yogascope, la stratégie à succès avec les réseaux sociaux

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Voilà une start up du Tourism Trophy, évènement créé par les entreprises de voyage, qui a su suivre les critères constitutifs de cette opération. Laurent Queige le directeur du Welcome City Lab le rappelait en affirmant que :  » La pertinence d’un projet se mesure par sa faculté à trouver son public ». Pour Yogascope, c’est le cas.

 

Traduction : les belles idées ne seront rentables qu’à partir du moment où elles parviendront à croiser la route des clients. Trop de start-up se lancent en ne s’appuyant que sur la force de leurs concepts, fussent-ils innovants. Le virtuel n’a qu’un temps. La réalité économique restera toujours le critère qui déterminera ou non de la réussite d’un projet. Le cas de Yogascope, de ce point de vue, se présente comme exemplaire. La start-up propose d’organiser des voyages dont le thème tourne autour de la pratique du Yoga. Le concept reste séduisant, d’autant que la tendance est porteuse, mais surtout l’idée bénéficie d’une communauté capable d’en assurer la promotion. La clé de la réussite se situe là.

Très présente sur les réseaux sociaux, Léa Coutaye, la directrice de Yogascope, a su capter la communauté très active des yogis et des professeurs de Yoga. Ce sont eux qui deviennent les ambassadeurs de la start up. Le succès de ce projet tient de cette équation : un bon concept doublé d’une bonne capacité à en assurer la promotion.

 

Interview

Léa Coutaye directrice de Yogascope

I-tourisme : Comment se passe votre lancement ?

Léa Coutaye :  L’accueil que reçoit le projet ne cesse de prendre de l’ampleur. Les trois premiers départs du mois de mai : Maroc, Sicile, et Fontainebleau, se sont avérés être des succès. Nous avons rapidement été complets, avec un taux de satisfaction de 100% au retour des clients. Je compte d’ailleurs d’ores et déjà plusieurs repeaters parmi mes voyageurs.

 

I-tourisme : Et demain ?

Léa Coutaye : Les prochains départs : Chamonix et Portugal en juillet, Cap Ferret en août, Fontainebleau, Portugal, Maroc et Canaries pour l’automne. Les propositions de partenariats avec des sociétés sont déjà nombreuses, dont des agences de voyages et de communication. L’avenir se présente avec un potentiel prometteur. Nous devrions être en phase avec notre business plan et générer un chiffre d’affaires de 775 000 euros.

 

I-tourisme : Sur quels leviers vous êtes-vous appuyé pour vous faire connaître ?

Léa Coutaye : Le développement de la communication et le potentiel de l’entreprise sont aujourd’hui en grande partie favorisés par l’utilisation des réseaux sociaux. Instagram tout particulièrement représente un terrain de jeu idéal pour nous. Les yogis du monde entier s’y retrouvent et y sont extrêmement actifs. Les professeurs eux-mêmes possédant une communauté d’élèves se révèlent être des prescripteurs efficaces.

 

I-tourisme : De quelle façon ?

Léa Coutaye : Ils nous suivent sur notre site internet et grâce à leurs « posts » ils renvoient vers tous les autres séjours et tous les profils des professeurs avec lesquels je travaille. De fait, cette communication à effet « miroir » est totalement bénéfique à tous.

 

I-tourisme : Vous bénéficiez d’un effet  »boule de neige » des séjours que vous organisez ?

Léa Coutaye : Les professeurs font de la publicité au site. Mais également ils deviennent proactifs vis-à-vis des autres professeurs qui les suivent. Ils valorisent la qualité des prestations que je mets à leur disposition. Résultat, il y a de plus en plus de personnes à s’intéresser au projet et à vouloir y contribuer. Alors que je démarchais de jeunes professeurs il y a 6 mois, j’ai aujourd’hui des professeurs bien plus expérimentés qui me contactent d’eux même. Ceux avec qui j’ai travaillé souhaitent réitérer l’expérience. Tout devient transversal et contribue à me donner une vitrine pour recruter.

 

I-tourisme : Avant de vous connaître, les professeurs organisaient eux-mêmes des séjours ?

Léa Coutaye : Oui et je me suis rendu rapidement compte que ces séjours étaient loin de la qualité que nous proposions chez Marco Vasco. Mais c’est normal, les professeurs cumulent toutes les casquettes. En voulant s’improviser agents de voyage, ils se mettent en marge de leur métier de base.

 

I-tourisme : Quel est votre parcours ?

Léa Coutaye : Après des études et un début de parcours dans la mode, une année à l’étranger et une reconversion au compteur, je passe 3 années en tant qu’agent de voyage sur mesure, puis qu’assistante production chez Marco Vasco.

 

I-tourisme : Quelle a été votre motivation pour basculer dans l’entrepreneuriat ?

Léa Coutaye : Je pratique le Yoga depuis déjà plusieurs années. Mais mon désir d’en apprendre davantage est plus fort que le confort de mon CDI. Je cherche une activité qui puisse me permettre d’allier un métier à cette discipline, présente dans ma famille depuis déjà plusieurs générations. Ma grand-mère elle-même l’ayant enseigné étant plus jeune…

 

I-tourisme : C’est venu d’un coup ?

Léa Coutaye : Non, c’est une longue maturation. J’ai quitté Marco Vasco pour embarquer en Inde pendant 3 mois. Mon objectif était de suivre une formation durant laquelle je pouvais créer un socle de connaissances et mieux comprendre les attentes des professeurs avec lesquels je voulais travailler à mon retour en France. Une fois rentrée, je planifie plusieurs semaines de voyages de repérages, de visites de maisons, de rencontres avec les propriétaires et les prestataires sur place, car je veux être sûre de ce que je proposerai. Les lieux sont tous sélectionnés méticuleusement, et le goût du détail et du luxe « simple et accessible à tous » développé dans mes anciens postes prend ici tout son sens. Je rencontre des professeurs de tous horizons, et petit à petit, je développe une offre complète, qui puisse permettre aux élèves de partir plusieurs fois dans l’année, sans aucun effet de déjà-vu.

 

I-tourisme : Vous êtes en phase avec vos objectifs ?

Lea Coutaye : Oui, sur le plan quantitatif et également qualitatif. La spécificité de mon travail, et ce pour quoi je crois si fort en mon projet, c’est la dimension humaine derrière chaque voyage. Je suis persuadée que chacun de nous a quelque chose à apporter aux autres. Je propose à chaque participant d’y insuffler quelque chose qui lui soit propre, sous forme d’activités, d’ateliers, de discussions… Passions, convictions ou simples hobbies: l’important ici est de partager avec ses co voyageurs pour rendre chaque séjour aussi unique et riche que ses élèves !

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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