Barème de frais : « Faites simple ! »

Institutions

Prendre des frais même pour les compagnies qui continuent à commissionner.
92% du chiffre BSP rendre déjà dans le cadre du nouveau modèle économique.
Émission des billets : des millions de tarifs vont changer à la fin du mois.
« Nous sommes dans une pirogue et nous devons franchir la barre. C’est difficile mais la pêche est bonne une fois l’obstacle franchi. » Jeudi dernier, devant les adhérents du Snav-Ile-de-France, Robert Darfeuille, président de la commission Air du syndicat, a usé de la métaphore pour dédramatiser le nouveau modèle économique. « Nous allons travailler dans l’intérêt de nos clients et nous allons pouvoir leur dégoter les meilleurs tarifs. Nous ne vivons plus cachés. » Robert Darfeuille rappelle qu’il n’existe pas de règle pour calculer ses barèmes. Ce qui ne l’empêche pas d’offrir quelques conseils de bons sens. « Il faudra clarifier le plus possible le discours aux clients. » Autrement dit, qu’importe si une compagnie ou non continue à commissionner, il faut prendre des frais. Qu’importe, aussi, s’il s’agit de tarifs négociés. « Difficile de dire à son client : une fois je prends, une fois je ne prends pas. » Il précise que 92% du chiffre BSP France entre déjà dans le cadre du nouveau modèle économique. Même conseil pour l’outil informatique d’Amadeus, Service Fee Manager (SFM). « Plus on détaille sa grille de frais, plus on aura de peine à la mettre à jour. Faites simple ! » À surveiller aussi comme le lait sur le feu, l’émission des billets que l’on aura tout intérêt à effectuer avant le 1er avril. Comme l’a rappelé Frédéric Alory, directeur commercial d’Air France, « 1.500.000 tarifs vont bouger dans la nuit du 31 mars au 1er avril ». Il souligne que les tarifs corporate vont baisser de 4% (la commission actuelle) mais qu’il n’existe pas de règle pour les tarifs publics. Quant à la grille de frais qu’Air France appliquera aux entreprises avec lesquelles elle travaille en direct, Frédéric Alory s’est défendu de ne pas l’avoir dévoilée. « Ils vont baisser mais nous allons regarder ligne par ligne. » Robert Darfeuille ajoute : « Les autres compagnies et la SNCF vont tirer des conséquences des nouveaux tarifs d’Air France. Cela va être une grande période de changement. »
« La SNCF percevrait mal que l’on augmente les frais sur ses billets »
Christine Baal, présidente de la commission fer du Snav, interroge les agents de voyages présents lors de l’atelier du Snav Ile-de-France. « Combien, parmi vous, prennent des frais sur la vente des billets SNCF ? ». Ce n’est évidemment pas une surprise : tous les doigts – ou presque – se lèvent. Elle met en garde les distributeurs. « Si vous avez envie d’augmenter vos frais sur le ferroviaire, il faut savoir que la SNCF le percevrait très mal. » Elle argumente : « Il ne faut rien changer sinon le transporteur risque purement et simplement de supprimer nos commissions. 15 euros de frais, ce n’est pas défendable. » Et, rappelle-t-elle, « les prix SNCF ne supportent pas de taxes, ils sont très compétitifs ». Cette commission semble d’ailleurs ne tenir qu’à un fil. Lors du dernier congrès du Snav à Pékin, Guillaume Pépy assurait : « Nous maintenons notre système de commission. » Une politique récompensant les résultats des agents de voyages. Ainsi argumentait-il, « si la part de marché d’Eurostar a progressé de 6 points, la commission de 10 % que nous versons aux agences n’y est pas étrangère ». Toutefois il existe un bémol et il est de taille compte tenu des changements qui pourraient intervenir dans la nuit du 31 mars au 1er avril. « Si Air France devait baisser ses prix à la suite de la commission zéro, nous serions peut-être amenés à supprimer les commissions », expliquait Guillaume Pépy qui, alors, ne croyait pas à cette hypothèse.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *