Commission zéro : la dernière ligne droite

Institutions

Dans ses préconisations, Selectour est sensiblement plus cher qu’Air France.
Outre sa matrice, Afat Voyages préconisera une grille de frais par défaut.
Tourcom sortira une nouvelle matrice pour définir le seuil de rentabilité.
Dans un mois, avec la suppression de la commission imposée par Air France, c’est tout un secteur économique qui va vivre un profond bouleversement. Les réseaux ont travaillé, les points de vente doivent s’adapter. Par exemple, chez Selectour, on a choisi de ne pas distinguer la classe affaires de la classe économique dans les préconisations pour la prise de frais : 16 euros pour la France, 30 euros pour le moyen-courrier, 42 euros pour le long-courrier, 20 euros pour les low cost. Plus cher que la grille d’Air France. De son côté, Jean-Pierre Mas, président d’Afat Voyages, précise : « Nous ne souhaitions pas préconiser une grille de frais, du moins pas trop tôt. Nous allons le faire par défaut pour les agences qui n’auraient pas intégré notre matrice. » Et il ajoute : « Je suis confiant pour 80% des agences. Pour les autres, celles qui n’auraient pas mesuré l’importance de la suppression de la commission et n’auraient pas pris les dispositions nécessaires, j’ai peur que ce soit difficile. » Pour Richard Vainopoulos, président de Tourcom, « certains réseaux bluffent par rapport à d’autres. C’est fin 2005-début 2006 que l’on pourra véritablement mesurer les effets de la commission zéro ». Il reste optimiste. « Malgré quelques angoisses, les agences sont prêtes à passer le cap. Dans les dernières heures, il risque d’y avoir beaucoup de questions. A partir de mai-juin 2005, nous allons sortir une nouvelle matrice permettant de définir le seuil de rentabilité d’une agence. » Pour l’APS, on peut rester optimiste et ne pas sombrer dans les prévisions les plus catastrophiques qui estiment à 30% le nombre d’agences de voyages qui devraient disparaître. Cependant, cette révolution économique touchera les mastodontes du voyage d’affaires. « Il va falloir apprendre à gérer les plans sociaux », s’est exclamé Régis Chambert, directeur général d’American Voyages d’Affaires (AEV) lors du dernier congrès du Snav à Pékin. On le comprend : l’entreprise cliente va chercher à réduire les coûts de son agence laquelle devra de plus en plus lui proposer des outils de self booking.
« Chaque agence fera comme bon lui semble »
« Nous savons très peu de choses sur les outils GDS mis à notre disposition, et dans le même temps nous allons devoir former du personnel au sein des agences », s’inquiète Sylvie Borel, directrice de Criv’ Voyages (Tourcom). « Même avec les recommandations des réseaux, j’ai peur que ce soit une catastrophe », confie une agent de comptoir. Le moins que l’on puisse dire est que le passage – imminent – à la commission zéro n’est pas du genre à rassurer. D’autres pourtant se veulent plus optimistes, à l’image de Jean Ghibaudo, responsable du mini-réseau Aliso Voyages (Selectour), « La commission, on s’y prépare depuis un an. Nous avons pris pour modèle la grille de Selectour, sans pour autant l’appliquer stricto sensu. » « Chaque agence fera comme bon lui semble, indique Sylvie Borel. Je ne vais pas tenir compte des niveaux de frais, de type moyen ou long-courrier. Je vais plutôt fonctionner par fourchette de tarifs. C’est beaucoup plus simple », précise-t-elle. Francis Bédoué, responsable d’Afat Voyages Balad, remarque qu’une société sur deux accepte qu’on lui prenne des frais de services. « C’est une raison pour mettre à fond le turbo sur le tourisme. » Francis Bédoué envisage même de « motiver son personnel sur les frais de service pris aux clients ». Avant de préciser que « cette histoire de commission est totalement rentrée dans les mœurs ». Les prochains jours nous diront si c’est vraiment le cas.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *