Commission zéro : la fronde allemande

Institutions

Beaucoup d’agences hostiles à la fin des com’ n’ont pas signé avec Lufthansa.
Le Snav allemand a déposé un recours et menace d’une grève début mars.
Selon la compagnie, les agences qui ont signé représentent 80 % de son CA.
Le bras de fer a commencé entre une partie des agences de voyages allemandes et Lufthansa depuis que la compagnie a annoncé fin décembre le passage à la commission zéro à partir du 1er septembre 2004. Pour protester contre cette mesure, plusieurs centaines d’entre elles ont décidé lundi de refuser de vendre la compagnie jusqu’à ce soir. Si ce boycott n’émanait pas du DRV, le Snav allemand, ce dernier a déposé un recours en justice et menace d’une vraie grève pour la première semaine de mars si le transporteur campe sur ses positions. Ce mouvement a donc débuté le lundi 16 février, deux jours après la date limite fixée par Lufthansa pour lui renvoyer le nouveau contrat. Les avis divergent sur le « succès » du nouveau contrat. Selon Amélie Lorenz, en charge de la communication de Lufthansa, les agences qui ont déjà signé (comme Carlson Wagonlit, American Express, TQ3), « sécurisent déjà » 80 % de son CA réalisé par le réseau. Mais d’après Christian Boergen, porte-parole du DRV, se fiant sur une enquête interne, 80 % des agences n’auraient pas signé. Si Lufthansa indique qu’elle ne s’arc-boute pas sur la date du 14 février et qu’elle accepte encore les contrats après cette date, les agences qui ne signeront pas ne pourront plus vendre la compagnie (sauf via des consolidateurs) à partir de septembre. Les agences rebelles se révoltent sur plusieurs points. Elles demandent notamment que soit établie sur le billet une case pour inscrire le montant des frais demandés. Elles déplorent également que les prix nets de Lufthansa seront au même niveau que les prix bruts actuels. « Avec les frais d’intervention que prendront les agences, le prix du billet payé par le consommateur sera plus élevé d’environ 6,5 % », explique Christian Boergen. De plus, Lufthansa ne serait pas engagé sur la durée des montants de frais qu’elle appliquera en direct. Enfin, selon le DRV, les grands comptes des agences de voyages signataires, et qui fonctionnent en management fees, seraient mécontents d’un passage à la commission zéro, car il n’y aurait plus de rétrocession de commissions.
Réactions
César Balderacchi, président du Snav
« Il est impensable pour une agence de voyages de taxer le client. Nous sommes solidaires des distributeurs allemands. En France, grâce au contrat que nous avons signé, nous sommes tranquilles jusqu’au mois de décembre. D’autres questions méritent d’être posées : à quoi sert Iata ? Quant à l’Europe des agences de voyages, elle devrait être capable de dire d’une seule voix « nous, on ne vend plus cette compagnie ». »
Philippe Demonchy, président du réseau Selectour
« J’espère que ça ne se passera pas comme ça en France. La différence, c’est que chez nous il y a une concertation entre Air France et les agences de voyages. Après tout nous représentons 75 % de sa distribution. »
Richard Vainopoulos, président de Tourcom
« Si les agences allemandes peuvent tenir, c’est bien. Il faut démontrer aux compagnies qu’elles ne sont pas toutes seules à décider. Avec les prix nets, le consommateur est perdant. Il ne peut plus distinguer le vrai prix du faux. »
Jean-Pierre Mas, président d’Afat Voyages
« Pour nous, ce serait un échec de l’heureuse politique de concertation qui existe en France entre notre syndicat et la compagnie. Toutefois, il s’agit d’une solution extrême que nous ne pouvons exclure définitivement. Notamment en ce qui concerne la remise en cause de l’échéance du contrat qui nous lie actuellement à la compagnie si les conditions ne l’exigent pas. »

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