Confédération des Acteurs du Tourisme : « Il faut que le vrai ministère du Tourisme ce soit nous ! »

Institutions

La Confédération des Acteurs du Tourisme (Cat) a organisé sa première conférence de presse mercredi à Paris. Une belle démonstration de force pour cette organisation qui rassemble désormais le gros des professionnels du tourisme.

 

La confédération du Tourisme est cette vieille idée longtemps portée par les TO français du Seto et leur président, René-Marc Chikli, désespérés de n’être « jamais entendus au plus haut niveau de l’Etat ».

Enfin rassemblée et presque au complet (les transporteurs, aériens notamment, brillent par leur absence), la grande famille du tourisme est désormais en ordre de marche sous la présidence de Roland Héguy, également président de l’Umih (l’union des hôteliers et restaurateurs). « Nous voulons aller plus loin » a-t-il dit. « Nous voulons maintenant rentrer dans le concret ».

Ce concret, c’est René-Marc Chikli, également vice-président de la Cat, qui le définit : « Puisqu’il n’y a pas de ministère du Tourisme en France, il faut que le vrai ministère ce soit nous ! ». Il ajoute : « c’est une chance unique pour le gouvernement d’avoir un interlocuteur unique ! ».

 

Créée en 2017, la Cat réunit 14 organisations professionnelles* qui rassemblent près de 45 000 entreprises et près de 400 000 salariés. Ses missions sont de représenter de manière unifiée les professionnels du tourisme, de défendre le secteur auprès de l’Etat et de promouvoir l’industrie touristique. Car les enjeux sont importants.

Comme l’explique Roland Héguy, « depuis 10 ans il n’y pas eu de progression des nuitées touristiques françaises en France ». Il y a donc un gros travail à faire pour « faire redécouvrir la France aux Français ». Autre sujet de préoccupation : le surtourisme. « Nous devons être très vigilants dès maintenant », car il « vaut mieux agir que réagir ! ».

 

« Les sujets qui nous unissent sont les sujets transversaux comme tous les nouveaux acteurs qui ne s’acquittent pas des taxes de la même façon que nous » poursuit Jean-Virgile Crance, président du Groupement national des chaînes (GNC).

Autre sujet de préoccupation : la désertification des zones rurales. Si la Cat préconise de repenser le transport en France, Pierre-Louis Roucariès, président de l’Union française des métiers de l’événement (Unimev), dénonce la centralisation aéroportuaire propre à notre pays. « Alors qu’ADP réalise plus de 100 millions de passagers », explique t-il, « Nice, le 2e aéroport, n’en reçoit que 14 millions ». En Allemagne ou en Espagne les pays ont décentralisé  leur tourisme grâce aux aéroports. C’est d’autant plus absurde qu’il suffirait, comme l’indique Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyages (EdV), « d’octroyer des droits de trafic aux aéroports de province – et ça ne coute rien – pour équilibrer le tourisme sur tout le territoire français ».

 

Bref, il y a du pain sur la planche pour la Cat. La bonne nouvelle, comme le dit Roland Héguy, « c’est que maintenant on a l’oreille »… Il suffit de trouver la bonne.

 

* Comité des armateurs fluviaux (Caf), Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA), Domaines skiables de France (DSF), Entreprises du Voyage (EDV), Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), Groupement national des chaînes (GNC), Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), Syndicat national de la restauration publique organisée (SNRPO), Syndicat des résidences de tourisme et des apparthotels (SNRT), Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Union française des métiers de l’événement (Unimev), Association nationale des acteurs du tourisme (Anat), Institut français du tourisme (IFT).

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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