EDV Centre Est : savoir mieux vendre… la Cappadoce aussi !

Distribution

Organisée du 13 au 16 juin en Cappadoce autour de la thématique « se former pour mieux vendre » avec le soutien de Turkish Airlines, la convention 2019 des Entreprises du Voyage (EDV) Centre Est aura tenu ses promesses de partage d’expériences et de convivialité. De découvertes aussi avec la mise en lumière de cette région unique, du fort pouvoir du syndicat turc ou du tout nouvel aéroport d’Istanbul. Sans oublier quelques séquences émotions comme l’au-revoir à Michel De Blust, secrétaire général de l’ECTAA qui part en retraite fin septembre.

 

 

«Convention pluvieuse, convention heureuse » s’était risqué Philippe Le Fur, président de cette édition 2019, lors du dîner d’ouverture le jeudi 13 juin. Les quelques 70 participants avaient été, il est vrai, accueillis sous une pluie battante à l’hôtel Yunak Evleri d’Ürgüp. Le temps s’améliora nettement les jours suivants.

 

Et cet ex-directeur régional de Marmara et Pacha Tours aujourd’hui codirigeant du centre d’appels Keepcall sut faire partager son intérêt pour cette destination : «Je suis très heureux de vous accueillir en Cappadoce. C’est une région fantastique mais peu connue, très bien desservie en aérien des villes en France et qui dispose aujourd’hui d’établissements de qualité et de produits que méconnaît le marché». Le message était clair: « Le potentiel est là. Saisissez-le » !

 

Il fut en effet un temps où les Français venaient en nombre, attirés par la richesse géologique et culturelle de la Cappadoce. «Les Français furent parmi les premiers à venir pour des circuits culturels en Turquie dans les années 1970 » se rappelle Gôkalp Ozdikicioglu, directeur du réceptif AGE Tourism & Events en charge de l’organisation de cette convention des EDV Centre Est.

Redécouvrir la Cappadoce

Istanbul concentre aujourd’hui l’essentiel des voyages culturels de nos compatriotes en Turquie. Pourtant la Cappadoce offre en plus de son relief unique, de ses églises rupestres, de ses habitats troglodytes et villages souterrains, de grandes possibilités de randonnées (cela se développe beaucoup à cheval) et d’une belle offre en gastronomie et œnologie.

 

«Je vous propose de nous former pour mieux vendre» avait quant à lui glissé Yannick Faucon, président des EDV Centre Est dans son discours introductif du jeudi soir. Mais cette promesse ne concernait pas seulement la destination. Elle a été le fil conducteur de la convention avec en point d’orgue la visite du nouvel aéroport d’Istanbul (gigantesque) le dernier jour.

 

On cherche des vendeurs…

La séance plénière prévue le vendredi à l’hôtel Argos In d’Uchisar y répondait évidemment aussi. Le programme de cette journée fut dense, les surprises de taille (notamment lors de la présentation du syndicat des agences de voyages turques, aux pouvoirs très étendus) et les propos des EDV sans langue de bois.

 

Illustration? Oui, la profession rencontre des problèmes de recrutement en France. De vendeurs notamment. «Pour ceux qui viennent d’un cursus tourisme, vendre est quasiment un gros mot. Ils sont mal à l’aise. Pour nous qui faisons de la vente à distance ces profils-là sont très compliqués à trouver et le turn-over est important» témoigne Philippe Le Fur.

 

Sylvie Da Silva, responsable de Travelpro Formation, l’entend bien car elle «récupère beaucoup de salariés pour des formations continues de vendeurs ». Ce qui ne l’empêche pas d’inviter les patrons à «d’abord donner aux candidats potentiels l’envie de venir chez eux».

 

Un problème d’image

Muriel Deneau-Rouffignac, directrice de l’EPT Lyon, a, elle, l’impression de pédaler à contre-courant. Car malgré ses efforts pour pérenniser ses formations en alternance pour être au plus près des besoins des entreprises, le secteur attire moins les candidats. Pire! Pole Emploi ou les conseillers d’orientation considèrent qu’il n’y a pas d’emploi dans le secteur…

 

« La profession doit expliquer au niveau national et local qu’elle a vraiment des besoins » insiste la directrice, qui ouvre une section en apprentissage (une première à Lyon) en octobre prochain. Ce sujet de l’adéquation entre formation et emploi est aujourd’hui au cœur des préoccupations des EDV. Le syndicat s’apprête à lancer une campagne de communication pour faire venir des gens dans le secteur.

 

«Nous avons un problème d’image. Il ressort de nos enquêtes que le client pense qu’il ne peut pas avoir une réponse sur mesure dans les agences de voyages» s’étonne encore Valérie Boned, secrétaire générale des Entreprises de Voyages. La séance plénière fut aussi l’occasion d’évoquer sans détour Iata qui « accélère le mouvement d’imposition. » Mais les EDV résistent et s’associent à l’ECTAA pour faire attendre leur voix.

 

Iata, encore Iata !

Michel De Blust, secrétaire général de l’association européenne des TO et agents de voyages, était d’ailleurs là pour expliquer ses actions. Et ce grand spécialiste d’avouer : «Je terminerai sans doute avec un caillou dans la chaussure. Le 24 mai, nous avons porté plainte contre Iata. Mais la réponse se fera sans doute après ma prise de retraite, le 30 septembre prochain ». Pour info, son successeur a déjà été recruté. Il prendra ses fonctions le 21 août prochain. C’est un Français, lobbyiste professionnel installé en Belgique depuis 15 ans.

Pour les EDV Centre Est, cette convention fut donc aussi l’occasion, lors de sa clôture par Philippe Le Fur et Yannick Faucon, d’exprimer l’estime qu’ils portent à Michel De Blust. Ce à quoi le secrétaire général de l’ECTAA répondit, touché de cette attention: «Vous m’aviez fait membre d’honneur. Et cela m’avait honoré. Je vous quitte mais je suis confiant. La profession est toujours active. Elle a traversé une révolution industrielle pendant 30 ans et elle est toujours là. Je suis confiant pour les 30 prochaines années. »

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