Election de Trump : les professionnels réagissent !

Institutions

Cet été, durant sa campagne, le candidat Donald Trump avait fait une déclaration fracassante promettant des contrôles extrêmes envers les Français à l'entrée des États-Unis. Maintenant qu'il est élu, nous avons sondé les professionnels du tourisme afin de connaître leurs sentiments.
 

René-Marc Chikli, président du Seto, s'est montré très pragmatique. "Il ne faut pas confondre des déclarations de campagne avec la réalité" a-t-il expliqué. "Personne ne peut se priver du tourisme. Et si les Américains veulent visiter la France, ce n'est pas Donald Trump qui va les en empêcher. Et c'est valable dans les deux sens". Pour lui le résultat du vote américain est à l'image du Brexit, "c'est la réponse d'un peuple à la classe politique, à la technocratie et je ne crois pas une seule seconde que les Etats-Unis puissent se priver d'une resource économique comme le tourisme".
 
Pour Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Tourisme, cette élection "n'est pas une bonne nouvelle pour le tourisme vers les Etats-Unis et ce n'est certainement pas une bonne nouvelle pour les voyages des Américains vers d'autres pays". Il s'inquiète de cette "tendance au repli dans les deux sens". Il précise que "tout ce qui va dans le sens de la fermeture des frontières, de la limitation de la circulation des individus est contraire à nos intérêts professionnels". Enfin, il déplore le comportement du personnage, "ne serait-ce que sur sa vulgarité et ses propos sexistes, qui le rendent infréquentable".
 
Pour Fabrice Dariot, président de Bourse des Vols (Bdv.fr), "Dans un premier temps, cette élection surprise ne peut que favoriser le tourisme américain, en braquant tous les projecteurs vers ce pays. Les images des Etats-Unis font vendre. C’est le principe de base de la publicité. Je m’attends donc plutôt à une hausse du nombre de touristes. On aura sans doute envie d’aller faire un selfie devant la Maison Blanche. Ensuite, on imagine mal la nouvelle administration se détourner de la manne des revenus touristiques. Reste à savoir si le taux de change de l’euro par rapport au dollar sera avantageux".  
 
Laurent Magnin, PDG de XL Airways, explique : "Vu les liens historiques qui unissent la France et les Etats-Unis, je ne pense pas que les relations entre les deux pays changent fondamentalement. Je reste intimement persuadé que le Trump président sera très différent du Trump candidat. Reste que nous serons évidemment très attentifs à la mise en place éventuelle de mesures restreignant l’arrivée des Français aux Etats-Unis. D’un autre côté le positionnement tarifaire extrêmement agressif de XL, qui fait de nous les moins chers sur le transatlantique nous rend beaucoup moins sensibles aux variations du marché : l’impact des attentats de cet été a été moins important pour nous que pour l’industrie au global. Après, c’est vrai que si Donald Trump prend des mesures délirantes, les choses peuvent dégénérer, mais là encore, je ne crois pas que ça arrivera. Et puis, Trump ou pas Trump, d’une part l’Amérique restera une destination incontournable, notamment à l’heure où la carte des destinations sûres se rétrécit comme peau de chagrin. D’autre part, le niveau de sûreté offert par le transport aérien est d’ores et déjà à un niveau très élevé. Bref, pour le moment, si nous restons vigilants, nous ne sommes pas inquiets".
 
Alain Capestan, DG du groupe Voyageurs du Monde, ne s'attend pas à ce que l'élection de Donald Trump ait de conséquences immédiates sur le tourisme. Selon lui, "les déclarations faites pendant la campagne ne pourront pas être mises en œuvre par le nouveau président, car elles sont contraires à la constitution". De plus, "les Etats-Unis, comme tous les pays, ont besoin de touristes". Il pense également que "la démonstration n'est pas faite que les touristes français poseraient aux Américains plus de problèmes que les autres". Cette déclaration sur les Français était "complètement électoraliste à des fins populistes". Les Etats-Unis restent "un grand pays". Et si "beaucoup de gens doivent regarder les Etats-Unis d'un drôle d'œil" aujourd'hui, "l'impact sur le nombre de Français voulant se rendre aux Etats-Unis sera limité".
 
Peter Keijers, président d’Euram, analyse qu'il "il y aura peut-être un frein sur les ventes la première semaine mais ensuite cela va se normaliser. D’ailleurs, après le choc de cette nuit, le taux du dollar est revenu au niveau d’avant les élections. Il est même plus fort". Quant aux conditions d’accès sur le territoire, "il faut attendre un peu, mais je ne m’attends pas à ce que la destination perde en attractivité" souligne le dirigeant.

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