La réforme de la loi de 92 entre parenthèses ?

Institutions

Annulation d’une conférence de presse prévue sur la réforme de la loi.
Le Snav espère avoir une réponse du secrétariat d’État en fin de semaine.
Il s’opposait vendredi 26 mars aux dernières propositions du gouvernement.
La débâcle de la majorité aux élections régionales et cantonales peut-elle avoir une influence sur le calendrier de la réforme de la loi du 13 juillet 1992 ? A l’heure de notre bouclage, nous ne savions pas si Léon Bertrand, secrétaire d’État au Tourisme, battu en Guyane, et Gilles de Robien, ministre des Transports, battu en Picardie, conservaient leur poste. Quoi qu’il en soit, le Snav, « à la suite des événements politiques de ce week-end », décidait de reporter sa conférence de presse qui devait se tenir lundi. L’objectif du syndicat était de faire le point sur « les derniers développements relatifs à la loi du 13 juillet 1992 ». On ne peut que comprendre la position du syndicat qui attendait une réponse du ministère à sa « lettre ouverte » rédigée à la suite des dernières propositions des pouvoirs publics. « Personne ne pouvait s’attendre à une situation d’une telle nature », souligne Philippe Demonchy, porte-parole du Snav. « Ils ont d’autres chats à fouetter et nous espérons une réponse en fin de semaine. » Il rappelle simplement : « Nous avons fait notre travail. » Le Snav a en effet eu avec le secrétariat d’État au Tourisme une trentaine de réunions depuis un an sur le projet de modification de la loi. Et, avant le week-end électoral, le syndicat estimait que les dernières positions du secrétariat d’État allaient « à l’encontre de l’essentiel de nos propositions ». Celles-ci « visent à mettre en place un schéma cohérent et d’avenir qui tient compte des spécificités et clarifie le rôle de chacun des opérateurs ». Entre autres points d’achoppement, le gouvernement estime que certaines conditions demandées par le Snav pour l’octroi d’une licence aux associations – qui ne pourraient vendre qu’à leurs membres – posent des problèmes juridiques. Et, même s’il est toujours dangereux de faire des pronostics, on imagine mal le gouvernement atténuer dans le contexte actuel la portée de l’article 23 qui cadre la responsabilité des agences de voyages.
Richard Vainopoulos police ses propos
Richard Vainopoulos, président de Tourcom, s’est fendu d’un communiqué à la suite de l’assemblée générale du Snav. S’il rappelle que les agences de voyages ne veulent pas de licences pour les associations – « le projet d’octroyer une licence aux associations ne rassemble pas, mais divise, jamais notre profession ne s’est autant mobilisée et opposée sur une mesure » – ses propos se font moins agressifs à l’égard du syndicat. « César Balderacchi peut choisir de passer en force, c’est-à-dire imposer son projet et l’expliquer ensuite aux agences comme il l’a envisagé. Aussi paradoxal soit-il, ce choix est bien sûr possible. Mais le président du Snav doit avoir conscience qu’il s’agira alors d’une victoire à la Pyrrhus dont notre représentation syndicale risque de souffrir et de garder longtemps les séquelles. L’autre solution qui s’offre au Snav est celle du bon sens et de l’apaisement. Elle consiste à bien analyser le problème du paracommercialisme, à entamer un vrai dialogue et une vraie concertation pour construire un projet partagé par les agences de voyages. A quelques jours de l’expiration du délai accordé par le secrétaire d’État au Tourisme pour faire parvenir un texte définitif, je souhaite que le Snav entende la voix de la raison que l’APS, par la voix de son président Olivier Delaire, a exprimée avec beaucoup de justesse lors de son assemblée générale. »

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