Laurent Fabius lance une série de mesures pour mieux accueillir les touristes

Institutions

Comme il l'avait annoncé lors des Victoires du Tourisme le 3 juin dernier, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement International, à l'issue du Conseil de Promotion du Tourisme a détaillé jeudi dernier une série de mesures s'articulant autour de 4 axes majeurs, "le carré magique" que sont le numérique, l'accueil, la formation et l'investissement.Le numérique
Désormais les relations entre les hôteliers et les OTAs seront organisées par un contrat de mandat. "Mais le plus important fait remarquer Didier Chenet, c’est que le gouvernement fait sienne l’exigence du GNI d’interdire par la Loi les clauses de parité tarifaire imposées par les OTAs aux hôteliers. Le texte de la Loi Macron adoptée le 10 juin dernier en commission par l’Assemblée Nationale va d’ailleurs dans ce sens. Bientôt, lorsque le texte sera définitivement adopté, nos hôteliers retrouveront enfin  la liberté de pratiquer des tarifs plus avantageux à destination de leurs clients directs y compris sur leur propre site internet. Le gouvernement a décidé de franchir le pas que s’était refusé de faire l’Autorité de la Concurrence dans le plus grand intérêt des hôteliers, des clients et de la France. Je salue ici le courage et la qualité d’écoute du Ministre".
Cette problématique, désormais résolue, nous appelons de nos vœux que les autres problématiques de notre secteur soient toutes aussi prises à bras le corps, à savoir :
– Donner force de loi à la norme Afnor qui encadre les avis Internet afin de fiabiliser les sites d’opinions dans l’intérêt des professionnels et des consommateurs.
– Continuer de travailler à une équité réglementaire et fiscale entre tous les acteurs du tourisme, à la fois les  acteurs dits traditionnels et les nouvelles formes d’offres touristiques dits meublés touristiques.
 
L'accueil
Il est important pour le GNI que l’accueil soit une des priorités de ce rapport et félicite les mesures proposées qui contribuent à la fidélisation des touristes. Dans la dynamique du rapport,  de revaloriser les régions et les trésors de France, il apparaît évident de garder aujourd’hui nos outils d’informations et d’indications dans nos villes et nos villages. Les professionnels du tourisme sont aujourd’hui inquiets de l’interdiction des pré-enseignes qui, en dépit  de tous les outils de géolocalisation, reste l’outil le plus fiable pour trouver nos établissements.
 
La formation
Le GNI soutient pleinement la  création de la « Conférence des Formations d’Excellence du Tourisme » à laquelle il participera via son projet d’école porté par le CFA Médéric, l’école hôtelière de Paris. Le GNI considère la formation comme l’un des piliers fondamentaux  pour affirmer notre excellence touristique.
 
L'investissement

Force est de constater que les investissements des professionnels du tourisme aujourd’hui ont été et restent essentiellement dédiés aux mises aux normes sécurité et accessibilité, le GNI salue la mise à disposition d’outils dédiés au développement des activités touristiques et de leurs structures. Le Fonds d’Investissement Tourisme – le FIT –  a une véritable carte à jouer dans le développement économique et le rayonnement touristique de la France.
Un certain nombre de mesures portées par le GNI se retrouvent dans ce rapport. Certaines sont de nature à être transposées immédiatement par voie législative ou réglementaire. D’autres nécessiteront davantage d’expertise et de concertation. Mais le GNI estime ce rapport satisfaisant en ce qu’il apporte des réponses concrètes à nos préoccupations. 
Le GNI renouvelle néanmoins sa demande de convocation des états généraux de l’hébergement marchand afin d’aller encore plus loin dans la défense et la promotion du tourisme français.
 
Rappelons que le Conseil de promotion du tourisme chargé de dessiner une stratégie pour la France à l'horizon 2020 – année où l'objectif est d'accueillir 100 millions de touristes – a rendu public au total une quarantaine de propositions.  
Le Conseil a planché sur six chantiers: gastronomie et oenologie; destinations et marques; numérique; hôtellerie, tourisme d'affaire et shopping; accueil, communication et formation. Parmi les rapporteurs figurent les chefs étoilés Alain Ducasse et Joël Robuchon, ou encore des PDG connus du secteur du tourisme Serge Trigano (Mama Shelter) et Jean-François Rial (Voyageurs du monde).
Le rapport souligne notamment le "paradoxe que la France, dont le monde
garde une image de trésor patrimonial et de référence en matière d'art de
vivre, ne traduit pas dans son offre quotidienne les impératifs premiers de
l'hospitalité touristique", conséquence de la "difficile relation des Français
au service".
Laurent Fabius – pour lequel le tourisme est un "trésor national" et
l'accueil "doit devenir une priorité nationale" – a annoncé le lancement au
printemps prochain d'une campagne de communication "avec des slogans
humoristiques" pour sensibiliser à l'hospitalité.
Le ministre demande également aux compagnies aériennes et de transports de "systématiser l'accueil vidéo pour souhaiter la bienvenue aux touristes,
diffusée par exemple au moment de l'atterrissage". Il préconise parallèlement d'implanter des panneaux indiquant "à bientôt, merci" à tous les points de sortie du territoire.
Un travail de simplification sera également mené pour faciliter l'obtention
de visas et les procédures de détaxe. Le gouvernement veut aussi attirer davantage d'investisseurs institutionnels et de l'épargne privée à destination des hébergements touristiques, aussi bien pour favoriser la construction de nouvelles structures que pour aider à la rénovation de l'ancien.
Laurent Fabius a annoncé en ce sens la création, avec la Caisse des dépôts, d'un fonds d'investissement tourisme : "la CDC en sera actionnaire. Il serait bon que le fonds puisse réunir d'autres investisseurs institutionnels et que par levier, plusieurs centaines de millions d'euros soient ainsi
mobilisables", a-t-il précisé. Ce Fonds d'Investissement Tourisme (FIT) devrait être constitué à l'automne, a précisé le quai d'Orsay, indiquant que le troisième Programme d'investissements d'avenir comportera également "un volet dédié au tourisme, à la disposition des entreprises en 2016".
"Bpifrance a aussi mis à disposition un guichet de financement pour les
professionnels du tourisme, et j'ai demandé à son président Nicolas Dufourcq d'amplifier l'enveloppe de crédit consacrée à ce secteur", a ajouté M. Fabius. Côté gastronomie, Laurent Fabius a annoncé que les Journées du patrimoine deviendront les Journées "des" patrimoines "intégrant notre patrimoine immatériel, en particulier notre gastronomie".
Il a annoncé le lancement d'un "classement des classements" gastronomiques, qui désignera à l'automne les mille meilleurs restaurants du monde et se voudrait "à la gastronomie ce que le classement ATP est au tennis", selon les termes du rapport du Conseil.
La tenue d'une première conférence annuelle du Tourisme a également été
annoncée pour le 8 octobre. Le tourisme représente 2 millions d'emplois, non délocalisables, et plus de 7% du PIB français.
 

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Vos réactions

  1. On applaudit bien sûr qu’enfin un ministre, Laurent Fabius, se saisisse du dossier tourisme, mais quelle pauvreté dans les mesures proposées tant en moyens qu’en cohérence stratégique. Qu’on en juge (un an sépare cette annonce des assises du tourisme) :
    – Toujours aucun moyen supplémentaire pour Atout France (la France dépensant toujours trois fois moins que l’Espagne en matière de tourisme)
    – La création, sans détail de moyens, d’un Fonds d’Intervention Tourisme (avec la Caisse des Dépôts) à constituer à l’automne
    – La création de 5 pôles d’excellence (oenotourisme et gastronomie, artisanat et luxe, tourisme urbain, écotourisme, montagne et sport) sans que ne soit mentionné un 6ème pôle avec le tourisme littoral…et dont les mesures concrètes se sont limités à l’événement « Goût de France » pour la gastronomie…
    – L’accent mis sur la formation avec « une conférence des formations d’excellence au tourisme » sans que soit même cité dans le discours l’Institut Français du Tourisme, bras armé de l’Etat dans ce domaine
    – Une énième annonce d’un portail numérique unique de la France après l’échec d’Hexatourisme (Atout France et Caisse des Dépôts)
    – La mise en place de 20 contrats de destination censés relayer la marque France par 20 marques « fortes » de niveau local, départemental ou régional, (la liste définitive doit être annoncée le 25 juin 2015 mais suite à des articles d’élus excédés d’avoir été évincés (Eric Ciotti en particulier) la liste est déjà connue …mais n’y figurent ni la Savoie, ni la Côte d’Azur, ni l’Alsace – dont le contrat de destination 1ère mouture portait sur le tourisme d’affaires – ni l’Ardèche, ni Toulouse, ni la baie de Somme, ni Aude Pays Cathare, ni les Pyrénées Orientales/ terre catalane….alors qu’en font partie Louvre Lens (Lille appréciera), Biarritz (pour le golf), l’Auvergne Nouveau Monde, la Guyane….bref opportunisme politique et amateurisme ! et une occasion manquée d’accorder stratégie et opérationnalité.
    Jean-Michel Puydebat
    consultant tourisme et culture

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