Le tourisme français fait du surplace

Institutions

La fréquentation étrangère stagne à + 0,1 % et les nuitées baissent de 1 %
Les voyages des Français à l’étranger ont augmenté de 16 % par rapport à 2003
Retour timide des clientèles américaine et japonaise, baisse des Européens.
« On ne peut pas faire plus mal qu’en 2004. » Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, ne parvient pas à se satisfaire des résultats de l’activité touristique en France en 2004 présentés avant-hier au public. La fréquentation étrangère stagne en effet à 75 millions d’arrivées de touristes étrangers (+ 0,1 % par rapport à 2003). Pire, le nombre de nuitées étrangères a diminué de 1 % par rapport à 2003, de 4,6 % par rapport à 2002. Même la hausse des recettes du poste « voyage » de la balance des paiements de la France est un trompe-l’œil. Celles-ci ont augmenté de 486 ME, mais compte tenu de la hausse des prix, les volumes sont « à peu près stables par rapport à 2003 », reconnaît le ministère. Toutefois, quelques espoirs se dessinent, outre le souhait du ministre estimant que « 2005 devrait être une meilleure année ». En premier lieu, les agences de voyages parviennent à sortir leur épingle du jeu. « Après deux années négatives, la situation s’améliore avec une progression du CA total de 3,9 %. » C’est peut-être la conséquence de l’engouement des Français pour les horizons lointains en 2004. Les séjours à l’étranger ont augmenté de 16 % par rapport à 2003. Les destinations bénéficiaires sont l’Asie, l’Afrique du Nord et les États-Unis. Les Américains semblent d’ailleurs oublier « les désaccords politiques entre la France et les États-Unis » et les Japonais se font une raison de l’euro fort, puisque les premiers sont 5 % plus nombreux à être venus en France en 2004 (mais 15 % de moins qu’en 2002) et les seconds 4,5 % de plus (mais – 9,7 % par rapport à 2002). Cependant, les trois principales clientèles européennes (Britanniques, Allemands et Néerlandais) sont sensiblement en baisse par rapport à 2003. « Il faut arrêter de s’endormir sur nos lauriers et améliorer la qualité et la compétitivité de nos produits », a ajouté le ministre en mettant en exergue les actions gouvernementales arrêtées lors des deux conseils interministériels sur le tourisme de 2003 pour relancer le secteur. Les chiffres de 2005 montreront alors les résultats de cette politique, d’une manière ou d’une autre.
Une méthode affinée pour compter les touristes
Le chef du département de la stratégie de la prospective, de l’évaluation et des statistiques du ministère du Tourisme, Christophe Terrier, le reconnaît, les chiffres de fréquentation étrangère annoncés chaque année sont « délicats à manier ». Le ministère précise d’ailleurs que « le nombre de nuitées passées par les touristes étrangers en France est le meilleur indicateur de fréquentation touristique. Le nombre d’arrivées de touristes internationaux, qui est l’indicateur le plus fréquemment utilisé pour comparer les pays entre eux, a tendance à donner une image surévaluée de la fréquentation étrangère en France ». Et de poursuivre : « La position géographique de la France est telle que ce pays constitue un passage obligé pour des touristes en transit qui ne passent qu’un temps limité en France. Cela fait augmenter le nombre d’arrivées mais pèse peu en termes de recettes. » On ne peut être plus clair. L’exécutif français veut donc affiner ses méthodes de comptage. Avec l’UE, exit les contrôles aux frontières et les évaluations à partir des devises étrangères, l’euro étant en vigueur dans les principaux marchés émetteurs. La vieille méthode de l’extrapolation à partir d’enquêtes réalisées aux frontières, aéroport et gares (la dernière date tout de même de 1996) subit un lifting. Depuis mars 2004, les enquêtes sont réalisées sur les aires d’autoroutes, aéroport et gares, tout au long de l’année. « Nous aurons des données sans cesse réactualisées et plus exactes », assure Christophe Terrier. On ne peut que faire mieux.

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